
Le Grand Témoin RCF - page 4
Chaque jour, Louis Daufresne apporte convivialité et regard positif, dans un esprit critique, sur l'actualité au sens large, en compagnie d'une personnalité reconnue et issue du monde intellectuel, religieux, etc.
Episodes
1 avril 2026Au fond, quel est le sens de la foi catholique ?
Père François EUVÉ, jésuite, rédacteur en chef de la revue Études. Auteur de Croire au XXIe siècle - la foi catholique face aux défis contemporains (Mame)
Que s’est-il passé voici quelque 2000 ans qui justifie que nous soyons encore là pour en parler ? Et comment s’adresser à nos contemporains pour qu’ils y voient le sens de leur vie ? La question de la foi surgit à toutes les générations. Le christianisme est plus fragile que les autres. L’observance ne suffit pas. Il exige l’adhésion du cœur et de l’intelligence. Certes, le nombre croissant de catéchumènes invite à espérer mais celui-ci ne saurait dissimuler l’éviction méthodique et continue de la foi catholique, en une période très courte, un demi-siècle. On parle ainsi de sécularisation. Ce mot ne vise d’ailleurs que l’Église catholique. Car, dans le même temps, d’autres réalités s’installent dans le paysage, imposant d’autres repères, sans qu’on sache bien le profit que la société tout entière pourrait tirer de cette évolution. Le christianisme est appelé à souligner son caractère propre, singulier : l’incarnation d’un Dieu fait homme, pleinement Dieu, pleinement homme. Incroyable mais vrai.
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31 mars 20261926 : Georges Bernanos publie Sous le soleil de Satan
Sébastien LAPAQUE, journaliste et critique littéraire au Figaro. A contribué au livre collectif Un jour le diable - cent ans après Sous le soleil de Satan, neuf auteurs rendent hommage à Georges Bernanos (Séguier)
Pour beaucoup, le diable est une métaphore, une façon de parler, juste une représentation, c’est-à-dire une invention des hommes, en aucun cas quelqu’un d’agissant qui partage notre intimité, lit dans nos pensées, susurre à notre oreille ce que nous désirons entendre. Georges Bernanos en offre une représentation puissante, au fil de ce roman qui met en scène l’abbé Donissan, en lutte constante contre le mal et le doute, et Mouchette, jeune fille fragile tombée enceinte et qui, dans un moment de désespoir, tue son enfant nouveau-né. Ici, le diable est une présence réelle, presque incarnée : il peut apparaître, parler, dialoguer, agir de manière subtile et intérieure : il ne pousse pas seulement au mal visible, il cherche à installer le désespoir, le doute et la perte de foi. Pour Bernanos, le pire mal n’est pas le péché lui-même mais le fait de croire qu’on ne peut plus être sauvé. Le diable est aussi une force de mensonge et d’illusion : il déforme la réalité, manipule les consciences et pousse les êtres à se tromper sur eux-mêmes. Il révèle le combat spirituel au cœur de l’homme : chacun est libre, mais constamment confronté à cette tentation intérieure entre le bien et le mal.
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30 mars 2026Pour sœur Catherine ermite, la foi catholique est mise au défi des « nouvelles spiritualités »
Sœur CATHERINE, religieuse ermite dans les Alpes. Auteur de Manuel de vigilance spirituelle - comment éviter les problèmes de l’esprit (éditions du Relié)
Hier au Grand Rex à Paris, un colloque exceptionnel portait sur « la conscience et l’invisible ». C’était le dimanche des Rameaux mais plutôt que d’écouter l’évangile de saint Matthieu, une foule de quelque 2500 personnes a payé jusqu’à 100 euros pour venir écouter de nouveaux prêcheurs, sans église ni dogme mais qui, armés d’un discours sur la conscience, entendent répondre au désarroi de nos contemporains. Les sujets étaient passionnants : expérience de mort imminente, médiumnité, réincarnation, communication animale, guérisons inexpliquées, tous ces phénomènes s’agrègent sous l’étiquette des « nouvelles spiritualités ». Dans cet univers, la conscience englobe toute réalité et la réalité tout entière baigne dans la conscience. Le péché et le salut n’existent pas. La nature humaine n’est ni à réparer ni à sauver par un sacrifice. Il s’agit de découvrir en soi le potentiel infini de sa conscience. La passerelle avec le christianisme, c’est l’aversion pour le matérialisme. L’obstacle, c’est le relativisme total : une sorte de tradition primordiale, surplombant les religions et les innervant à la fois, brouille le rapport à la vérité. Ici, les religions en général sont suspectées de diviser les hommes tout en conditionnant le salut à l'obéissance à des pratiques. L’Église a du mal à se situer par rapport à ces « nouvelles spiritualités » dont l’influence est grandissante. Celle-ci se voit notamment dans les bouddhas, prompts à remplacer les crucifix dans les intérieurs contemporains. Cet attrait pour la science, la conscience, mêlée à la volonté de retourner à la nature, ne doit pas être négligé. Ici, l’Église est invitée à renouer avec la mystique et les contemplatifs, trop souvent dévalorisés au profit de l’activisme humanitaire, lequel ne suffit pas à étancher la soif d’absolu. Si sœur Catherine reconnaît que le bouddhisme zen peut être une excellente préparation à l’oraison, elle souligne que le christianisme est la seule voie pour atteindre la béatitude. Car Dieu s’est donné un visage et, en souffrant Sa Passion puis en ressuscitant, il a montré que le mal qui nous étreint ne l’emporterait pas.
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27 mars 2026Au-delà du bling-bling, Monaco honore la dimension sociale de l'Église catholique
Philippe ORENGO, ambassadeur de la Principauté de Monaco près le Saint-Siège et près l’Ordre Souverain de Malte
Un pape au milieu des yachts, des casinos, des voitures de sport et du botox : ce cliché, s’il a sa raison d’être, ne dit pas tout de la réalité de Monaco, où Léon XIV se rend demain pour une visite-éclair d'une journée, à l’invitation du prince Albert II, ce qui fait de Monaco la deuxième destination internationale de son pontificat – et la première en Europe – depuis son élection en mai, avant une grande tournée en Afrique en avril. Monaco, territoire d'à peine 2 km², coincé entre mer et montagnes, entretient des liens historiques avec le Saint-Siège. Demain, à une semaine de Pâques, c’est la rencontre des deux plus petits États du monde. Le dialogue interreligieux et la préservation de l'environnement sont des sujets qu’ils partagent. Le catholicisme est la religion d’État de la Principauté, comme à Malte et Saint-Marin. Au-delà du côté bling-bling, l’influence multiséculaire de l’Église catholique structure la vie publique et princière de Monaco, à travers la dévotion populaire, l’assistance à la messe (8 % des 39000 habitants sont pratiquants) et le réseau de fondations et d’associations engagées auprès des plus pauvres, sans oublier les questions de société. Sur ce point, Monaco se distingue de la France. L'an dernier, à contre-courant de la République voisine, Monaco adopta une loi rejetant l'aide à mourir en développant les soins palliatifs et rejeta un projet de légalisation de l'avortement, bien que, depuis 2019, les femmes allant avorter en France ne sont plus susceptibles de poursuites.
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26 mars 2026Pourquoi l’Iran bascula-t-il dans une théocratie régressive ?
Yves BOMATI, historien, docteur ès lettres et sciences humaines, spécialiste de l’Iran. Coauteur avec Davoud Pahlavi de L’Iran face à ses défis - 1925-2025 : un siècle d’histoire sous tension (Armand Colin)
Nul ne sait si les pourparlers entre l’Iran et les États-Unis mettront fin aux hostilités, si même un changement de régime est envisageable à terme. Donald Trump assure que Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des tractations et veut même un accord, tandis qu’Israël poursuit ses frappes. En Iran, les théocraties se sont toujours écroulées, de manière cyclique, lorsqu’elles ne parvenaient plus à donner un sens moral à la contrainte qu’elles exercent, dit en substance Yves Bomati. Si le chiisme émergea comme réaction nationaliste contre le sunnisme, l’Iran est travaillé par des continuités souterraines qui donnent à penser que l’islam, produit d’importation, est plaqué sur des permanences religieuses préislamiques comme le zoroastrisme. Se rappelle-t-on qu’avant la conquête islamique, un tiers du pays était chrétien ? Ramené à la période contemporaine, l’Iran s’est retrouvé à osciller entre traditions et modernité, liberté et absolutisme. Dans cet entretien, on se demande par quel sortilège un grand pays évolué, que les ambitions des shahs modernisaient, a pu sombrer dans un régime aussi implacable que régressif. Les promesses non tenues du Shah ont alimenté un ressentiment social que les religieux ont su capter à leur profit pour imposer une théocratie devenue mafieuse.
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25 mars 2026N'en déplaise à Jean-Luc Mélenchon, les cathédrales expriment le génie de l'Occident
Mathieu LOURS, historien, spécialiste de l’architecture sacrée. Auteur notamment de Rebâtir Notre-Dame (Tallandier), a contribué au Centenaire de la mosquée de Paris (le cherche midi)
Hier, Joshua Colin, notre grand témoin de 22 ans baptisé l’an dernier, avait expliqué que sa rencontre décisive avec le bon Dieu était survenue lorsqu’il était entré dans la cathédrale de Rouen, que le silence et la beauté avaient subjugué son âme. Comme toute église, les cathédrales sont comparables à des vaisseaux spatiaux qui transportent la terre au ciel ou font descendre le ciel sur terre. La pierre exprime une grammaire invisible. À deux reprises, Jean-Luc Mélenchon s'exprima sur le sujet, le 18 juin et le 4 mars. Non d’un point de vue métaphysique mais historique, pour affirmer que sans le « savoir rapporté des musulmans et des croisades », nous n’aurions ni su ni pu bâtir Notre-Dame de Paris. Cette lecture, issue du puissant courant orientaliste des XVIIIe et XIXe siècles, ne correspond pas à la réalité médiévale. C'est une croyance, une mode que les historiens distinguent des faits dûment documentés. En se situant sur ce terrain, Jean-Luc Mélenchon expose l’opinion à un risque de désinformation, lequel s'accommode bien de son intention d’introduire partout de la conflictualité. À l’inverse, la raison commande de réfléchir au fond commun des architectures religieuses et d’attribuer à chacune ce qui leur revient. Aussi les cathédrales, juge Mathieu Lours, expriment « le génie de l’Occident chrétien ». Sans nier les emprunts interculturels, l’Europe n'a pas de dette à l’égard du monde islamique, lequel ne se confond pas avec tout l’Orient. L'Europe doit ses édifices à la connaissance des mathématiques qu'elle a héritée de l’Antiquité grecque.
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24 mars 2026Joshua Colin, baptisé l'an dernier, raconte son chemin de foi
Joshua COLIN, 22 ans, étudiant à l’université Paris-Dauphine. Auteur de Nous, les nouveaux baptisés - confidence d’une génération qui revient au Christ (éditions du Cerf)
Demain après-midi doit être communiqué à Lourdes le chiffre des catéchumènes, c’est-à-dire des adultes et des adolescents qui seront baptisés au cours de la veillée pascale, le 4 avril. Ils étaient 12000 en 2024 et 17000 en 2025. Pour les uns, ce frémissement statistique ne dit rien d’une tendance de fond, celle de la sécularisation persistante et continue. Tout au plus s’agit-il d’un rattrapage à la marge. 90 % des enfants d’une classe d’âge étaient encore baptisés à la naissance en 1970. Ils sont moins de 30 % à l’être aujourd’hui. Encore faut-il sortir de la logique comptable pour envisager ce rayon de soleil dans le paysage du catholicisme français. Pour plusieurs raisons : ce sont les minorités résolues qui changent le monde (au départ ils étaient douze...). Ensuite, embrasser la foi catholique est en rupture absolue avec tout ce que promeuvent la société et les media. Ce choix exige courage et lucidité, ce qui opère un tri qualitatif. Enfin, ce rebond des catéchumènes est difficilement imputable au prosélytisme de l’institution, d’ailleurs assez méfiante envers ce qui ne vient pas d’elle. Les voies de Dieu étant impénétrables, on est intrigué par la force d’âme de ces nouveaux venus qui placent la barre très haut : ils désirent être accueillis, formés, insérés dans une communauté. Leur zèle tout feu tout flamme peut avoir du mal à s’accorder avec les habitudes des catholiques culturels. Leur mérite équivaut à la pureté de l’intention qui les meut : « Dieu parlait à mon âme dans ce langage mystérieux du silence et de la beauté qu’Il emploie avec ceux qu’Il veut attirer doucement à Lui », écrit Joshua Colin, baptisé l'an dernier à l'issue d'une démarche dont il aura tenu à l'écart ses parents, hostiles à l'Église, et une partie de ses amis. Beauté, silence : cette conception ramène l’épiscopat à la nécessité de répondre à un besoin de tradition et de transmission.
Joshua Colin témoignera demain mercredi 25 mars à 20h30 à l'Espace Bernanos, 4 rue du Havre Paris IXe.
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23 mars 2026Après les municipales, une France morcelée comme jamais
Natacha POLONY, agrégée de lettres, ancienne directrice de la rédaction de Marianne, fondatrice de la revue trimestrielle L’Audace !
Dans la foulée d'élections municipales sans vainqueur clair, chaque camp politique s'emploie à tirer les leçons du scrutin et à dire qu’il en sort gagnant. Au bout du compte, la France apparaît morcelée à l’extrême, ce qui rend délicate la question des alliances et des stratégies pour la présidentielle qui domine déjà le débat. Le débat justement : comment envisager l’agora si l’on n’est plus capable de se parler ? Agrégée de lettres, Natacha Polony, ancienne directrice de la rédaction de Marianne, consacre le deuxième numéro de sa revue trimestrielle L’Audace ! à la liberté d’expression à l’ère numérique. Comment concevoir un espace de la délibération juste et honnête en France et en Europe, à l’heure où les géants de la tech américains captent toutes les attentions, celles des plus jeunes en particulier, et où la réglementation de l’UE, via le « bouclier démocratique » du DSA (Digital services act), n’apporte pas la meilleure des réponses à la question de la régulation des contenus ?
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20 mars 2026Georges Fenech monte au front pour la liberté d’expression
Georges FENECH, ancien magistrat, député honoraire, chroniqueur TV. Auteur de Ne dites pas à ma mère que je suis chroniqueur sur Cnews… elle me croit toujours juge à Hazebrouck (Fayard)
Du parquet aux plateaux en passant par les sièges capitonnés du Palais Bourbon, Georges Fenech se passionne pour l’action publique sous toutes ses formes. Cet ancien juge d’instruction, d’origine maltaise mais né en Tunisie, fut député LR du Rhône à deux reprises, avant de se reconvertir dans le magistère médiatique comme chroniqueur régulier sur la chaîne Cnews dont il est l’une des voix les plus crédibles. Son ton grave, posé et ferme tranche avec les emportements parfois convenus de media qui la jouent cash et clash. Sa carrière judiciaire est marquée par un engagement en faveur de l’autorité de l’État et de la répression de la délinquance, ce qui n’est pas le trait dominant des milieux de la magistrature. Spécialiste des dérives sectaires et du terrorisme, Georges Fenech porte un regard circulaire sur l’état de la France. Il instille une forme de dramaturgie quand il estime qu’elle peut mourir sous le poids du renoncement et des atteintes à la liberté d’expression.
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19 mars 2026Choisir, tout un art. Saint Ignace de Loyola nous y aide
Père Bernard BOUGON, consultant, membre de l’Institut de discernement professionnel, ancien aumônier national du Mouvement chrétien des cadres dirigeants. Coauteur avec Laurent Falque de L’art de choisir avec Ignace de Loyola (éditions Ignace de Loyola)
La force, et peut-être aussi la faiblesse, de la démocratie, c’est qu’elle nous oblige à choisir, afin d’obtenir l’adhésion, de fabriquer du consentement, ce qui est nécessaire à la confiance, pilier de l’autorité, sans laquelle nulle société ne peut avancer. Mais choisir est un art, qui ne confond pas avec le fait de décider. Les élections municipales offrent à la fois un prétexte et un contexte pour aborder un sujet beaucoup plus sérieux que celui de la gestion communale, sujet qui est celui de l’entretien que l’on se doit d’accorder à son âme. Saint Ignace de Loyola (1491-1556), fondateur des jésuites, lui fait passer une sorte de contrôle technique, avec ses fameux exercices spirituels et le discernement des esprits, lesquels ne sont pas comparables aux méthodes de développement personnel dont se repaît l’homme contemporain en recherche. L’essentiel est d’entrer dans un processus permettant de trouver la vocation qui est la nôtre, et d’apprendre à repérer les mouvements profonds qui nous animent.
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18 mars 2026Après la prison, Pierre Botton invite les Français à renouer avec la foi et à l'affirmer avec courage
Pierre BOTTON, porte-parole de Changeons la prison. Auteur de Sur le chemin de ma foi (Fayard)
Son nom avait marqué les années 90, quand ni Internet ni les réseaux sociaux n’existaient mais que son visage s’étalait sur les écrans de télévision : Pierre Botton, homme d’affaires lyonnais au train de vie luxueux, s’était retrouvé mêlé à un scandale politico-financier impliquant son beau-père, Michel Noir, maire de Lyon jusqu’en 1995. Si je le reçois au milieu de ces municipales, c’est moins pour parler de compromissions politiciennes que de rémission spirituelle. Car Pierre Botton a retrouvé Dieu, le Dieu de son enfance, de la religion catholique dans laquelle il avait été élevée. La prison est passée par-là, ainsi qu’un long parcours judiciaire. Pierre Botton a été incarcéré à deux reprises, à vingt-cinq ans d’écart, ce qui lui donne un regard comparatif pertinent. Il s’est relevé en créant plusieurs associations destinées à sensibiliser au choc carcéral. L’expérience qu’il décrit ne ressemble point au propos de ses précédents livres. Aujourd’hui, il témoigne d’un chemin de foi, d’une certitude, sans faire l’impasse sur l’état spirituel de la France dans sa confrontation à d’autres religions très affirmatives.
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17 mars 2026Municipales : un scrutin illisible et un scandale démocratique
François GOMBERT, directeur d’Engagements, cabinet de conseil en stratégies de communication d’influence et de gestion de crise, auteur de la newsletter Com’on en parle !
Quelle lecture et quelle leçon peut inspirer ce premier tour des élections municipales ? Que dire de l’état de la France à un an du rendez-vous si attendu de la présidentielle ? Le macronisme et son action dissolvante sur le bipartisme ont produit quelque chose d’illisible dont tirent parti deux forces antagonistes, LFI et le RN. On compte à ce jour quelque 150 accords LFI/PS et RN/LR, ce qui, aux yeux de François Gombert, rend l’offre politique indéchiffrable. Selon lui, LFI et le RN développent deux types de communication politique tout à fait opposés : le RN achève sa notabilisation, tandis que LFI parie sur la radicalisation. La stratégie mélenchoniste se révèle efficace : concentrée sur le quadrillage du terrain, elle produit un discours qui ne fonctionne pas comme un repoussoir mais comme une validation. Entre LFI et le RN, le vaste centre est dilué dans une forme d’insignifiance. L’offre politique est en crise. Une autre surgira-t-elle pour la présidentielle ?
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16 mars 2026LFI et le RN sortent renforcés du 1er tour des élections municipales
Éric ROUSSEL, journaliste et politologue, ancien président de l’institut Pierre Mendès-France, membre de l’Académie des sciences morales et politiques
Si cette année, les élections municipales auront moins mobilisé les Français qu’en 2014, avec un taux de participation nettement inférieur (56 % contre 63 %), les deux partis qui en avaient fait un test, le RN et LF, sortent renforcés du premier tour, dans un scrutin qui voit globalement la gauche se maintenir, en particulier dans les lieux de pouvoir importants, notamment à Paris, Marseille et Lyon. L'entre-deux tours d'ici dimanche prochain sera marqué par le casse-tête des possibles alliances, qui seront aussi scrutées à l'aune de la course à l'Elysée. Pour Éric Roussel, les dynamiques en faveur de LFI et du RN consolident des tendances mais ne laissent pas présager de l'issue de la présidentielle de 2027.
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13 mars 2026Le sénateur Laurent Duplomb défend l'innocuité de sa loi
Laurent DUPLOMB, sénateur LR de Haute-Loire, conseiller de Laurent Wauquiez sur les questions agricoles
Ici, en Haute-Loire, le duel n’est pas dans les urnes. Dimanche prochain, le candidat Michel Chapuis, divers droite dont la liste héberge le fils de Laurent Wauquiez, est quasiment sûr d’être réélu à la mairie du Puy-en-Velay. On peut se hasarder à ce pronostic dans la mesure où la cité mariale – tenez-vous bien – n’a pas connu de second tour depuis 1995, depuis plus de 30 ans, alors que l’élection 2026 laisse présager un grand nombre de quadrangulaires en raison de la balkanisation de la vie politique. Michel Chapuis n’a même pas de candidat RN sur sa droite. Non, le vrai duel ici est dans les haies : il oppose deux figures de la région : Jacques Marcon, chef triplement étoilé des maisons Marcon, plusieurs fois désigné « meilleur restaurant du monde », à Saint-Bonnet-le-Froid, à 60 km d’ici vers l’est, à la lisière de l’Ardèche, et Laurent Duplomb, fils d’ouvrier sidérurgiste devenu agriculteur par choix et par passion, sénateur LR depuis 2017, et dont les oreilles bourdonnent depuis que sa loi l’a fait connaître. La loi Duplomb a mobilisé plus de deux millions de signatures contre elle sur la plateforme de l’Assemblée nationale. Après son adoption, en juillet 2025, Jacques Marcon dit qu’il avait « honte » de vivre en Haute-Loire. En août, le Conseil constitutionnel censura certaines dispositions de la loi Duplomb, notamment celles liées à l’autorisation d’un pesticide néonicotinoïde, l’acétamipride. Un nouveau texte est en cours. Pour le sénateur LR, sa loi fait l’objet d’une cabale de la part d’une gauche anticapitaliste toujours prompte à caricaturer les enjeux et les exploitants agricoles.
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12 mars 2026Éric Ciotti va-t-il offrir Nice au RN ?
Jean-Baptiste FORRAY, rédacteur en chef délégué de la Gazette des Communes. Auteur de Les frères ennemis de la Côte (Plon)
Richesse, gloire et beauté, on va aller sur la Côte d’Azur, à trois jours des municipales, dans un coin bien particulier que sont les Alpes-Maritimes, coin au sens premier du terme, au bout de la France, l’ancien comté de Nice, et dans un milieu qui l’est encore plus, celui de la droite niçoise. Ce que l’on aime, en politique comme ailleurs, ce ne sont ni les programmes ni les promesses. Ce que l’on aime, ce sont les duels, les passions, les ambitions, la dimension humaine des personnages. La politique, ce sont des mains qu’on serre et des poignards qu’on plante. Deux hommes s’affrontent à Nice – qui ont la politique dans la peau, à défaut d’avoir une idéologie dans la tête : Christian Estrosi, le motard séducteur, le Chirac ou le Johny Hallyday de la Côte, et Éric Ciotti, le routard de Marine Le Pen. Deux ans après son ralliement au RN alors qu'il présidait Les Républicains, il est en passe de relever son pari : conquérir la cinquième ville de France. A la tête de son nouveau parti, l'UDR, Éric Ciotti est annoncé dans plusieurs sondages avec une avance d'au moins 10 points sur le maire sortant, étiqueté Horizons, soutenu par le centre et la droite. Ce trophée, si Éric Ciotti le ravissait, il en priverait le candidat à la présidentielle Édouard Philippe, fondateur de Horizons.
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11 mars 2026Marcel Gauchet récuse la « dictature du relativisme » pointée par Benoît XVI
Marcel GAUCHET, historien, philosophe, sociologue. Auteur de Comment pensent les démocraties (Albin Michel)
Dans une société liquide où tout se vaut et tout se vend, les idées et les identités sont comparables à des objets placés sur la gondole du supermarché : leur valeur est celle de choses que l’on renouvelle au gré de l’arbitraire des modes et des passions. « Dans un monde renversé, même le vrai est un moment du faux », disait Guy Debord. C’est très difficile pour une institution solide comme l’Église catholique de survivre dans ce monde-là, d’être devenue une idée parmi d’autres. Mais après tout, n’a-t-elle pas ce qu’elle mérite puisque, selon la célèbre thèse de Marcel Gauchet, le christianisme serait la « religion de la sortie de la religion ». C’est lui qui, en séparant Dieu de César, a offert à César un espace qui lui est propre, avec le pluralisme idéologique qui le caractérise et, peu ou prou, remonte dans sa forme contemporaine à 1848, époque où se consolidèrent trois camps, les conservateurs, les libéraux et les socialistes. Ces cadres mentaux demeurent, malgré la vacuité de certains débats politiques actuels. L’idéologie est ainsi, au sens technique du terme, ce qui anime l’espace démocratique. Elle se distingue de la variété des opinions qui pouvaient prévaloir auparavant, dans des sociétés homogènes et verticales, où il fallait statuer sur le vrai et le faux. Dans cet entretien, Marcel Gauchet, premier titulaire de la chaire du Collège des Bernardins, l’Église, influencée par l’esprit du siècle, a évolué vers la gestion démocratique des pluralités qui la constituent, sans céder au relativisme dont le pape Benoît XVI dénonçait la prédominance.
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10 mars 2026Et si la France était un pays communiste ?
Franz-Olivier GIESBERT, journaliste, éditorialiste au Point, essayiste. Auteur de La France est-elle un pays communiste ? (Plon)
Le jeu politique ne doit pas masquer la réalité : on parle à l’envi de la progression de l’extrême-droite, de l’union des droites, de l’hypothèse de l’arrivée du RN au pouvoir et tutti quanti. Cette forme d'agitation relève de l'esbroufe. Elle ne dit rien de l’état de la France qui ne cesse de se dégrader en raison du poids de la bureaucratie, de la fiscalité et des normes, ce qui fait dire à FOG que notre pays est communiste. Cela ne signifie pas qu'il serait dirigé par le Parti communiste, devenu résiduel. Cela indique que, à la fois plus insidieusement et plus massivement, notre économie suradministrée est écrasée par les impôts de production, cinq fois plus élevés qu'en Allemagne, et que ce fardeau entraîne délocalisations et déclassement. Les mandats d'Emmanuel Macron n'ont fait qu'aggraver cette situation.
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9 mars 2026L'incroyable histoire de Bertha von Suttner, première femme Prix Nobel de la paix
Bérengère de PONTAC, ambassadrice de l'Association des Femmes pour la Paix des Nations Unies, présidente Peace By Peace - Jeunes Artisans de Paix. Auteur de Tous pour la paix - 80 modèles inspirants (illustré par Ariana Cuevas)
Dans le christianisme, la paix est à la fois un don de Dieu, une transformation intérieure, une réconciliation entre les personnes, et un engagement actif pour un monde plus juste. Tout un programme. Depuis 1945, l’Europe parvient à conjurer la guerre entre les nations qui la composent, du moins celle-ci se déroule-t-elle sur le terrain plus aseptisé de l’économie. La guerre engagée par Israël et les États-Unis contre l'Iran surgit comme l’énième épisode d’un conflit qui laisse entrevoir à ce jour aucune perspective de paix. Doit-on toutefois se résigner ? La fatalité doit-elle l’emporter ? Pour ne pas céder à cette tentation, de grandes figures de paix peuvent nous inspirer, dans diverses époques et traditions. Bérengère de Pontac les a rassemblées dans un beau livre illustré Tous pour la Paix - 80 Modèles Inspirants, édité en 2025 en français et anglais. Parmi elles : l’Autrichienne Bertha von Suttner (1843-1914), première femme à recevoir le Prix Nobel de la paix en 1905. Dans cet entretien? Bérengère de Pontac fait le récit de sa propre histoire, laquelle commença il y a 30 ans au sanctuaire marial de Medjugorje, dans une Bosnie-Herzégovine déchirée par la guerre.
Les ateliers Peace by Peace :
Pour les classes de CM2 et de 3e, l'association propose des circuits Mémoire et Paix de 2 jours sur les sites mémoriels normands (Mémorial de Caen, cimetière américain d’Omaha Beach, cimetière allemand de La Cambe, musée et plage de Utah Beach, village de Sainte-Mère-Église). Pour les plus jeunes (classes de CE1- CM1), l'association met en place en septembre l’atelier de la Rose de la Mémoire et de la Paix, inspiré du Petit Prince de Saint-Exupéry.
Le livre Tous pour la Paix :
Il est disponible sur HelloAsso, au prix de 35 € déductible (soit environ 14€) + 10€ de frais de port pour la France. Commande directe possible auprès de : peacebypeace10@gmail.com
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6 mars 2026Père François Potez
Après avoir été engagé dans la Marine, le père François Potez entre dans la communauté des Frères de Saint-Jean et est ordonné prêtre pour le diocèse de Paris en 1989. Durant ses 37 ans de sacerdoce, il s’est longuement consacré à l’éducation des jeunes et à la préparation au mariage de nombreux couples.
Droits image: Père François Potez @ Paroisse Notre-Dame du Travail
6 mars 2026Père François Potez, prêtre et éducateur, au soir d’une vie de mission
À la fois prêtre, éducateur, pasteur et auteur, le père François Potez a beaucoup marqué les personnes qu’il aura enseignées, en partie les couples se préparant au mariage. Aujourd’hui, à 70 ans, il est en soins palliatifs, chez les petites sœurs des pauvres, dans le VIe arrondissement de Paris. Diplômé de l’Ecole navale, ce fils de médecin, né dans une famille de huit enfants, quitte la Marine en 1982, entre chez les Frères de Saint-Jean, puis devient aumônier de l'Eau Vive, un des premiers lieux d'accueil et d'éducation en France, fondé par le père de Monteynard. Ordonné prêtre en 1989, il passe une dizaine d'années au service des jeunes et de l'éducation. Il est incardiné dans le diocèse de Paris en 1997 pour devenir curé de Saint-Eugène/Sainte Cécile (paroisse bi-ritualiste), Notre-Dame du travail (où il apprend la messe en portugais) et Saint-Philippe-du-Roule, son dernier port d’attache. Le père François Potez a témoigné dans les films Sacerdoce et Sacré-Cœur. Il a aimablement accepté de nous rencontrer avant peut-être de larguer les amarres et de voguer sur l’océan de l’éternité. Dans cet entretien, outre son parcours, il développe sa vision de l'éducation des jeunes, terrain sur lequel il aura tant œuvré.
Droits image: Le Grand Témoin de Louis Daufresne ©RCF NOTRE DAME
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