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Pierre Durieux | Euthanasie de la loi

Pierre Durieux | Euthanasie de la loi

Un article rédigé par Pierre Durieux - le 28 mai 2025 - Modifié le 28 mai 2025
Point de vuePierre Durieux | Euthanasie de la loi

LE POINT DE VUE DE PIERRE DURIEUX - Ce matin, Pierre Durieux commente le vote d’hier sur la loi relative à "l’aide à mourir."

Pierre Durieux © DRPierre Durieux © DR

Hier, donc, ce n’est pas simplement un vote de 305 députés contre 199 qui s’est produit à l’Assemblée nationale, mais c’est une véritable rupture de civilisation. La France gardera en mémoire la date de 1975 avec la loi pour l’avortement, celle de 1981, avec l’abolition de la peine de mort, et hélas, celle de 2025 avec cette loi qui autorise l’euthanasie et le suicide assisté, sous les habits respectables des mots de l’« aide à mourir »…

Oui, il s’agit assurément d’une rupture, plus grave en un sens, que celle de l’avortement, exactement 50 ans après celle-ci. Car pour l’avortement, on pouvait toujours discuter à l’infini de l’humanité d’un embryon, d’un fœtus… etc. Mais qui peut douter, ici, de l’humanité d’une personne en fin de vie ?

Le serment d’Hippocrate est clairement rompu. Toute notre civilisation s’était construite sur un pacte : celui de vivre ensemble, sur le caractère sacré de la vie humaine, sur le refus absolu du suicide, sur le soutien de la société pour la vie… mais jamais pour la mort !

Désormais la loi est votée

Hélas, mais cette loi sur l’euthanasie… c’est d’abord l’euthanasie de la loi ! Celle de la loi Claeys Leonetti avait été votée à l’unanimité il y a 20 ans ! Qu’est-ce qu’une loi si 20 ans après une unanimité, on la change ? Dans notre société liquide, la loi elle-même est supposée être une colonne vertébrale, mais elle aussi se fluidifie dans le règne de l’insignifiance… C’est un vrai problème !

Mais c’est aussi une source d’espérance, car ce qu’une loi défait, une autre pourrait le refaire ! Qui sait si une nouvelle majorité viendra présenter une option différente de celle adoptée hier ? L’histoire montre que le progressisme ne gagne pas toujours… et que des mouvements de balancier existe !

Comment en sommes-nous arrivés là

Nous avons été distraits. Nous nous sommes laissé submerger. Il y a eu conclave. Il y a eu l’élection de Trump. Il y a la guerre en Ukraine. Il y a celle du Proche Orient.

Moi, je trouve que nous nous sommes laissé voler ce vote.

Oui, bien sûr, certains se sont battus, bien sûr les évêques ont parlé. Bien sûr, je ne dis pas que n’a été fait !

Mais quand même : qu’on compare ce débat avec celui du Mariage pour tous :

Cette fois, pas de manifestation contre l’euthanasie, excepté hier soir quelques courageux veilleurs, tandis que des millions de personnes étaient dans la rue en 2012 !

Cette fois, pas d’appel au jeûne et à la prière, du moins rien dans ma paroisse !

Cette fois, pas de grande pétition, comme celle qui rassembla 690 000 signatures en 2012 !

Oui, le sujet nous a échappé. Nous étions distraits, démobilisés.

Pour nous catholiques, est venu, du coup, le moment de la sécession intérieure.

Je plaide pour ma part pour que des personnalités de premier plan renvoient leur légion d’honneur, pour marquer cette rupture. Cette fois-ci, nous ne pouvons plus !

Dans cette période de dé-civilisation, il nous faudra des saints encore plus saints, des chrétiens plus engagés, capable de tendre la main jusqu’au bout, sans avoir peur d’aimer, de sauver… désormais à leurs risques et périls !

Saint Augustin dit : « Ne dites pas que les temps sont mauvais ! Vous êtes le temps. Soyez bons… et les temps seront bons »

Les amis, il va falloir être… « très bons » !

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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