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[Évangile du dimanche] Exorcisme à la synagogue

[Évangile du dimanche] Exorcisme à la synagogue

RCF, le 23 janvier 2024  -  Modifié le 28 janvier 2024
Enfin une Bonne Nouvelle [Évangile du dimanche] Exorcisme à la synagogue (Mc 1, 21-28)

 

La scène décrite dans l’évangile de ce dimanche a dû être impressionnante. De façon un peu théâtrale, Marc raconte un exorcisme dans la synagogue de Capharnaüm. Un homme "tourmenté par un esprit impur" dit à Jésus : "Je sais qui tu es". Or, prétendre savoir qui est l'autre c'est l'enfermer, le posséder. Et c'est le contraire de la foi, qui n'est pas de l'ordre du savoir...

 

Dans l'évangile de ce dimanche, Jésus se rend à la synagogue pour le shabbat ©Unsplash Dans l'évangile de ce dimanche, Jésus se rend à la synagogue pour le shabbat ©Unsplash

 

Évangile du dimanche 28 janvier (Mc 1, 28-27)

Ils entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. 

Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui.

Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

Source : AELF

 

La scène se passe à Capharnaüm, l’une des villes les plus citées dans les évangiles après Jérusalem, dont le nom signifie "le village du consolateur". Située à deux heures de marche de Nazareth, c’est celle que Jésus choisit pour commencer sa vie publique. Juste avant la scène que décrit Marc ce dimanche, il y a eu l’appel des quatre premiers disciples. Et auparavant, Jésus a été tenté par le diable pendant quarante jours, après son baptême. "Cette victoire qu’il a remportée il vient ensuite l’annoncer à tous et la répandre pour tous", explique le bibliste François Lestang.

 

Qu’est-ce qu’un "esprit impur" ?

Nous sommes un jour de shabbat. Un jour où les Juifs se rendent à la synagogue, pour lire et commenter les textes. Jésus s’inscrit dans la tradition juive de ses pairs mais Marc ne dit pas ce qu'il enseigne. Un peu plus haut, au verset 15, il dit que Jésus annonce le royaume de Dieu. Tout le propos de Marc est de signifier que "c’est la propre présence [de Jésus] qui manifeste déjà ce royaume tout proche", souligne François Lestang.

Or il y a dans la synagogue un homme "tourmenté par un esprit impur". Pour François Lestang, le mot "esprit" renvoie à l’idée de "quelque chose d’invisible qui agite". Quant à "impur", le terme "s’oppose à saint". "C’est-à-dire que pour entrer devant Dieu, il y a cette dimension d’être purifié au sens d’être unifié. On a affaire à quelqu’un qui est profondément divisé, et que l’enjeu de cette impureté, c’est ce mélange, cette division."

On n’explique pas tout des tourments qui agitent cet homme. "Dans l’ensemble, nous dit le bibliste, on entend qu’il y a des causes qui dépassent l’homme, et en particulier il y a des causes qui divisent l’homme. Et là on a cet exemple dont la parole est agressive."

 

Tout l’enjeu de l’évangile de Marc c’est de risquer sa parole, risquer sa foi à la suite de celui qui nous entraîne au-delà de ce que l’on pensait

 

Un exorcisme à la synagogue

"Je sais qui tu es" dit l’homme en question. Des mots forts car savoir qui est l’autre, c’est l’enfermer dans une case, c'est le posséder en un sens. "C’est le contraire de la foi, considère le bibliste, parce que tout l’enjeu de l’évangile de Marc c’est de risquer sa parole, risquer sa foi à la suite de celui qui nous entraîne au-delà de ce que l’on pensait, ce Jésus."

Certes, il a raison de dire que Jésus est "le saint de Dieu" mais "ce n’est pas de l’ordre du savoir". Croire et suivre le Christ c'est aller à sa suite dans "une nouvelle réalité qui est celle du royaume". ainsi pour François Lestang, « le "je sais qui tu es" bloque la relation ».

La scène a dû être impressionnante, elle fait penser aujourd’hui à des films d’horreur comme "L’Exorciste". "C’est vrai que c’est très théâtral, très manifeste", admet François Lestang. Mais pour lui, "le plus important c’est la fin" de la scène. Désormais "l’esprit qui prétendait savoir" est parti et "l’homme est libre pour pouvoir entendre la parole de Jésus".

 

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