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Skier sans voiture, une alternative qui tient la route ?
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Skier sans voiture, une alternative qui tient la route ?

Un article rédigé par Violaine Rey - RCF Haute-Savoie, le 15 février 2024  -  Modifié le 16 février 2024
Commune Planète Pour limiter son empreinte carbone, il part skier... sans voiture !

Si dévaler une piste de ski n’a que peu d’impact sur l’environnement, les milliers de voitures qui circulent dans les stations durant l’hiver font grimper en flèche le bilan carbone de la montagne. 
Mais peut-on s’en passer ? Les transports en commun, peuvent-ils prendre le relais de l’autosolisme ? Décryptage.
 

Tim Hoepfner a tenté un périple entre nos stations... sans voiture ! - © Basile Stumpert Tim Hoepfner a tenté un périple entre nos stations... sans voiture ! - © Basile Stumpert

Le transport, principal poste de pollution

 

Pour se rendre en stations, rares sont ceux qui choisissent les navettes, le train ou les transports par câbles : le grand réflexe reste, encore aujourd’hui, d’utiliser sa voiture. 
Mais polluante et surtout peu rentable, elle fait grimper significativement les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES). Ainsi le transport représenterait, à minima, 60 % du bilan carbone des domaines skiables. 
Des données dévoilées en 2009 par l’ANMSM, mais jamais actualisées depuis et qui laissent craindre aux associations de protection de l'environnement un bilan bien plus sombre.
En 2022, La Plagne faisait partie des rares stations à rendre public son bilan carbone et le résultat est sans appel : 62 % des émissions de GES sont dues au transport, 20 % à l’alimentation des visiteurs. Le domaine skiable en lui-même (damage, énergies, infrastructures) ne représente que 9 % du bilan total.

Et en pratique ? 

 

En chiffres, il semblerait qu’entre 2009 et 2022, rien n’ait changé. Alors qu'en est il est il en pratique ? 
Tim Hoepfner, un jeune étudiant strasbourgeois, s’est posé la question et a fini par se lancer un défi : skier durant une semaine, chaque jour dans une station différente et sans voiture. “Le but, c’était de privilégier les transports verts : les transports de masse, les transports en commun, mais aussi l'autopartage, tout ce qui sort de l’utilisation personnelle de la voiture” raconte-t-il. Si le jeune homme a réussi à boucler son périple, son retour d’expérience est plus nuancé : dans les faits, il a de nombreuses fois été obligé de faire du stop, les transports en commun n’étant pas suffisant. “Pour aller à Sainte-Foy, il y en avait une seule (de navette) qui partait de Bourg-Saint-Maurice et c’était à 16 h”, raconte-t-il. “Donc on ne pouvait pas aller sur les pistes puisque la navette arrivait à 17 h”.

L'étudiant est notamment passé à Saint-Foy en Tarentaise - © Basile Stumpert
L'étudiant est notamment passé à Saint-Foy en Tarentaise - © Basile Stumpert

Autre difficulté, les tarifs : pour venir de Strasbourg, il a utilisé le train, un moyen de déplacement bien plus cher que la voiture, surtout si elle compte 4 à 5 passagers. 
Tim Hoepfner insiste, il ne veut pas faire de morale et rappelle que certaines stations font des efforts conséquents, mais il regrette, malgré tout, qu'ils ne soient pas suffisants. “C’est une démarche à la marge, une famille ne fera jamais ce que j’ai fait (...) le coût est exorbitant sur les billets de train et elles n’auront pas la possibilité de faire du stop, elles vont devoir passer par un taxi ou autre”.
Pour séduire le plus grand nombre et inciter la population à choisir les transports en commun, stations et collectivités locales sont donc dans l’obligation de développer davantage les offres et leurs réseaux.

 

L’actu en bref

  • Les vacances sont là… Mais la neige se fait rare. À marche forcée, les stations de moyennes altitudes sont obligées de se réinventer.
  • Les communes à l’heure de la loi APER. Avant le 31 mars, elles doivent détailler leur feuille de route pour participer au grand coup de collier écologique décidé par l’Etat

 

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