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L'évolution de la figure du diable à travers les écritures
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L'évolution de la figure du diable à travers les écritures

Un article rédigé par Noémie Marijon - RCF, le 10 mars 2022  -  Modifié le 14 mars 2022
Nos frères aînés L' évolution de la figure du diable à travers les écritures

"Il fut conduit à travers le désert où pendant quarante jours il fut tenté par le diable". Satan, bélial, béliar ou mastema : qui est le diable ? D'abord un simple nom commun puis figure légitime du tribunal divin et enfin tentateur du Christ, le père de Martin, prêtre sulpicien et professeur d'exégèse à la faculté de théologie de Lyon, nous explique l'évolution de la signification du mot diable et les fonctions de ce dernier dans les écritures.

Peter Paul Rubens. La Chute des Anges rebelles. Alte Pinakothek, Munich, 1620. Peter Paul Rubens. La Chute des Anges rebelles. Alte Pinakothek, Munich, 1620.

Quand le terme diable apparaît-il dans la Bible ?

 

Pour comprendre les origines du terme "diable" il faut chercher du côté de la Bible grecque notamment dans le livre de la Sagesse au chapitre II, verset 24 où on mentionne le diable pour la première fois : "c'est par l'envie du diable que la mort est entrée dans le monde". On associe directement le terme à "un homicide" précise le père de Martin "le diable c'est un tueur".

 

On retrouve également le terme dans la bible hébraïque traduite en grec, la "septante", dix sept fois très exactement. "Le terme hébreux principal qui est traduit par diabolos c'est évidemment satan" explique le père sulpicien.

 

Que signifie le mot diable ?

 

Pour le père de Martin, le diable c'est l'opposé du symbole. "Le symbole, "symbolos" c'est ce qui est relié ensemble, le diabolos c'est l'inverse, c'est celui qui désunit, qui sépare, donc on pourrait le traduire par le diviseur. Et en grec classique [...] ça peut désigner un mode de division qui est la calomnie, donc le diabolos c'est un médisant, un calomniateur".

 

En hébreux, le mot satan a une signification différente. Initialement satan est un nom commun, ce n'est pas une personne. C'est un adversaire. Ce qui veut dire que n'importe qui peut être un satan. Petit à petit le terme va se spécialiser et désigner "l'adversaire de l'accusé au tribunal, c'est à dire le procureur" qu'on appelle "le satan". On retrouve une de ces scènes dans le livre de Zacharie où l'on voit le grand prêtre Josué comparaître au tribunal divin et être accusé par le satan. A ce stade là, le satan est une fonction tout à fait légitime du tribunal divin, autorisée par Dieu.

 

Il n'est plus l'adversaire de l'accusé comme c'était sa fonction au départ, il est l'adversaire de Dieu et des Hommes

L'ange déchu

 

Au fur et à mesure des siècle, le diable n'est plus uniquement une figure angélique hiérarchique mais il devient un personnage rebelle qu'on retrouve dans la littérature apocalyptique. Il prend alors d'autres noms comme bélial, béliar ou mastema. C'est une figure hostile, "un ange déchu" qui détruit l'oeuvre de Dieu. "Là, il n'est plus l'adversaire de l'accusé comme c'était sa fonction au départ, il est l'adversaire de Dieu et des Hommes" explique le père de Martin. On va notamment le retrouver dans le récit de la tentation de Jésus au désert où le diable essaye, sans succès, de détourner le Christ de sa mission en lui proposant le pouvoir et la nourriture par exemple.

 

 

 

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