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Floraine Jullian - En Nouvelle-Zélande, retrouver la paix après les attentats de Christchurch
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Floraine Jullian - En Nouvelle-Zélande, retrouver la paix après les attentats de Christchurch

RCF, le 14 novembre 2022  -  Modifié le 14 novembre 2022
"Le temps des olives", la chronique interreligieuse En Nouvelle-Zélande, retrouver la paix après les attentats de Christchurch

Il y a deux semaines, je vous partageais l’histoire de Moran et d’Assad Chaftari qui œuvrent en Israël, Palestine et au Liban pour démontrer que la guerre n’est pas une solution au conflit. La semaine dernière, Anne vous expliquait la puissance de l’outil interconvictionnel. Cette semaine, et certainement parce que la date nous y invite, j’aimerais vous partager quelques pépites de paix qui ont émergées à la suite d'événements tragiques. Lorsque nous avons, avec Adèle Abderrahim et Vincent, choisi les pays que nous allions visiter à l’occasion de notre tour du monde, nous sommes très rapidement tombés d’accord sur notre souhait d’aller en Nouvelle-Zélande.

Floraine Jullian ©photo de profil LinkedIn Floraine Jullian ©photo de profil LinkedIn

Le 15 mars 2019, un terroriste australien d’extrême-droite a ouvert le feu sur les deux mosquées à Christchurch, et tué 51 personnes. Et si nous avons décidé de nous y rendre, c’est pour comprendre : qu’est-ce qui permet à un peuple de réagir au pire de manière si positive ? Quels sont les ingrédients qui permettent à une société de ne pas basculer dans le repli quand l’identité d’une de ses communautés est attaquée de la manière la plus violente qui soit ? 

 

Pour répondre à cette question, nous nous sommes entretenus avec Ibrahim Abdelhalim, qui menait la prière dans la mosquée de Linwood lors de l’attaque. Il s’est retrouvé face à l’assaillant et a malheureusement vu de nombreux proches à lui s’en aller ce jour-là. Nous avons été touchés par sa résilience et sa capacité de réflexion : il nous a dit ne ressentir aucune haine envers la personne ayant commis les attentats, mais au contraire un sentiment de responsabilité partagé avec toute la société qui n’a pas su l’éduquer et l’accompagner pour éviter sa radicalisation violente. 

 

Il nous a expliqué comment les initiatives en faveur de la paix qui se sont multipliées partout dans le pays à la suite de cet événement tragique avait participé à l’apaiser. Et c’est vrai que des initiatives, il y en a eues. Le lendemain des attentats, des citoyens de la ville se sont rassemblés autour des mosquées et ont fait une chaîne humaine en signe de solidarité et pour sécuriser les musulmans pendant leur prière. La semaine suivante, entre 20 et 30.000 personnes se sont rassemblées dans un parc pour rendre hommage aux victimes et faire acte de fraternité et de sororité. La semaine suivante, de nombreux habitants de la ville ont planté dans leur jardin un panneau traduit en six langues où l’on pouvait lire :  "Peu importe d’où vous venez, nous sommes heureux que vous soyez nos voisins."

 

Pendant ce temps-là, de l’autre côté du pacifique aux États-Unis, les victimes juives de la fusillade de la synagogue de Pittsburgh en 2018 ont organisé une collecte de fonds et récolté plus de 100.000 dollars à destination des victimes néo-zélandaises. Dans les mois qui ont suivi les attaques, le gouvernement a entamé une réflexion sur la lutte contre le repli identitaire dans les destinations des manuels scolaires. À cette occasion, le gouvernement néo-zélandais nous a même interrogé lors de notre passage chez eux pour comprendre comment notre projet de voyage pouvait les nourrir dans leurs réflexions.

 

Lorsque nous étions chez lui, Ibrahim nous a montré les centaines de dessins qu’il a spontanément reçus dans les jours et les semaines qui ont suivi l’attaque et qui ont apporté beaucoup d’amour dans son cœur profondément endeuillé. Si je vous parle de cette rencontre ce matin, ce n’est pas pour vous dire qu’il y a une seule bonne manière de réagir face à ces évènements tragiques. 

 

Par contre, je pense que la société, elle, a une responsabilité. Celle de placer l’amour bien au-dessus de la peur et de la haine. Celle de mettre à notre portée à tous et toutes des outils pour y parvenir. C’est d'ailleurs pour ça que j’ai décidé à la fin de mes études de partir faire ce tour du monde avec Adèle, Abderrahim et Vincent. Pour aller rencontrer de nouvelles pratiques inspirantes qui pourraient nous aider ici à consolider nos liens et à construire une société imperméable à la haine de l’autre.

 

En guise de conclusion, j'aimerais vous inviter à identifier ce que vous pourriez faire cette semaine pour apporter un peu de douceur et d’amour autour de vous. Une fois que vous aurez trouvé, lancez-vous ! Parce que s’il y a un bien une chose que ce tour du monde m’a appris et que je ne risque pas d’oublier c’est qu’on aurait tort de sous-estimer le pouvoir de l’amour !

 

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