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Le Grand Témoin de Louis Daufresne ©RCF NOTRE DAME

Le Grand Témoin RCF - page 6

Une émission présentée par Louis Daufresne

Chaque jour, Louis Daufresne apporte convivialité et regard positif, dans un esprit critique, sur l'actualité au sens large, en compagnie d'une personnalité reconnue et issue du monde intellectuel, religieux, etc.

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Episodes

  • © RND-RCF
    5 février 2026

    Le droit naturel rappelle que ce qui est légal n'est pas toujours ni légitime ni juste

    17 min
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    Aude MIRKOVIC, maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l’université d’Évry Paris-Saclay, essayiste, présidente de l’association Juristes pour l’enfance. Coauteur avec Yvonne Flour de Le droit naturel, une ressource pour notre temps ? (Boleine)

    « Tout don descend d’en haut, du Père des lumières, chez lequel il n’y a ni changement, ni ombre de variation », dit un mot célèbre de l’épître de Jacques. Comme si le caractère immuable était le propre de Dieu et de ses lois, à l’opposé du caractère changeant et imparfaits des lois humaines. Peut-on se fier à cette distinction pour essayer de comprendre ce qu’est le droit naturel, par opposition au droit positif, celui que les hommes construisent par leur volonté. Le droit naturel désigne ce qui seraient inhérents à la nature humaine, donc universels, immuables et indépendants des lois écrites. Certains droits existent avant et au-dessus des lois votées par les États. Comme le droit à la vie, à l’intégrité physique et morale, comme la liberté de conscience et de religion, le droit de propriété, la liberté d’expression, etc. En réalité, le droit naturel existe depuis la haute antiquité, avant le christianisme. Il postule que le droit cherche avant tout ce qui est juste. Cette notion disparaît avec le positivisme juridique. L’enjeu est que le droit naturel ne soit ramené ni à une croyance ni à un souvenir. Il n’est pas périmé par les progrès scientifiques. Les états généraux de la bioéthique, lancés le 21 janvier, se présentent comme un exercice de démocratie sanitaire qui doit, pendant six mois, éclairer les enjeux de la future loi bioéthique, attendue après la présidentielle de 2027 pour réviser le texte de 2021. Les sujets de bioéthique, laquelle n’est pas figée, offrent un « terrain de jeu » juridique intense. En outre, les questions de filiation et de procréation demeurent au cœur d’une intense bataille entre droit naturel et droit positif. Ici, c’est surtout la loi du plus fort, qui est le droit du plus fort, lequel s’impose par la pression médiatique.

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    4 février 2026

    Dieu existe et il a un plan

    17 min
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    Frédéric LOWE, ingénieur des mines, diplômé en science sociale, entrepreneur dans la tech. Auteur de Le plan de Dieu (J'ai Lu, Phaos)

    Au carrefour des spiritualités et du développement personnel, il existe toute une zone un peu périphérique aux religions, où Dieu parle, où, en tout cas, on le fait parler, sans que sa parole soit régulée par un clergé. Et après tout, pourquoi pas ? Dans une société pluraliste et ouverte, Dieu n’est pas une marque déposée et n’appartient à personne. La chose est intéressante quand elle provient d'une interrogation jaillie du plus profond de l'être : oui, le divin existe, Frédéric Lowe en est convaincu. Cet ingénieur des mines se dit spirituel-scientifique. Avec simplicité et enthousiasme, il rend évident ce qui est impensable pour beaucoup : il y a une intention créatrice, Dieu existe et la science le prouve et, en plus, il a un plan pour nous sauver. Nous sauver de quoi ? De nous-mêmes ? La limite de la thèse, c'est qu'il s'agit (encore) d'un Dieu sans visage. 

     

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    3 février 2026

    Trump précipite-t-il le monde vers le chaos ?

    17 min
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    Alexandre del VALLE, géopolitologue, consultant international. Auteur de Le nouvel ordre post-occidental - comment la guerre en Ukraine et le retour de Trump accélèrent la grande bascule géopolitique (L'Artilleur)

    Donald Trump met le monde entier dans un certain embarras, jusqu’au pape Léon XIV lui-même, qui se fait discret mais perçoit l’enjeu pour l’église américaine de ne pas rester trop silencieuse. Aussi dépêche-t-il ses évêques pour réprouver ces certains brutaux de la politique migratoire encouragée par le président américain. S’il brutalise, Donald Trump déstabilise et, finalement. La question, c’est de savoir si le trumpisme va aboutir à un reflux de l’empire américain ou à une forme de coercition supplémentaire exercée sur ses vassaux, comme l’Union européenne. Si l’Amérique n’est plus le grand frère dont on désire la présence, que peut faire l’Europe, comment peut-elle renaître, exister par elle-même, sortir de l’effacement qui la guette. L’enjeu, ce sont nos berceaux et nos cerveaux. Qu’en faisons-nous ?

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    2 février 2026

    La France n’a pas voté un budget en équilibre depuis 52 ans

    17 min
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    Jean-Baptiste LÉON, journaliste, directeur des publications de l'association Contribuables associés. Auteur de Le Livre noir de l’argent public : les secrets d’un État en faillite (Hugo Doc)

    Épilogue d'un pénible marathon parlementaire de quatre mois, le budget de l'État pour 2026 devrait être adopté définitivement aujourd’hui, après le rejet probable des dernières motions de censure contre le gouvernement qui aura fait passer le texte par 49.3, grâce à la mansuétude des socialistes. La dette publique de la France dépasse 110 % du PIB, l’une des plus hautes d’Europe. Pour la Première présidente par intérim de la Cour des Comptes Carine Camby, il est « urgent d'agir », et de réduire les dépenses publiques. À ses yeux, il est « vain de parler de souveraineté alimentaire, numérique, industrielle ou sanitaire, quand notre souveraineté budgétaire est mise en péril par notre charge de la dette ». Mais qui s’en préoccupe vraiment ? Il faudrait poser le principe d’un budget « base zéro », c’est-à-dire partir de l’intention politique, dans un pays qui n’a pas voté de budget en équilibre depuis 52 ans (1974). Mais qui le fera ? Pour comprendre la France, il faut relire Frédéric Bastiat : « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » L’État ne produit rien par lui-même, tout ce qu’il distribue, il l’a d’abord pris aux citoyens (impôts, taxes, dettes) et chacun essaie d’obtenir par la loi ce qu’il n’obtiendrait pas librement. Ce système est malsain, immoral et fabrique de l’irresponsabilité. Peut-on en sortir et comment ? Jean-Baptiste Léon dirige les publications de Contribuables Associés, première association de contribuables de France créée en 1990 par des figures libérales historiques Benoîte Taffin et Alain Dumait. Il a également coécrit le documentaire « Trois mille milliards : les secrets d’un État en faillite » diffusé sur YouTube.

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    30 janvier 2026

    Euthanasie : on ne pactise pas avec la mort !

    17 min
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    Jacqueline KELEN, écrivain. Auteur de On ne pactise pas avec la mort -Guy Trédaniel)

    De quel côté se trouve le sentiment d’humanité ? Pour les uns, l’euthanasie est perçue comme l’apogée de la société du bien-être, qu’exprime le geste de l’ultime autonomie, celui d’une « fin de vie libre, universelle, gratuite, décidée par les personnes en grande souffrance », selon les propres mots du président de la Ligue contre le cancer, Philippe Bergerot. Pour les autres, l’euthanasie, en levant l’interdit de tuer, nous fait basculer dans un autre monde – qui ne dit pas encore son nom – mais qui, mue par une logique cynique, comptable et matérialiste, éliminera les indésirables. Le texte du député Olivier Falorni, voté avec une majorité claire à l'Assemblée au printemps dernier, va retourner au Palais Bourbon en deuxième lecture dès le 16 février dans la version adoptée il y a près d'un an. Le Sénat, en tergiversant puis en rejetant la proposition de loi sur l'aide à mourir, aura juste montré que les deux assemblées n’étaient pas alignées. Néanmoins les dissensions sénatoriales invitent à croire que l’opinion est peut-être en train de sortir d’une certaine somnolence. Tout l’enjeu est d’éveiller la conscience morale. Avec Blaise Pascal, Jean Pic de la Mirandole ou Étienne de La Boëtie, Jacqueline Kelen, familière des grands récits et des figures mystiques, réfléchit au mystère de la mort et à la responsabilité qui nous incombe envers nous-mêmes et envers autrui. « Tu ne tueras pas » demeure le fondement de la vie en société. En 2020, Jacqueline Kelen avait reçu le prix de la liberté intérieure. Elle montre que la « dignité » – dont se parent soi-disant les partisans de l’euthanasie – est piétinée par le monde orwellien qui se mettra inexorablement en place.

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    29 janvier 2026

    Quand l’élite de l’Europe était une cousinade

    17 min
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    Charles-Alexandre de la TOUR et TAXIS, descendant des rois de Grèce et de Danemark, des tsars de Russie et des princes allemands. Auteur de C’était une autre Europe - souvenirs de famille (Flammarion)

    Nul ne peut disconvenir que l’Europe, au-delà de l’Union européenne, traverse une crise existentielle inédite, marquée notamment par la dénatalité et désindustrialisation, ainsi qu’« un effacement civilisationnel ». Que l’expression vienne de Donald Trump ne suffit pas à la récuser. D’ailleurs, cet effacement ne date pas d’hier. La guerre froide, par la discipline qu’elle imposait au camp occidental, avait masqué les fragilités de l’Europe. Notons que les États-Unis jouent à son égard un jeu très pervers : ils veulent que l’Europe soit un vassal, qu’elle ne soit jamais un rival. Le Vieux continent a le privilège de la profondeur du temps et de l’histoire. Si tout se délite, faut-il changer d’élite ? Faut-il revenir à l’Europe des cousins ? Renouer avec les familles aristocratiques permettrait-il de réconcilier des peuples en plein désarroi, laissés comme orphelins, abandonnés aux extrêmes. On a tous besoin d’un père. La chose toutefois n’est pas si simple : les familles régnantes, qui n’ont pas réussi à empêcher la guerre de 14, ne sont pas faites pour gouverner mais pour incarner, pour peu qu’elles aient une très haute idée de leur rôle et des servitudes qu’il impose. L’inverse du monde des people et autres célébrités.

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    28 janvier 2026

    Et si on faisait sa fête à saint Thomas d’Aquin ?

    17 min
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    Père Grégoire FROISSART, vicaire à la paroisse Notre-Dame de Clignancourt, professeur au Collège des Bernardins, docteur en théologie et spécialiste de saint Thomas d’Aquin

    Entre des traditionalistes qui la déforment et des modernistes qui l’ostracisent, la pensée de saint Thomas d’Aquin souffre quelque peu, surtout en France, pays du schisme intellectuel. Peut-on réconcilier tout ça ? Sorti d’un monde d’enluminure, on imagine mal le fameux docteur Angélique errer dans les souterrains de la post-modernité, sans âme, chaotique, vulgaire et bas de plafond. C’est pourtant dans ce monde que nous vivons – qui s’organise très bien sans Dieu, source et sommet de la pensée thomiste. Saint Thomas mise sur notre intelligence en nous invitant à concilier foi et raison. On ne peut se satisfaire d’arguments d’autorité pour parler à nos contemporains de loi naturelle et de vérités éternelles. Un colloque aura lieu le 21 mars au collège des Bernardins, en partenariat avec la Revue thomiste et sous les auspices du père Grégoire Froissart, auteur d’une thèse sur « L'homme image de Dieu chez Thomas d'Aquin » (à paraître bientôt chez les Dominicains du Cerf). 

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    27 janvier 2026

    Les Français ne sont majoritairement favorables ni à l'euthanasie ni au suicide assisté, selon la Fondapol

    17 min
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    Dominique REYNIÉ, politologue, professeur des universités à Sciences-Po, président de la Fondapol

    La question de la fin de vie continue son chemin parlementaire au Sénat. Après avoir rejeté la semaine dernière la proposition de loi sur l’aide à mourir, la chambre haute examine celle sur les soins palliatifs, texte du député macroniste Annie Vidal. Alors qu'une dizaine de départements n’en sont pas équipés, l’élu propose de créer des « maisons d'accompagnement et de soins palliatifs ». Les deux propositions de loi seront mises au vote demain. Depuis le début de ce débat largement escamoté, les media relaient le plus souvent le discours des partisans de l’euthanasie et du suicide assisté, en particulier celui de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), ce qui tend à inhiber les représentants de la nation, quand ceux ne sont pas résignés ou craintifs à l’idée de prendre un risque politique en s’opposant à une réforme sociétale. Pourtant, contrairement à ce que ce discours fait infuser dans les esprits, l’opinion n’est pas du tout acquise à une rupture de l’ordre éthique, juridique et politique. Du point de vue du droit, l’euthanasie est un meurtre voire un assassinat puisqu’il y a préméditation. La représentation parlementaire ne peut ignorer ou présumer l’état de l’opinion. En tout cas, une enquête amène à considérer que la mort administrée ne répond pas à une demande pressante d’une majorité de Français. Cette enquête réalisée en octobre par la Fondapol, laboratoire d’idées « libéral, progressiste et européen », montre un tout autre visage de la question. Elle s’intitutle : « Les Français n’approuvent pas la proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté ». Le sondage a fait l’objet d’un partenariat avec les AFC, les Associations familiales catholiques.

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    26 janvier 2026

    Marek Halter fête ses 90 printemps, des projets plein la tête

    17 min
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    Marek HALTER, écrivain. Auteur de Le juif (Fayard)

    « Je vais fêter mes 90 ans mais j'ai encore de quoi faire », relève Marek Halter, auteur d’un 39e roman, sobrement intitulé « Le Juif » (Fayard), opus qu'il compare à « une parabole ». C'est « l'histoire d'un homme qui n'était pas juif », relate l'écrivain à succès qui célébrera son anniversaire demain dans son appartement du Marais, à Paris, où il réside depuis six décennies. Enfant, le héros de Marek Halter, Jean-David Dupuis, fut circoncis pour raisons médicales. Il devient « juif malgré lui, par le regard des autres ». Un roman sur la quête d'identité. Ce roman pose la question de savoir comment vivre avec une étiquette qu'on ne peut s'arracher. Parallèlement, Marek Halter continue à se battre pour la paix car il faut « rester optimiste, malgré tout », en particulier sur les relations entre juifs et palestiniens. L’écrivain né en Pologne et naturalisé français en 1980 organisera le 22 mars une nouvelle marche contre le terrorisme, avec des musulmans. Marek Halter pense que l’on peut critiquer Israël sans verser dans l’antisémitisme, même s’il attend de voir comment sera rédigée la proposition de loi qui, en voulant répondre à « l'explosion des actes antisémites en France » depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, prévoit de créer un nouveau délit réprimant les appels à la disparition d'un État. Ce texte est porté par Caroline Yadan, députée d'une circonscription des Français de l'étranger englobant Israël. Il figure à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale aujourd’hui. « Dans l'histoire, argue-t-elle, les Juifs sont toujours coupables : trop riches ou trop pauvres, empoisonneurs de puits, voleurs d'organes, assassins d'enfants, meurtriers de Jésus. Il y a toujours, hélas, une bonne raison de haïr les Juifs. Aujourd'hui, cette bonne raison se nomme Israël. » 

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    23 janvier 2026

    Le Mahomet de l'histoire n'est pas que chef de guerre, c'est aussi un mystique

    17 min
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    Mohammad Ali AMIR-MOEZZI, professeur des universités, directeur d’études émérite à l’EPHE, spécialiste du chiisme. A codirigé l’ouvrage collectif le Mahomet des historiens (éditions du Cerf)

    Dans les sociétés occidentales, et par la force de leur démographie, les musulmans occupent un espace de plus en plus important, et la présence de leur religion, difficile à cerner tant elle s’imbrique dans la culture, devient par endroit fort visible. On doit pouvoir étudier les racines et les ressorts de ce phénomène et faire en sorte que les travaux sur l’islam, qu’il s’agisse de Mahomet ou du Coran, continuent à être un objet d’étude, de débat, de critique. Cinquante chercheurs de renommée mondiale ont réfléchi à la figure du Mahomet, sous les auspices de deux universitaires, Mohammad Ali Amir-Moezzi et John Tolan. Professeur des universités, directeur d’études émérite à l’EPHE, spécialiste du chiisme, Mohammad Ali Amir-Moezzi avait déjà produit un très remarqué Coran des historiens de près de 4000 pages. Dans une société pluraliste, toutes les croyances sont disponibles, laissées au libre choix de la consommation spirituelle. Aussi aucun texte, aucune histoire n’est-il intouchable par essence, n’est inaccessible à l’œuvre de la raison. Le christianisme s’est largement plié à l’exercice, même contre son gré, et s’en sort plutôt bien. Il n’y a pas de raison que l’islam échappe à ce regard critique historique, d’autant que les représentations de Mahomet sont extrêmement variées et que la dimension mystique du personnage permet de compenser des ardeurs guerrières que l’islam politique a tendance à sélectionner de manière exclusive. Si la violence est dans les sources de cette religion, aucun musulman n’est invité à y recourir par principe. Ce travail est une invitation au savoir, à l’intelligence, au travail et à la nuance.

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    22 janvier 2026

    L'épopée du RPR peut-elle (encore) inspirer la droite ?

    17 min
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    Pierre MANENTI, normalien, ancien directeur de cabinet ministériel. Auteur de Le RPR - une certaine idée de la droite (Passés composés)

    Il y a cinquante ans, en décembre 1976, un certain Jacques Chirac démissionnait du gouvernement pour fonder le RPR, le Rassemblement pour la République, une écurie à la mesure de cet étalon de la politique auquel il faudrait vingt ans pour conquérir l’Élysée. Alors que la droite au Sénat, dans une sorte de sursaut, s’est rappelé la figure d’Antigone, la question est : le RPR peut-il encore inspirer cette droite dont on mesure mal la consistance, le charisme et l’empâtement sur la vie politique, mangée par la macronisme à gauche et confinée par le RN à droite ? La marque RPR (qui existe encore) évoque ce puissant parti de masse de quelque 900000 adhérents. L’épopée s’achèvera en 2002 par la fusion avec l’UDF dans un nouvel ensemble appelé UMP. Quels enseignements cette histoire peut-il procurer à la période de désarroi que vit la droite LR aujourd’hui ? Par ailleurs, quelle influence réelle ce grand parti a-t-il pu exercer sur les mœurs, les « conquêtes » sociétales de la gauche étant rarement contestées, en tout cas jamais remises en cause, par la droite de gouvernement ? La question migratoire et l'horizon européen restent aussi des sortes de points aveugles qui contribuèrent à renforcer le futur RN, si férocement combattu par Jacques Chirac tout au long de sa vie.

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    21 janvier 2026

    La paix ne peut venir que de la souveraineté du Christ, dit Pie XI dans Quas Primas

    17 min
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    Philippe PELLET, chercheur franco-hongrois à l’Université de Budapest. Auteur de Royauté sociale du Christ et laïcité - relire Quas primas cent ans après (éditions Saint-Léger)

    Dans ces temps de confusion des repères, dans un monde sans boussole, la question de la royauté sociale du Christ paraît extrêmement disruptive. Et elle l’est. Il y a cent ans, le pape Pie XI publiait l’encyclique Quas Primas instaurant la fête du Christ-Roi. C’est à cette occasion que le mot laïcisme fut utilisé pour la première fois, afin de distinguer une saine laïcité d’une laïcité agressive et corrosive. Face aux tensions internationales et à la sécularisation continue des sociétés occidentales, comment actualiser cette pensée ? Philippe Pellet a entrepris ce travail à la croisée de la théologie et de la philosophie politique. D’une mère hongroise ayant fui son pays après le soulèvement de 1956, il passa trente ans de sa vie dans le domaine du développement durable, en Afrique, en Asie et en France. Il vit en Hongrie depuis vingt ans. Philippe Pellet collabore parallèlement avec Hungary Helps, l’agence gouvernementale d’aide humanitaire internationale aux communautés chrétiennes persécutées.

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    20 janvier 2026

    Le monde d'après : qu’adviendrait-il si l’euthanasie devenait notre quotidien ?

    17 min
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    Matthieu NOLI, journaliste, romancier. Auteur de Chroniques euthanasiques (Salvator)

    Peut-on imaginer le monde d’après ? Qu’adviendrait-il si l’euthanasie était légalisée et entrait ainsi dans la vie quotidienne des Français ? C’est à cet exercice que s’est livré Matthieu Noli, non sans une certaine forme d’humour noir, puisqu’il s’agit de pointer les situations qu’un déplacement de la norme, celle de l’interdit de tuer, va engendrer, presque mécaniquement. Son récit vise à déminer les arguments en faveur de la mort provoquée. Journaliste, Matthieu Noli faillit mourir à l’âge de 30 ans lorsque dans les rues de Toulouse, victime d’une agression, il reçoit deux coups de couteau. Il restera entre la vie et la mort. Nul doute que cette expérience fut décisive. Matthieu Noli pointe un « secourisme à l’envers » et le caractère sirupeux du discours pro-euthanasique, alors qu’en vérité, les personnes les plus fragiles subiront une pression sociale telle qu’elles sentiront en devoir de se supprimer elles-mêmes. L’écrivain voudrait poser deux questions aux sénateurs : si leur mère leur demandait de mourir, la tueraient-ils ? Et seraient-ils capables de tenir la seringue eux-mêmes ? Matthieu Noli croit au miracle et se dit persuadé qu’après deux reports, cette proposition de loi en connaîtra un troisième et qu’au bout du compte, elle ne passera pas. 

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    19 janvier 2026

    Trump, le retour, un an après : tout a changé

    17 min
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    Gérald OLIVIER, journaliste franco-américain. Auteur de Cover Up, le clan Biden, l'Amérique et l'État profond (Konfident) 

    Il y a un an presque jour pour jour, le 20 janvier, Donald Trump retrouvait la Maison-Blanche. Que n’avait-on dit, depuis l’affaire du Capitole, que ce retour serait impossible. Puis le président MAGA s’imposa, fort de la volonté démocratique d’une large majorité d’Américains. Donald Trump se mit à rompre avec la rhétorique à laquelle la vieille Europe était habituée, celle du monde libre face au reste du monde. On découvrit subitement que l’Amérique traitait ses alliés comme des vassaux, ce qui avait toujours été le cas mais que le trumpisme nouvelle version rendait évident. Avec l’affaire du Groenland, l’Union européenne se retrouve à combattre sur deux fronts, face à la Russie et face aux États-Unis. Situation pour le moins inconfortable. Face à la menace de surtaxe douanière de 10 %, l’Union européenne menace d’activer son instrument anti-coercition, afin de restreindre l’accès de son marché aux entreprises US. Un an après son retour au pouvoir, Donald Trump a renversé un ordre international fondé sur le multilatéralisme et le droit.

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    16 janvier 2026

    Un ancien membre du GIGN raconte sa « divine connexion »

    17 min
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    Jean-Luc CALYEL, ancien chef de groupe au GIGN, l’unité d’élite de la gendarmerie nationale. Auteur de Du GIGN à la foi (Mama éditions)

    On sait que les voies du seigneur sont impénétrables mais qu’elles peuvent percer tous les blindages, toutes les cuirasses de l’orgueil ou de l’indifférence. Jean-Luc Calyel a fait sa carrière au GIGN, l’unité d’élite de la gendarmerie nationale, des super guerriers capables d’affronter toutes les situations de guerre, en particulier dans le cadre antiterroriste. Sang-froid, rationalité, efficacité : il faut taper juste et fort, il faut neutraliser. Dieu n’était pas présent dans sa vie et il est venu le chercher, à 27 ans, sous la coque d’un bateau ! Jean-Luc Calyel parlera d’une divine connexion qui se vérifiera à de nombreuses reprises dans sa vie. 

  • Photo libre de droit
    15 janvier 2026

    IA : l’homme augmenté ou le vivant diminué ?

    17 min
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    Gaultier BÈS, normalien, agrégé de lettres modernes. Avait cofondé la revue Limite. Auteur de La vie machinale, pourquoi et comment résister à l’IA ? (Desclée de Brouwer)

    C’est l’une des figures qui avaient émergé au moment de la Manif pour Tous, sous les auspices de l’écologie humaine, concept qui prend l’écologie radicale au piège de certaines de ses contradictions, en intégrant le respect de la vie et de la morale à la démarche écologique. Gaultier Bès avait fondé la revue Limite qui avait agrégé une nouvelle génération de jeunes intellectuels engagés sur la vision intégrale de l’écologie, telle que la promeut d’ailleurs l’Église catholique. Normalien, agrégé de lettres modernes, il s’est installé en famille dans un village, entre Roanne et Paray-le-Monial – dont le nom est prédestiné : la Benisson-Dieu. Gaultier Bès ne pouvait passer à côté d’une réflexion à laquelle un Fabrice Hadjadj s’était aussi attelé : celle de la place de l’homme placé sous assistance artificielle, y compris dans sa capacité à réfléchir. Sa hantise : la vie machinale à laquelle il nous adjure de résister. Ce qui compte, ce n’est pas ce que fait l’IA mais ce qu’elle fait de nous. Il récuse l’idée que la valeur de l’outil dépend de l’usage que l’on en fait dans la mesure où le biais algorithmique, par essence et par effet de masse, pense à notre place et rend l’intelligence, autant que l’expérience, obsolètes. Avec l’IA advient l’ère inhumaine de l’abrutissement généralisé dont seuls profitent quelques milliardaires obsédés par les profits qu’ils peuvent en tirer. Il est urgent d’agir.

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    14 janvier 2026

    Comprendre le Mercosur et les ressorts de l’agriculture française

    17 min
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    Michel DANTIN, ancien maire de Chambéry, président du Conseil national de l’enseignement agricole privé (CNEAP)

    Les députés examinent aujourd’hui deux motions de censure, déposées par LFI et le RN, dénonçant l'accord de libre-échange que l'Union européenne signera samedi avec les pays du Mercosur, alors que les tracteurs de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs ont commencé à se retirer de la capitale tôt ce matin, après avoir obtenu cette nuit des engagements sur les sujets de trésorerie. Malgré l'opposition unanime de la classe politique à l'accord de libre-échange, ces deux motions n'ont guère de chance d'être adoptées, ni le PS ni LR ne souhaitant s'y associer. Par-delà cette agitation politicienne, il convient de mesurer les conséquences d’un tel accord sur le secteur agricole, l’un des piliers à la fois de notre indépendance, de notre puissance et de notre identité. La question de la traçabilité et secondairement du contrôle apparaît comme essentielle. Michel Dantin raconte notamment une mission qu’il avait entreprise, comme député européen, dans des exploitations du Brésil. Il souligne aussi à quel point l’intégration de l’Ukraine dans l’UE serait une source majeure de déséquilibre.

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    13 janvier 2026

    Natalité en berne : comprendre le phénomène « sans enfant par choix » en France comme en Pologne

    17 min
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    Joanna NOWICKI, professeur en science de l’information et de la communication à l’université de Cergy-Pontoise. Co-auteur de Sans enfant par choix, le phénomène « childfree » (Cerf Patrimoines)

    L’inversion des normes est une nouvelle idéologie, à la fois insidieuse et oppressive, à laquelle la proposition chrétienne se doit d’apporter une réponse. Partout où la post-modernité passe, la vie trépasse, si on en juge par les deux extrémités que sont le début et la fin de la vie. La fin de la vie fait l’objet d’une pression monstre de la part des lobbys de l’autonomie totale et souveraine du sujet. Le début de la vie, sans même parler des pratiques abortives, devient lui aussi problématique, avec l’effondrement continue de la natalité. De janvier à novembre, le nombre de bébés a encore reculé de 2,4 % par rapport à la même période en 2024 pour atteindre probablement un nouveau plancher, selon de récentes données de l’Insee. En 2025, pour la première fois depuis 1944, le nombre de décès pourrait être supérieur à celui des naissances, sur une année civile. Ce phénomène n’est pas réservé à la France. Si on prend la Pologne, où la sécularisation progresse, la tendance est du même ordre. Aussi faut-il examiner le phénomène qui consiste à ne pas avoir d’enfant par choix, le phénomène childfree. Avoir des enfants n’est pas une lubie de milieux conservateurs. Tout notre système de solidarité repose sur la fécondité des femmes, lequel risque d’être aspiré par les berceaux vides. Emmanuel Macron avait lui-même rappelé l'urgence d'un « réarmement démographique ».

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    12 janvier 2026

    1983 : année-clé de l’histoire politique française, 30 ans après la mort de François Mitterrand

    17 min
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    Frédéric BOZO, professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne nouvelle. Auteur de Le Tournant de 1983, une histoire politique : La gauche, la rigueur, l'Europe (Odile Jacob)

    On a tendance à l’oublier mais ce que nous vivons aujourd’hui n’est que la conséquence de choix qui ont été faits hier et qui, en se sédimentant, engendrent le monde présent. 1983 est une année pivot dans l’histoire politique française : en juin, c’est La Marche des Beurs, moment fondateur de l’histoire de l’antiracisme, survenue comme une réponse quasi symétrique à l’émergence du Front national aux municipales de Dreux, lorsque le 16 mars l’union des droites permet d’y battre la gauche au second tour. Un autre événement majeur se déroule à ce moment-là : le 21 mars, c’est le tournant de la rigueur : la fin du socialisme en un seul pays mené par le gouvernement de Pierre Mauroy et une politique, avec Jacques Delors, qui esquisse l’Union européenne sous pavillon allemand. Ce tournant survient après deux années dominées par des mesures phares comme les nationalisations, la hausse du SMIC et des prestations sociales, création d’emplois publics, la retraite à 60 ans. Cette politique se traduit par un inflation élevée, des déficits publics et extérieurs, une hausse du chômage, et la fuite des capitaux. La rigueur, malgré tout, n’est pas à confondre avec l’austérité et nul ne reviendra sur les acquis sociaux de 1981. 

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    9 janvier 2026

    Fin de vie : quand le Sénat ajoute de la confusion

    17 min
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    Dr Jean Marie GOMAS, médecin généraliste, gériatre, ancien président du comité scientifique de la Société française de soins palliatifs (Sfap), ancien responsable d'une unité de soins palliatifs à Paris. Co-auteur de Fin de vie, peut-on choisir sa mort ? (Artège)

    Érigée par Emmanuel Macron en priorité sociétale du second quinquennat, la loi sur la fin de vie verra-t-elle le jour avant 2027 ? Longtemps repoussé en raison de l'instabilité politique, le débat parlementaire a repris mercredi en commission au Sénat, où des oppositions persistent sur la création d'un dispositif d'aide à mourir, souhaité par l'exécutif mais remanié par les sénateurs. Mais ce que propose la chambre haute ajoute de la confusion, en parlant d’une assistance médicale à mourir, alors que le Conseil d’État préconise l’usage des mots euthanasie et suicide assisté, pour que l’opinion saisisse de quoi il s’agit au fond. Deux propositions de loi sont examinées en parallèle : une première plutôt consensuelle sur les soins palliatifs, et une autre sur la création d'une aide à mourir, nom destiné à euphémiser la réalité de la levée de l’interdit de tuer, ce qui constitue un basculement éthique majeur. On ne prend pas la mesure de ce qui est en train de se jouer en ce moment, une sorte de catastrophe éthique annoncée, alors que, des laboratoires d’idées comme la Fondapol ont déjà fourni aux législateurs tous les éléments pratiques, juridiques, statistiques permettant de comprendre qu’on s’achemine vers une situation incontrôlable, comme c’est le cas en Belgique, aux Pays-Bas ou au Canada. Le Dr Gomas défend le principe des conférences de consensus que le gouvernement aurait dû mettre en place sur un sujet aussi fondamental que celui de la vie et de la mort, de la toute-puissance de l’État, du lien entre des individus solidaires et responsables.

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