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Le Grand Témoin de Louis Daufresne ©RCF NOTRE DAME

Le Grand Témoin RCF - page 7

Une émission présentée par Louis Daufresne

Chaque jour, Louis Daufresne apporte convivialité et regard positif, dans un esprit critique, sur l'actualité au sens large, en compagnie d'une personnalité reconnue et issue du monde intellectuel, religieux, etc.

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Episodes

  • © RND-RCF
    8 janvier 2026

    Le consistoire extraordinaire peut-il dénouer la question liturgique en France ?

    17 min
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    Père Marco GALLO, directeur de l’Institut Supérieur de Liturgie (ISL) à l’Institut catholique de Paris

    Un consistoire extraordinaire se déroule en ce moment à Rome, où 170 des 245 cardinaux sont réunis à huis clos depuis hier, au fil de trois sessions de travail dont les réflexions seront restituées au pape cet après-midi. Après une année de transition, marquée par le jubilé de l’espérance, ce rendez-vous ressemble à une entrée de plain-pied dans le magistère de Léon XIV. Ce consistoire répondait à une demande formulée par les cardinaux avant l'élection de Léon XIV pour introduire davantage d'horizontalité. Les deux principaux thèmes de réflexion sont l'évangélisation et la synodalité, c'est-à-dire la gouvernance sur l'écoute et la coresponsabilité des fidèles. Néanmoins, il y a de fortes attentes, du moins en France, sur la liturgie dont la place de la messe en latin selon le rite de saint Pie V. Marco Gallo est prêtre du diocèse de Saluce, dans les Alpes piémontaises en Italie. Il a exercé pendant près de vingt ans comme curé de paroisse et enseignant de liturgie et de théologie sacramentaire en Italie. Depuis septembre, il dirige l'Institut Supérieur de Liturgie de l'Institut Catholique de Paris, où il est également Professeur extraordinaire en théologie liturgique et sacramentaire. Il est membre du comité de rédaction scientifique de la revue La Maison-Dieu et poursuit ses recherches sur les enjeux contemporains de la pratique liturgique.

  • © RND-RCF
    7 janvier 2026

    Faire et défaire les réputations : le pouvoir de Wikipédia

    17 min
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    Nelly DARBOIS, consultante et formatrice spécialisée dans l’accompagnement des entreprises. Auteur de Le pouvoir discret de Wikipédia - exister, influencer et protéger votre image (Gereso)

    L’une des erreurs assez classiques consiste à dire que les outils sont neutres, qu’ils ne dépendent que de l’usage qu’on en fait. C’est vrai jusqu’à un certain point. Un Smartphone ou un écran n’est ni bon ni mauvais. Mais la question n’est pas là. La vraie question, c’est que l’outil produit un comportement. Se demander comment faire avec le Smartphone ou les écrans, question déjà un peu datée, c’est reconnaître implicitement que ces outils nous imposent leur loi. C’est la même chose avec Wikipedia. En soi, c’est une ressource à visée encyclopédique qui est à notre disposition. Et pourtant beaucoup de choses la distinguent d’une encyclopédie classique, vous savez celle de l’armoire que vous n’ouvrez plus depuis longtemps. Le monopole de Wikipedia se nourrit du besoin de reconnaissance. Cette forme de vanité a un prix : le levier de pouvoir est aussi une arme qui fait autant qu’elle défait les réputations. L'essentiel, en tout cas, est de savoir comment fonctionne cet outil collaboratif et cette association à but non lucratif dont les règles varient d’un pays à l’autre : y aurait-il besoin d'une régulation au risque de pratiquer une censure ou faut-il faire confiance à tout prix à l'intelligence collective pour que la vérité l'emporte au bout du compte ?

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    6 janvier 2026

    Quelles résolutions pour 2026 à l’ombre de saint Augustin et des grands philosophes antiques ?

    17 min
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    Benoît DAVID, conseil en dirigeant d’entreprise, conférencier. Auteur de Ils sont venus nous dire (éditions Au fil du temps) 

    De Pythagore à saint Augustin, les grandes figures peuvent nous inspirer au quotidien, pour peu qu’on descende leur statue de l’étagère sur laquelle notre esprit a tendance à les poser. On peut les rendre accessibles. On peut en faire des compagnons de vie. On peut même converser avec elles, c’est ce que Benoît David entreprend au travers d’une relation épistolaire revigorante dans laquelle il rend grâce de l’influence que ces penseurs exercent sur sa vie d’entrepreneur, en l’espèce de conseil en dirigeant d’entreprise. En ce début d’année, sur ce terrain miné de la vie, du chaos de l’existence, les grands anciens peuvent nous aider à tracer notre sillon. Sénèque n‘a-t-il pas écrit sur la tranquillité de l’âme ? Et puis, avec le voyage que le pape Léon XIV désire entreprendre en Algérie, c’est aussi un bon début pour s’initier à saint Augustin.

    Partout en France, Benoît David donne une conférence intitulée Comment la Pensée des Philosophes de l'Antiquité peut-elle nous aider à être plus heureux et vivre mieux aujourd'hui ?

  • Photo libre de droit
    5 janvier 2026

    Après le drame de Crans-Montana, quelle parole pour l’Église ?

    17 min
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    Père Joël Pralong, prêtre du diocèse de Sion (Valais), infirmier de formation, prédicateur de retraites, chapelain de la Basilique Notre-Dame de Valère, ancien supérieur du séminaire de Sion (Valais)

    Dans l’épreuve, l’Église demeure le lieu de la consolation. Des centaines de personnes ont assisté hier à la messe, dans le froid, à l'extérieur de la chapelle Saint-Christophe de Crans-Montana, qui était bondée. Le jour de l’an est traditionnellement consacré à la fête de Marie Mère de Dieu et à la prière mondiale pour la paix mais, depuis le drame de la saint Sylvestre, ce sont des familles déchirées qui pleurent ce qui est arrivé à leurs enfants, souvent mineurs, dans l'insouciance des vacances de Noël. Quelle parole l’Église peut-elle avoir en pareilles circonstances, c’est la question que nous avons posée au père Joël Pralong, lui-même d’origine valaisanne.

  • Photo libre de droit
    2 janvier 2026

    Philippe Royer lance Redonner du sens, pour renouveler l’offre politique

    17 min
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    Philippe ROYER, entrepreneur, cofondateur du réseau Cléophas Sens & Performances, président de Fratello, ancien dirigeant des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC), fondateur de Redonner du sens. Auteur de Fils de paysan - notre bon sens commun (Fayard)

    Tel un orage de grêle, la condamnation de Nicolas Sarkozy a essoré le champ médiatique, sur lequel les agriculteurs en colère avaient planté l’épouvantail de leur mobilisation. Et pourtant la chose est sérieuse : il s’agissait de dénoncer le projet d'accord de libre-échange entre l'Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur dont Bruxelles a lancé au début du mois le processus de ratification. La France, hier très opposée, semble depuis lors se montrer moins défavorable. Et si, dans tous les domaines, on en revenait au bon sens paysan, “notre bon sens commun”. Le rond-point des gilets jaunes serait-il une métaphore de la politique, qui coûte cher et tourne en rond et que le moindre obstacle suffit à paralyser. Quelle direction ce bon sens pourrait-il nous indiquer ? C’est toute la question soulevée par Philippe Royer, entrepreneur et ancien dirigeant des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC), fondateur de Redonner du sens, initiative destinée à renouveler la vie politique.

  • © RND-RCF
    1 janvier 2026

    Le bien commun, quelle efficacité politique et économique ?

    17 min
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    Bénédicte RENAUD-BOULESTEIX, haut fonctionnaire, docteur en études politiques de l’EHESS. Co-auteur de Bien commun : quelle efficacité politique et économique de la prescription morale ? (Hermann)

    Pour l’Église catholique, le bien commun est « l’ensemble des conditions sociales qui permettent à la personne, aux familles et aux groupes, d’atteindre plus pleinement et plus facilement leur perfection propre ». Il ne s’agit donc pas d’une addition ou d’une juxtaposition d’intérêts particuliers, ni d’un intérêt général abstrait. C’est ce qui rend possible l’épanouissement de chaque personne, eu égard à sa dignité et à sa vocation. Le bien commun requiert la participation de chaque citoyen qui a une responsabilité, selon ses moyens. La finalité est transcendante : le bien commun trouve son accomplissement ultime en Dieu. L’ordre social n’est pas une fin en soi mais doit ouvrir à la vie spirituelle et au salut. Un ouvrage collectif, fruit d’un colloque qui s’est tenu en 2023 à l’Institut catholique de Paris, éclaire les diverses significations de la notion de bien commun en retraçant sa généalogie de saint Thomas d’Aquin à nos jours. Mais une question demeure : quelle peut être l’efficacité de cette notion ? Comment la mettre en pratique dans une société éclatée où il existe une impossibilité de l’action commune ? Et puis, le bien commun risque d’être victime de son succès : c’est une notion miroir où chacun projette son désir d’influence, ce qui est sans doute le moins bon service à lui rendre.

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    31 décembre 2025

    Qu'est-ce qui nous rend humain et… inhumain ?

    17 min
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    Martin STEFFENS, agrégé de philosophie, enseignant en classes préparatoires à Strasbourg. Auteur de Ce qui nous fait humains - une métaphysique des marges (DDB)

    Les crimes contre l’humanité, expression usitée depuis les opérations menées à Gaza par l’armée israélienne, appartiennent au lexique du droit international dont ils constituent des violations très graves. Ils forment à ce titre une catégorie à part destinée à réprimer des actes commis à grande échelle contre des populations civiles. Mais, au juste, comment distinguer ce qui est humain de ce qui ne l’est pas ? La frontière ne passe pas seulement entre l’homme et l’animal mais entre les humains eux-mêmes. Martin Steffens réfléchit notamment à la notion de non-emprunt de Marcel Mauss : on choisit d’être et le groupe, craignant que son existence s’arrête, pose une limite à sa compassion. Dans quelle mesure cette conception coïncide-t-elle avec la vision chrétienne du prochain ? Le philosophe distingue en outre trois idéaux-types : le migrant, qui ne va nulle part et n’est nulle part chez lui, le touriste, qui va partout et se sent partout chez lui, et le pèlerin - que nous sommes tous - et dont il décrit le caractère singulier.

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    30 décembre 2025

    Dans quelle mesure la morale catholique peut-elle évoluer ?

    17 min
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    Thibaud COLLIN, professeur agrégé de philosophie en classes préparatoires, chroniqueur à L’Homme nouveau. Auteur d’Un changement de paradigme dans la morale catholique ? (éditions de l’Homme nouveau)

    Comme le disait Jean Daniel, grande figure du journalisme et mort centenaire, la tentation est toujours grande de « préférer l’erreur qui rapproche à la vérité qui sépare ». Cela concerne autant les hommes que les institutions. Par exemple, très tôt, l’Église milita contre l’esclavage à une époque où il était la norme. Sa lutte constante, notamment avec sainte Bathilde, lui permit d’en venir à bout mais il fallut des siècles pour cela. De même, l’Église batailla-t-elle durement pour que le consentement fût le socle et la raison d’être du mariage. Au fond, ce qui lui importe, c’est la dignité de l’homme mais cette dignité ne va pas de soi, n’est pas un donné de sa nature pêcheresse. En vertu de cette dignité, miroir de celle infinie de Dieu, l'Église, à l’époque contemporaine, prend des positions fort éloignées de l’évolution des mœurs qui s’emballa à partir des années soixante. En 1968, Paul VI publie l’encyclique Humanae Vitae. Beaucoup s’attendent à une ouverture sur la contraception artificielle mais le pape réaffirme que chaque acte conjugal doit rester ouvert à la transmission de la vie. Jean-Paul II assoit cette position dans encyclique Veritatis splendor (1993) et Benoît XVI continue dans cette voie. Le pape François marque une inflexion dans Amoris laetitia (2016). D’un texte pontifical à l’autre, la morale peut-elle évoluer ? Le philosophe Thibaud Collin s’interroge sur un changement de paradigme, expression à laquelle il préfère le développement homogène. Car inflexion ne rime pas avec contradiction. La question profonde est : sur des sujets intimes et sensibles, qui engage le corps mais aussi tout le corps social, que croire et qui croire et quelle attitude adopter devant la vie et le mystère de notre condition ?

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    25 décembre 2025

    Se souvient-on qu'Albert Camus vénérait la personne du Christ ?

    17 min
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    Véronique ALBANEL, professeur de philosophie aux Facultés Loyola Paris, spécialiste d'Albert Camus. Auteur de Le Christ d’Albert Camus (DDB)

    Sans doute, en nous écoutant, cherchez-vous un sens à votre vie, laquelle est probablement tiraillée entre le désir d’unité et le chaos du monde auquel l’actualité nous confronte tous les jours. Albert Camus, face à l’absurde, avait esquissé trois issues : le suicide (qu’il rejette), l’illusion religieuse ou métaphysique (qu’il refuse), et enfin l’acceptation lucide. Camus fut animé par une vision négative du christianisme historique, faisant reposer le monde sur la compréhension, la part d’innocence de chacun, plutôt que sur la condamnation. Il estime que l’Eglise a trahi le message du Christ, qu’il voyait aux côtés de pauvres sans terre et sans pain et non du côté des puissants et du jugement. Peut-on accepter le Christ souffrant et rejeter le salut, le sens métaphysique de ses souffrances ? Quel est ce Christ de l’homme révolté ? S’il est « impossible de christianiser Camus », ainsi que le dit Véronique Albanel, il n’est pas non plus possible de passer à côté du dialogue auquel il invite entre croyants et non-croyants. Si ses échanges avec François Mauriac ont pu être marquants, ceux-ci ne dispensent, le temps faisant son œuvre, de renouer avec sa pensée et ceux qui s’en réclament. Mort en 1960, le clergé de l’époque préconciliaire se prêtait guère au dialogue avec les subtilités camusiennes. Il y eut donc un rendez-vous manqué. Les choses eussent sans doute été différentes si l’écrivain avait vécu plus longtemps. L’écho de son œuvre étant encore si puissant qu’il n’est pas trop tard pour l’aborder sous l’angle du Christ.

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    24 décembre 2025

    88 % des Français disent oui aux fêtes chrétiennes (IFOP pour OFC)

    17 min
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    Arnaud BOUTHÉON, co-fondateur du Congrès Mission, d’HolyGames, engagé auprès des Chevaliers de Colomb, cofondateur de l’Observatoire français du catholicisme (OFC)

    L’Observatoire français du catholicisme (OFC) a commandé à Jérôme Fourquet (IFOP) un sondage sur « la signification de Noël et l’observance de sa tradition en France ». Où l’on s’aperçoit que toutes les polémiques allumées à propos de la visibilité du christianisme ne sont pas des sujets, et que le désir de paix et de « décélération » l’emporte sur la division et le laïcisme étroit.

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    23 décembre 2025

    De Gustave Courbet au Qatar à la Nativité dans ses œuvres 

    17 min
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    De Gustave Courbet au Qatar à la Nativité dans ses œuvres 

    Simon de MONICAULT, expert en œuvre d’art, ancien directeur du Département Mobilier & Objets d'art chez ‎Christie's France

    La France a-t-elle "Courbet" l’échine devant le Qatar ? Après le vol des bijoux du Louvre, c’est le Désespéré qui désespère, non pas Billancourt, mais la France entière, et toute la classe politique des députés Chenu à Corbière. Pour l’un, c’est une autre Joconde qui s’en va, pour l’autre, c’est désespérant de se courber devant les oligarques. L’association des Amis du musée Gustave-Courbet a interpellé les parlementaires pour en savoir plus sur les conditions de vente et de « fuite » à l’étranger de ce qui est présenté comme un autoportrait magnétique. Cette question de la liberté de circulation des œuvres d’art n’est pas nouvelle et mérite une certaine pondération. Parallèlement, Simon de Monicault nous fait découvrir trois tableaux remarquables de la Nativité :

    Umberto Giunti (1886-1970), copiant Sandro Bottocelli (1445-1510) : Vierge à l'enfant, Londres, Courtauld

    Copie d'après le Maître du triptyque d’Orléans : Triptyque de la Nativité, New York, Met Museum

    Louis Cane (1943-2024) : Nativité, 2004

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    22 décembre 2025

    Une année tendue pour les relations entre l’État et l’enseignement catholique

    17 min
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    Anne COFFINIER, énarque, normalienne, fondatrice de la Fondation Kairos pour l’innovation éducative, entrepreneur social

    Les questions autour de l’enseignement demeurent étonnamment abrasives, comme ont pu en témoigner les relations aigres-douces, l’épithète est faible, entre l’enseignement libre et l’État au fil d’une année 2025 dominée par une série d’épisodes conflictuels. Ces relations compliquées touchent aussi bien l’école hors contrat que sous contrat. L’affaire Bétharram a cristallisé des passions. Les abus commis lors d’inspections d’établissements par l’Éducation nationale a semblé marquer une volonté de raviver une guerre scolaire dont on peut se demander si celle-ci relève tout autant de l’urgence que de la nécessité. À cela s’est ajouté le bras de fer à propos du forfait d’externat que la métropole lyonnaise et la mairie de Paris font mine de ne pas vouloir verser, alors que la loi les y oblige. Plus largement, l’État ou ceux qui utilisent son pouvoir s’agacent des performances de l’enseignement catholique, moins cher er dans lequel les Français ont de plus en plus tendance à faire confiance.

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    19 décembre 2025

    La haine antichrétienne dans l'UE a un caractère systémique

    17 min
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    Thibault van den BOSSCHE, juriste à ECLJ (Centre européen pour le droit et la justice), chargé de plaidoyer au soutien des chrétiens persécutés, diplômé de l’Université Senghor à Alexandrie

    S’il est venu au monde dans une crèche, c’est que le monde n’en a pas voulu, car on sait qu’il n’y avait de place pour eux, comme le disent les Ecritures. C’est encore vrai 2000 ans plus tard. Malgré tout ce que le christianisme apporte à la société, malgré tout ce que l’Europe lui doit, malgré le fait que le christianisme ne soit plus dominant et accepte de ne plus l’être, une hostilité se manifeste de plus en plus, à la fois à travers des actes antichrétiens et une pression ou une négligence institutionnelle exercée par l’UE, pourtant fondée par des chrétiens. Cet aspect discriminatoire revêt un caractère systémique si l’on songe qu’à l’échelle de l’UE comme de l’ONU ou de l’OSCE, les chrétiens n’ont pas de représentants personnels et aucun rapport n’est publié sur les violences dont ils sont l’objet. L’ONG viennoise OIDAC Europe basée à Vienne (Autriche) a recensé plus de 2200 crimes de haine anti-chrétiens en Europe en 2024. Ces nouvelles données font apparaître un nombre croissant d’incendies criminels contre des églises et une pression juridique accrue sur la liberté de religion à travers l’Europe, sachant que ces statistiques sous-comptabilisent les agressions. Comme les années précédentes, la France demeure le pays où le plus grand nombre de crimes de haine anti-chrétiens ont été recensés. 

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    18 décembre 2025

    Dans un monde sans âme, l'urgence de la beauté

    17 min
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    Christine SOURGINS, historienne de l’art. Auteur de Anatomie de la beauté (Boleine)

    Pourquoi des millions de gens vont-ils à Notre-Dame ? Parce que c’est beau. L’un des traits de notre temps est-il de devoir aller chercher la beauté dans le passé ? Depuis un demi-siècle, un travail de déconstruction l’a rendue infréquentable, impensable, comme si elle relevait du dogmatisme et de l’oppression, alors que, paradoxalement, ceux qui la combattent la jugent indéfinissable et, à tout le moins, relative. On se réjouit des progrès de la médecine, de la rapidité des transports ou de l’autosuffisance alimentaire. On pleure l’absence de beauté qui s’étale partout, de l’architecture à l’ameublement et au vêtement. Le caractère le plus stupéfiant de notre époque, c’est la distorsion entre les moyens dont on dispose et les fins auxquelles on aboutit. En 2007, Christine Sourgins reçut le prix de l’humanisme chrétien pour Les mirages de l’art contemporain (La table ronde). Depuis l’incendie de Notre-Dame, elle mène une réflexion sur la beauté qui fera l’objet de cinq livres aux éditions Boleine. Les deux premiers déjà parus s’intitulent Anatomie de la beauté et Géographie de la beauté. Le premier vise à restaurer les « murs porteurs » de la beauté. Le beau, c’est l’infini rendu sensible dans le fini, selon la formule de Friedrich Schiller. L’Église ne peut rester indifférente à cette notion qui amène l’homme et l’âme à s’élever.

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    17 décembre 2025

    L'Europe, mollusque ou Mohican ?

    17 min
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    Nicole GNESOTTO, vice-présidente de l'Institut Jacques Delors, professeur émérite au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), présidente du conseil d’administration de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Auteur de Fracture dans l'Occident, Comment en est-on arrivé là, comment en sortir ? (Odile Jacob)

    Récemment, dans un grand entretien accordé au site Politico, Donald Trump s’exprimait sur l'Europe, qui selon lui « se délabre » à cause de certains dirigeants « stupides » et d'une politique migratoire trop « politiquement correcte ». L’Europe est un groupe de nations « en déclin » dirigé par des personnes « faibles », a dit le président américain. La nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine entend affaiblir l'Europe en soutenant les populismes en son sein – qui la feront régresser s'ils arrivent au pouvoir. L’Union européenne, née dans les années 50, repose sur trois piliers : le pacifisme, la protection militaire US et le doux commerce cher à Montesquieu. Elle n’est pas armée pour faire face à l’irruption de la guerre, à la défection américaine et au protectionnisme. Comment s’adapter et surtout comment toucher les populations tentées par le vote populiste ? Parallèlement, l’UE est conduite  à faire des entorses à son idéalisme écologique, comme on le voit face à la crise que traverse le secteur automobile et le renoncement, certes très relatif, à imposer aux constructeurs de véhicules de passer au tout-électrique à partir de 2035.

     

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    16 décembre 2025

    Pourquoi l’Ordre moral a-t-il échoué ?

    17 min
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    Olivier DARD, professeur d’histoire contemporaine à Sorbonne Université. A dirigé avec Bruno Dumons l’ouvrage collectif L’Ordre moral - 1873-1877 - royalisme, catholicisme et conservatisme (Cerf)

    Depuis la « libération » tous azimuts des années 60, nos sociétés sont élevées dans la détestation de certains mots, comme l’ordre ou la morale. Quand on associe les deux, on tombe sur une singulière période de notre histoire, survenue après la Commune de Paris. « L’Ordre moral » du maréchal de Mac Mahon servira de repoussoir. De 1873 à 1877, « cette formule est associée à un temps de coalition des droites qui oscille entre restauration monarchique, société chrétienne et conservatisme social », écrit Olivier Dard. Ce moment fut décisif. La monarchie faillit être restaurée avant que la France s’engage dans le tunnel anticlérical de la IIIe République. Les droites légitimistes et orléanistes ne parvinrent point à s’entendre, les Orléanistes étant favorables à des accommodements libéraux tandis que les légitimistes étaient rivés à leur intransigeance anti-révolutionnaire. Reste que L’Ordre moral instaure le Sacré-Cœur où l’on prie de jour comme de nuit depuis 1885. Ce fil continu prouve que l’on sait abolir le temps qui nous sépare de cette période pour se référer à des attitudes qui ne varient pas.

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    15 décembre 2025

    Le père Maurice Rondeau, martyr du nazisme et messager d’espérance

    17 min
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    Marie-Laure GORDIEN, vierge consacrée du diocèse de Meaux, adjointe diocésaine en pastorale pour l’enseignement catholique en Seine-et-Marne, co-auteure avec Timothée Croux du livre Le bienheureux Maurice Rondeau, témoin ardent du Christ pour ses compatriotes (Yeshoua éditions)

    50 martyrs du nazisme ont été béatifiés samedi à Notre-Dame de Paris au cours d’une cérémonie solennelle. Cet événement survenait 80 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et faisait écho au jubilé des détenus. Leur moyenne d’âge ne dépassait pas 30 ans ; ils étaient prêtres, religieux, séminaristes et surtout laïcs. Tous devinrent des « martyrs de l’apostolat catholique en Allemagne ». Maurice Rondeau fut l’un des plus connus. Prêtre du diocèse de Meaux, décoré en mai 1940, prisonnier dans un stalag, il participe ensuite à la mission Saint-Paul, cette organisation discrète visant à soutenir humainement et spirituellement les ouvriers du STO. Il posa des actes de courage et son action cachée au service du Christ témoigne d’une générosité inouïe et résiste à l’épreuve du temps. Car c’est moins une page d’histoire qu’un témoignage de vie, ici et maintenant. À peine libéré, Maurice Rondeau meurt le 3 mai 1945 dans un hôpital de Bavière.

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    12 décembre 2025

    Faut-il avoir peur de la fin des temps ?

    17 min
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    Père Charles BONIN, prêtre du diocèse de Grenoble-Vienne, juriste, ancien commissaire de la Marine, diplômé en droit international public et en théologie dogmatique. Auteur de Faut-il se préparer à la fin des temps ? (Artège)

    Et si on percevait que les choses allaient bientôt finir ici-bas ? Une certaine angoisse autour de l’épuisement de ressources limitées fait poindre la perspective que la planète pourrait cesser de vivre. Mais sortons d’une lecture catastrophiste pour entrer dans la vraie signification eschatologique. Pour les chrétiens, la fin des temps donne un sens à notre finitude, la prolonge vers une finalité qui est le royaume de Dieu. C’est le sens de la réflexion du père Charles Bonin, prêtre du diocèse de Grenoble-Vienne, juriste, ancien commissaire de la Marine, et qui nous emmène sur l’océan de l’Apocalypse. Un océan en ébullition spirituelle dont l'espérance n'est pas absente.

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    11 décembre 2025

    Euthanasie : les Petites Sœurs des Pauvres militent pour étendre l'objection de conscience

    17 min
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    Sœur AGNÈS, médecin chez les Petites Sœurs des Pauvres

    Grégor PUPPINCK, docteur en droit, directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ)

    Alors qu’il n’y a aucune urgence, ni aucune demande sociale réelle, le gouvernement se livre à de l’obstination déraisonnable en voulant faire passer la loi sur la fin de vie avant l’élection présidentielle. Le Sénat examinera les propositions de loi sur l’aide à mourir et les soins palliatifs à partir du 20 janvier. Celle sur les soins palliatifs est consensuelle, l’autre est nettement plus sensible. On imagine mal que les deux lois soient compatibles puisque celle sur l’euthanasie dite de liberté risque d’être liberticide en prévoyant un délit d’entrave de 2 ans de prison et de 30000 euros d'amende, soit la disposition le plus répressive du monde. À trois reprises, l’impéritie politique a retardé cette échéance. Plus on gagne du temps, plus l’opposition à l’euthanasie se structure et plus on mesure les conséquences pour la société tout entière si on lève l’interdit de tuer. Comme pour l’enseignement privé sous contrat, les établissements de soins confessionnels se retrouvent en porte-à-faux : d’un côté, ils sont financés par l’État, de l’autre ils tiennent à leur caractère propre. La moitié des ressources des Petites Sœurs des Pauvres provient de la manne publique mais celles-ci refusent que leurs maisons pratiquent l’euthanasie. Elles ont écrit aux sénateurs pour faire part de leur inquiétude en demandant, si la loi passait, que deux amendements soient ajoutés : l’un sur la possibilité d’une objection de conscience pour tous les personnels de leurs établissements, l’autre sur l’inscription dans la loi d’un refus de pratiquer l’euthanasie. Dans la balance, sœur Agnès n’exclut pas de devoir quitter la France si un compromis de ce type n’était pas trouvé.

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    10 décembre 2025

    La généalogie peut-elle répondre au malaise identitaire ?

    17 min
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    Jean-Louis BEAUCARNOT, généalogiste. Auteur du Dictionnaire amoureux de la généalogie (Plon)

    Dans un monde où tout se vaut et tout se vend, ce qui résiste au marchandisation est pourvu d’une valeur infinie. Le passé en fait partie. La généalogie raconte d’où je viens, de qui je descends. Chaque personne, y compris les sans-abri, les migrants ou les prisonniers, a droit connaître son parcours familial. Ce n’est pas un privilège dynastique. Cette connaissance, sans guérir toutes les blessures, peut aider à surmonter les ruptures. Après la révolution de l’Internet, la généalogie fait face à l’ADN et à l’IA. Ce loisir est un métier exigeant – qui suppose d’être patient et méticuleux. De nos jours, la mondialisation et la mobilité accentuent la pluralité des origines, rendent les filiations plus acrobatiques. Mais, si par exemple un Gabriel Attal est « citoyen du monde », un François Bayrou ne sort quasiment pas du Béarn.

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