
C'est notre histoire RCF - page 2
Historiens et archivistes de l'État, Laetizia Puccio et Bernard Wilkin nous plongent au cœur de l'Histoire locale, nationale ou internationale. À travers une approche dynamique et éclairée, ils décryptent les archives, explorent les grandes thématiques du passé et accueillent des spécialistes pour éclairer notre mémoire commune.
Diffusion sur RCF Liège le jeudi à 16h et en rediffusion le vendredi à 4h30 et le samedi à 23h30.
Episodes
19 mars 2026Pierre Clerdent et la Résistance liégeoise : une conférence de Fr. Balace (3/4)
Au XXe siècle, peu de personnalités ont autant marqué la région liégeoise que Pierre Clerdent. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, gouverneur pendant près de vingt ans et acteur majeur du développement économique wallon, il incarne « Une certaine idée du Pays de Liège ». L’asbl CELIDA et les Archives de l’État à Liège lui consacrent un cycle de six conférences tirées de l’ouvrage paru aux éditions Marot en 2024 sous la direction de Br. Demoulin et l’égide de la Fondation Simone et Pierre Clerdent.
Né à Liège en 1909, Clerdent étudie le droit à l’Université de Liège avant de devenir avocat. Mais l’invasion allemande de 1940 bouleverse son destin. Très tôt, il s’engage dans la résistance et participe à la création de l’Armée de la Libération. Sous le pseudonyme « Max », il dirige ce réseau dans la région liégeoise. L’organisation aide des personnes traquées par l’occupant, comme les Juifs ou les réfractaires au travail obligatoire, et prépare la prise de contrôle de bâtiments stratégiques au moment de la Libération.
Après la guerre, Clerdent devient une figure centrale de la vie publique. En 1945, il prend la tête du Conseil national de la Résistance, avant d’entamer une longue carrière administrative et politique. Il est d’abord gouverneur de la province de Luxembourg, puis gouverneur de la province de Liège de 1953 à 1971.
Durant ces années, il joue un rôle actif dans la reconstruction et le développement économique de la région. Il soutient notamment le développement du port de Liège, de l’aéroport de Bierset et de nouvelles infrastructures destinées à moderniser l’économie wallonne. Clerdent s’engage aussi dans la transmission de la mémoire de la résistance. C’est notamment sous son impulsion qu’est inauguré en 1955 le monument national de la Résistance au parc d’Avroy, à Liège.
Jusqu’à la fin de sa vie, Pierre Clerdent restera associé à l’histoire politique, économique et mémorielle de la région. Son parcours illustre celui d’une génération marquée par la guerre, mais déterminée à reconstruire et à transformer la Wallonie.Droits image: RCF Liège
12 mars 2026Pierre Clerdent et la Résistance liégeoise : une conférence de Fr. Balace (2/4)
Au XXe siècle, peu de personnalités ont autant marqué la région liégeoise que Pierre Clerdent. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, gouverneur pendant près de vingt ans et acteur majeur du développement économique wallon, il incarne « Une certaine idée du Pays de Liège ». L’asbl CELIDA et les Archives de l’État à Liège lui consacrent un cycle de six conférences tirées de l’ouvrage paru aux éditions Marot en 2024 sous la direction de Br. Demoulin et l’égide de la Fondation Simone et Pierre Clerdent.
Né à Liège en 1909, Clerdent étudie le droit à l’Université de Liège avant de devenir avocat. Mais l’invasion allemande de 1940 bouleverse son destin. Très tôt, il s’engage dans la résistance et participe à la création de l’Armée de la Libération. Sous le pseudonyme « Max », il dirige ce réseau dans la région liégeoise. L’organisation aide des personnes traquées par l’occupant, comme les Juifs ou les réfractaires au travail obligatoire, et prépare la prise de contrôle de bâtiments stratégiques au moment de la Libération.
Après la guerre, Clerdent devient une figure centrale de la vie publique. En 1945, il prend la tête du Conseil national de la Résistance, avant d’entamer une longue carrière administrative et politique. Il est d’abord gouverneur de la province de Luxembourg, puis gouverneur de la province de Liège de 1953 à 1971.
Durant ces années, il joue un rôle actif dans la reconstruction et le développement économique de la région. Il soutient notamment le développement du port de Liège, de l’aéroport de Bierset et de nouvelles infrastructures destinées à moderniser l’économie wallonne. Clerdent s’engage aussi dans la transmission de la mémoire de la résistance. C’est notamment sous son impulsion qu’est inauguré en 1955 le monument national de la Résistance au parc d’Avroy, à Liège.
Jusqu’à la fin de sa vie, Pierre Clerdent restera associé à l’histoire politique, économique et mémorielle de la région. Son parcours illustre celui d’une génération marquée par la guerre, mais déterminée à reconstruire et à transformer la Wallonie.
Droits image: © ASBL CELIDA et Les Archives de l'Etat belge
5 mars 2026Francis Balace (1/4)
Au XXᵉ siècle, peu de personnalités ont autant marqué la région liégeoise que Pierre Clerdent. Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, gouverneur pendant près de vingt ans et acteur majeur du développement économique wallon, il incarne « Une certaine idée du Pays de Liège ». L’asbl CELIDA et les Archives de l’État à Liège lui consacrent un cycle de six conférences tirées de l’ouvrage paru aux éditions Marot en 2024 sous la direction de Br. Demoulin et l’égide de la fondation Simone et Pierre Clerdent.
Né à Liège en 1909, Clerdent étudie le droit à l’université de Liège avant de devenir avocat. Mais l’invasion allemande de 1940 bouleverse son destin. Très tôt, il s’engage dans la résistance et participe à la création de l’Armée de la Libération. Sous le pseudonyme « Max », il dirige ce réseau dans la région liégeoise. L’organisation aide des personnes traquées par l’occupant, comme les Juifs ou les réfractaires au travail obligatoire, et prépare la prise de contrôle de bâtiments stratégiques au moment de la Libération.
Après la guerre, Clerdent devient une figure centrale de la vie publique. En 1945, il prend la tête du Conseil national de la Résistance, avant d’entamer une longue carrière administrative et politique. Il est d’abord gouverneur de la province de Luxembourg, puis gouverneur de la province de Liège de 1953 à 1971.
Durant ces années, il joue un rôle actif dans la reconstruction et le développement économique de la région. Il soutient notamment le développement du port de Liège, de l’aéroport de Bierset et de nouvelles infrastructures destinées à moderniser l’économie wallonne. Clerdent s’engage aussi dans la transmission de la mémoire de la résistance. C’est notamment sous son impulsion qu’est inauguré en 1955 le monument national de la Résistance au parc d’Avroy, à Liège.
Jusqu’à la fin de sa vie, Pierre Clerdent restera associé à l’histoire politique, économique et mémorielle de la région. Son parcours illustre celui d’une génération marquée par la guerre, mais déterminée à reconstruire et à transformer la Wallonie.
Droits image: Couverture du livre "Une certaine idée du Pays de Liège", DR
26 février 2026L'avortement à Liège au XIXe siècle (2/2)
L’interview présente le travail réalisé par trois étudiantes de l'ULiège, Alix Giet, Ninon Gavage et Lisy Thonart, qui se sont penchées sur l’histoire de l’avortement à Liège au XIX? siècle lors d'un séminaire donné par Ninon Dubourg.
Elles expliquent avoir choisi ce sujet parce qu’il éclaire à la fois l’histoire du corps, du droit et des femmes. Leur recherche s’appuie sur des notes de cours de médecine de la fin du siècle ainsi que sur deux archives judiciaires, sources parfois techniques, moralisatrices ou lacunaires. Elles ont été particulièrement frappées par l’écart entre la condamnation officielle de l’avortement et sa fréquence réelle, estimée à une femme sur douze au premier trimestre.
Elles rappellent que l’avortement était perçu comme un crime moral et public, fortement influencé par le poids religieux de l’époque. Malgré cela, les pratiques persistaient et se déroulaient dans la clandestinité. La médecine distinguait plusieurs types d’avortement — spontané, accidentel, provoqué — ce qui révèle à la fois une volonté de classification et les limites du savoir médical, encore empreint de jugements éthiques.
Les notes de cours montrent que les étudiants en médecine apprenaient déjà des techniques abortives, signe d’un rôle ambivalent du corps médical, pris entre impératifs moraux et réalités de terrain. Certaines interruptions de grossesse étaient justifiées pour sauver la mère, et la fréquence élevée des avortements s’explique par l’absence de contraception, la précarité et la stigmatisation sociale. Les méthodes utilisées étaient variées mais souvent dangereuses, exposant les femmes à de graves complications.
L’étude des procès de 1845 et 1861 révèle que les accusations visaient autant les femmes que les personnes de leur entourage. La justice oscillait entre punition, stigmatisation et indifférence, souvent en fonction du statut social. Ces affaires montrent une société où l’avortement était à la fois omniprésent et dissimulé, parfois entouré d’entraide féminine, parfois marqué par un profond isolement. Les profils des femmes concernées étaient divers, même si les plus pauvres restaient plus vulnérables.
Enfin, les chercheuses mettent en perspective leur travail avec les débats contemporains, rappelant que la Belgique n’inscrit pas l’avortement dans sa Constitution. L’histoire qu’elles ont explorée montre que la répression n’a jamais empêché la pratique et que les enjeux de santé, d’accès et d’autonomie restent centraux. Cette plongée dans les archives leur a permis de saisir des fragments de vies souvent effacées, révélant la complexité et la force des trajectoires de femmes confrontées à des choix difficiles.
Le résultat de leur travail a été publié en ligne sur la plateforme «hypothèses.org» donnant ainsi un accès aux documents d’archives et à leur démarche d’historiennes.Droits image: ©RCF Liège
19 février 2026L'avortement à Liège au XIXe siècle (1/2)
L’interview présente le travail réalisé par trois étudiantes de l'ULiège, Alix Giet, Ninon Gavage et Lisy Thonart, qui se sont penchées sur l’histoire de l’avortement à Liège au XIX? siècle lors d'un séminaire donné par Ninon Dubourg.
Elles expliquent avoir choisi ce sujet parce qu’il éclaire à la fois l’histoire du corps, du droit et des femmes. Leur recherche s’appuie sur des notes de cours de médecine de la fin du siècle ainsi que sur deux archives judiciaires, sources parfois techniques, moralisatrices ou lacunaires. Elles ont été particulièrement frappées par l’écart entre la condamnation officielle de l’avortement et sa fréquence réelle, estimée à une femme sur douze au premier trimestre.
Elles rappellent que l’avortement était perçu comme un crime moral et public, fortement influencé par le poids religieux de l’époque. Malgré cela, les pratiques persistaient et se déroulaient dans la clandestinité. La médecine distinguait plusieurs types d’avortement — spontané, accidentel, provoqué — ce qui révèle à la fois une volonté de classification et les limites du savoir médical, encore empreint de jugements éthiques.
Les notes de cours montrent que les étudiants en médecine apprenaient déjà des techniques abortives, signe d’un rôle ambivalent du corps médical, pris entre impératifs moraux et réalités de terrain. Certaines interruptions de grossesse étaient justifiées pour sauver la mère, et la fréquence élevée des avortements s’explique par l’absence de contraception, la précarité et la stigmatisation sociale. Les méthodes utilisées étaient variées mais souvent dangereuses, exposant les femmes à de graves complications.
L’étude des procès de 1845 et 1861 révèle que les accusations visaient autant les femmes que les personnes de leur entourage. La justice oscillait entre punition, stigmatisation et indifférence, souvent en fonction du statut social. Ces affaires montrent une société où l’avortement était à la fois omniprésent et dissimulé, parfois entouré d’entraide féminine, parfois marqué par un profond isolement. Les profils des femmes concernées étaient divers, même si les plus pauvres restaient plus vulnérables.
Enfin, les chercheuses mettent en perspective leur travail avec les débats contemporains, rappelant que la Belgique n’inscrit pas l’avortement dans sa Constitution. L’histoire qu’elles ont explorée montre que la répression n’a jamais empêché la pratique et que les enjeux de santé, d’accès et d’autonomie restent centraux. Cette plongée dans les archives leur a permis de saisir des fragments de vies souvent effacées, révélant la complexité et la force des trajectoires de femmes confrontées à des choix difficiles.
Le résultat de leur travail a été publié en ligne sur la plateforme «hypothèses.org» donnant ainsi un accès aux documents d’archives et à leur démarche d’historiennes.Droits image: ©RCF Liège
12 février 2026Le paysage hospitalier à Liège à la fin du Moyen Âge (2/2)
Ninon Dubourg est titulaire d’un doctorat obtenu en 2019 à l’Université de Paris-Cité, puis a bénéficié successivement d’un financement postdoctoral FRS-FNRS à l’Université de Liège (2021-2024) et d’une bourse Alexander von Humboldt à l’Université de Cologne. Ses travaux portent sur les handicaps physiques et mentaux dans l’Europe médiévale, tant dans les milieux laïcs que cléricaux, entre les XII? et XVI? siècles. Elle s’appuie principalement sur l’analyse des suppliques et lettres pontificales conservées dans les Archives apostoliques du Vatican, des sources qui éclairent la manière dont l’Église percevait et encadrait les situations de handicap à cette époque.
Elle développe aussi des recherches autour des masculinités médiévales, de la médecine, du droit canonique, de l’identité handicapée et des divers âges de la vie. Elle participe activement à plusieurs réseaux scientifiques, dont le Réseau jeunes chercheurs Handicap(s) et Sociétés (EHESS), et anime le blog de recherche History of Disease, Disability & Medicine in Medieval Europe, qu’elle dirige.
Le projet Aging in Liège – A History of Old Age at a City Scale (15th–16th centuries) constitue une contribution majeure à l’histoire sociale de la ville de Liège. Ce travail s’appuie sur les archives de cinq institutions liégeoises impliquées dans les soins aux personnes âgées, dont l’analyse permet de retracer leur fonctionnement, leur organisation interne et leurs équilibres financiers. L’objectif du projet est de produire une histoire économique, urbaine et sociale de la vieillesse dans la ville à la charnière du Moyen Âge et de l’époque moderne. Même si ce projet ne vise pas à étudier directement la topographie des hôpitaux liégeois, il éclaire la manière dont ces institutions d’assistance – hospices, maisons Dieu, établissements hospitaliers – s’inscrivaient dans le tissu urbain. Les structures étudiées par Ninon Dubourg remplissent en effet des fonctions analogues à celles des hôpitaux médiévaux traditionnels?: accueil des pauvres, des personnes âgées, des malades et des individus vulnérables. Leur localisation, leurs missions et leurs ressources contribuent ainsi à comprendre le paysage hospitalier liégeois dans sa dimension sociale et institutionnelle.
Pour situer les travaux de Ninon Dubourg dans une perspective plus large, il est utile de rappeler que les recherches historiques sur les hôpitaux de Liège – notamment celles de Michel Pauly et Pierre de Spiegeler – montrent une répartition différenciée des établissements hospitaliers dans la ville au Moyen Âge. Les xenodochia, généralement situés au cœur de la cité ou dans l’ensemble épiscopal, accueillaient surtout les pauvres et les malades urbains, tandis que les hospitalia, souvent placés aux entrées de la ville et le long des routes, étaient destinés aux voyageurs et pèlerins. Ces travaux précisent par exemple que le premier hôpital de la cathédrale, fondé vers 1118-1119, se situait directement sur la place du marché, avant d’être remplacé par un établissement plus vaste. Cette structuration spatiale donne un cadre d’interprétation essentiel au travail de Ninon Dubourg?: les institutions qu’elle étudie s’inscrivent dans un réseau hospitalier liégeois déjà pluriel, structuré et réparti en fonction des besoins urbains. Son approche par l’analyse des archives institutionnelles enrichit donc l’histoire de ce paysage hospitalier en éclairant les pratiques quotidiennes, les publics concernés et la réalité sociale des soins.
Ninon Dubourg s’impose comme une spécialiste de l’histoire du handicap, de la vieillesse et des institutions de soins dans l’Europe médiévale. Par ses travaux sur les suppliques pontificales, elle renouvelle notre compréhension de la manière dont les sociétés médiévales concevaient et géraient les situations de vulnérabilité. Son projet Aging in Liège apporte un éclairage précieux sur les institutions d’assistance de la ville?: en analysant leur fonctionnement et leur rôle social, Ninon DubourgDroits image: RCF Liège
5 février 2026Le paysage hospitalier à Liège à la fin du Moyen Âge (1/2)
Ninon Dubourg est titulaire d’un doctorat obtenu en 2019 à l’Université de Paris-Cité, puis a bénéficié successivement d’un financement postdoctoral FRS-FNRS à l’Université de Liège (2021-2024) et d’une bourse Alexander von Humboldt à l’Université de Cologne. Ses travaux portent sur les handicaps physiques et mentaux dans l’Europe médiévale, tant dans les milieux laïcs que cléricaux, entre les XII? et XVI? siècles. Elle s’appuie principalement sur l’analyse des suppliques et lettres pontificales conservées dans les Archives apostoliques du Vatican, des sources qui éclairent la manière dont l’Église percevait et encadrait les situations de handicap à cette époque.
Elle développe aussi des recherches autour des masculinités médiévales, de la médecine, du droit canonique, de l’identité handicapée et des divers âges de la vie. Elle participe activement à plusieurs réseaux scientifiques, dont le Réseau jeunes chercheurs Handicap(s) et Sociétés (EHESS), et anime le blog de recherche History of Disease, Disability & Medicine in Medieval Europe, qu’elle dirige.
Le projet Aging in Liège – A History of Old Age at a City Scale (15th–16th centuries) constitue une contribution majeure à l’histoire sociale de la ville de Liège. Ce travail s’appuie sur les archives de cinq institutions liégeoises impliquées dans les soins aux personnes âgées, dont l’analyse permet de retracer leur fonctionnement, leur organisation interne et leurs équilibres financiers. L’objectif du projet est de produire une histoire économique, urbaine et sociale de la vieillesse dans la ville à la charnière du Moyen Âge et de l’époque moderne. Même si ce projet ne vise pas à étudier directement la topographie des hôpitaux liégeois, il éclaire la manière dont ces institutions d’assistance – hospices, maisons Dieu, établissements hospitaliers – s’inscrivaient dans le tissu urbain. Les structures étudiées par Ninon Dubourg remplissent en effet des fonctions analogues à celles des hôpitaux médiévaux traditionnels?: accueil des pauvres, des personnes âgées, des malades et des individus vulnérables. Leur localisation, leurs missions et leurs ressources contribuent ainsi à comprendre le paysage hospitalier liégeois dans sa dimension sociale et institutionnelle.
Pour situer les travaux de Ninon Dubourg dans une perspective plus large, il est utile de rappeler que les recherches historiques sur les hôpitaux de Liège – notamment celles de Michel Pauly et Pierre de Spiegeler – montrent une répartition différenciée des établissements hospitaliers dans la ville au Moyen Âge. Les xenodochia, généralement situés au cœur de la cité ou dans l’ensemble épiscopal, accueillaient surtout les pauvres et les malades urbains, tandis que les hospitalia, souvent placés aux entrées de la ville et le long des routes, étaient destinés aux voyageurs et pèlerins. Ces travaux précisent par exemple que le premier hôpital de la cathédrale, fondé vers 1118-1119, se situait directement sur la place du marché, avant d’être remplacé par un établissement plus vaste. Cette structuration spatiale donne un cadre d’interprétation essentiel au travail de Ninon Dubourg?: les institutions qu’elle étudie s’inscrivent dans un réseau hospitalier liégeois déjà pluriel, structuré et réparti en fonction des besoins urbains. Son approche par l’analyse des archives institutionnelles enrichit donc l’histoire de ce paysage hospitalier en éclairant les pratiques quotidiennes, les publics concernés et la réalité sociale des soins.
Ninon Dubourg s’impose comme une spécialiste de l’histoire du handicap, de la vieillesse et des institutions de soins dans l’Europe médiévale. Par ses travaux sur les suppliques pontificales, elle renouvelle notre compréhension de la manière dont les sociétés médiévales concevaient et géraient les situations de vulnérabilité. Son projet Aging in Liège apporte un éclairage précieux sur les institutions d’assistance de la ville?: en analysant leur fonctionnement et leur rôle social, Ninon DubourgDroits image: RCF Liège
29 janvier 2026Alain Bronckart, parcours d'artiste (2)
Alain Bronckart est un chroniqueur et artiste liégeois, momallois plus exactement : peintre, dessinateur, sculpteur, animateur, commissaire d’expositions et galeriste, sa carrière dépeint un personnage curieux, philanthrope, fonceur et créatif. Avec passion et beaucoup d’humour, il revient avec nous sur son parcours et son œuvre, inspirée essentiellement de la nature; une histoire touchante, engagée et résolument tournée vers les autres.Droits image: RCF Liège
22 janvier 2026Alain Bronckart, parcours d'artiste (1)
Alain Bronckart est un chroniqueur et artiste liégeois, momallois plus exactement : peintre, dessinateur, sculpteur, animateur, commissaire d’expositions et galeriste, sa carrière dépeint un personnage curieux, philanthrope, fonceur et créatif. Avec passion et beaucoup d’humour, il revient avec nous sur son parcours et son œuvre, inspirée essentiellement de la nature ; une histoire touchante, engagée et résolument tournée vers les autres.Droits image: RCF Liège
15 janvier 2026Les Républicains belges II
Pourquoi la Belgique n’est-elle pas devenue une république en 1830 ? Après la révolution, le pays est rapidement devenu la monarchie qu’elle est aujourd’hui. Libéraux et catholiques se partagent le pouvoir. Les radicaux, une minorité politique, ont joué un rôle décisif dans le soulèvement contre Guillaume Ier. Mais après des années de dure résistance, ils sont mis à l’écart. Les radicaux sont contre la monarchie et pour une république basée sur la démocratie et les droits humains universels. Par leurs paroles et leurs actes, ils se montrent les héritiers directs de la pensée radicale des Lumières qui a secoué le monde occidental à la fin du XVIIIe siècle. Pour la première fois, l’histoire des radicaux est décrite en détail. S’appuyant sur des années de recherche, Els Witte montre le destin souvent tragique de ces militants. Cet ouvrage est la traduction française du livre Belgische republikeinen. Radicalen tussen twee revoluties (1830- 1850), Kalmthout, Polis, 2020.
Els Witte est historienne, rectrice honoraire et professeure émérite de la Vrije Universiteit Brussel. Elle est l’auteure d’un certain nombre d’ouvrages de référence à succès, tels que Politieke geschiedenis van België, fréquemment mise à jour, et le best-seller Het verloren koninkrijk. Het harde verzet van de Belgische orangisten tegen de revolutie, également disponible en français.Droits image: RCF Liège
8 janvier 2026Les Républicains belges, les radicaux entre deux révolutions (1830-1850)
Pourquoi la Belgique n’est-elle pas devenue une république en 1830 ? Après la révolution, le pays est rapidement devenu la monarchie qu’elle est aujourd’hui. Libéraux et catholiques se partagent le pouvoir. Les radicaux, une minorité politique, ont joué un rôle décisif dans le soulèvement contre Guillaume Ier. Mais après des années de dure résistance, ils sont mis à l’écart. Les radicaux sont contre la monarchie et pour une république basée sur la démocratie et les droits humains universels. Par leurs paroles et leurs actes, ils se montrent les héritiers directs de la pensée radicale des Lumières qui a secoué le monde occidental à la fin du XVIIIe siècle. Pour la première fois, l’histoire des radicaux est décrite en détail. S’appuyant sur des années de recherche, Els Witte montre le destin souvent tragique de ces militants. Cet ouvrage est la traduction française du livre "Belgische republikeinen. Radicalen tussen twee revoluties (1830- 1850)", Kalmthout, Polis, 2020.
Els Witte est historienne, rectrice honoraire et professeure émérite de la Vrije Universiteit Brussel. Elle est l’auteure d’un certain nombre d’ouvrages de référence à succès, tels que Politieke geschiedenis van België, fréquemment mise à jour, et le best-seller Het verloren koninkrijk. Het harde verzet van de Belgische orangisten tegen de revolutie, également disponible en français.
Droits image: DR
1 janvier 2026Les bénévoles aux archives de l'état à Liège
Depuis le printemps 2024, suite à l’appel lancé par Bernard Wilkin dans la presse, les Archives de l’État à Liège bénéficie de l’engagement de nombreux bénévoles. Venus de leur plein gré, ces hommes et ces femmes mettent leurs compétences au service du dépôt liégeois et de ses archives. Afin de leur rendre hommage, « C’est Notre Histoire » donne la parole à deux d’entre eux, Véronique Bernard et Pierre Cuvelier, afin de dresser leur profil et de connaître leurs motivations. Par passion, par curiosité, par intérêt pour l’histoire, pour découvrir de nouveaux univers, ils n’ont pas hésité à pousser les portes de ce centre d’archives liégeois qui décidément cache bien des trésors.Droits image: ©RCF Liège
25 décembre 2025Le charbonnage et la lampe Mueseler
Originaire de Fleurus, étudiant liégeois, professeur d’histoire, Pierre Prévot consacre désormais son temps libre à un travail précieux : la sauvegarde et la valorisation des archives de l’État à Mons. Il vient nous faire part de son parcours et de ses recherches sur le monde minier wallon. Son mémoire fut consacré au charbonnage du Horloz à Saint-Nicolas (1805-1930). Depuis ses études, il n'a cessé de faire de l'histoire. Parmi ses récentes découvertes, la lampe Mueseler s'est révélée essentielle pour protéger les mineurs contre le grisou. Son engagement bénévole nous rappelle combien la mémoire collective est essentielle pour comprendre notre passé et éclairer notre présent.Droits image: RCF Liège
18 décembre 2025Le charbonnage du Horloz à Saint-Nicolas
Originaire de Fleurus, étudiant liégeois, professeur d’histoire, Pierre Prévot consacre désormais son temps libre à un travail précieux : la sauvegarde et la valorisation des archives de l’État à Mons. Il vient nous faire part de son parcours et de ses recherches sur le monde minier wallon. Son mémoire fut consacré au charbonnage du Horloz à Saint-Nicolas (1805-1930). Depuis ses études, il n'a cessé de faire de l'histoire. Parmi ses récentes découvertes, la lampe Mueseler s'est révélée essentielle pour protéger les mineurs contre le grisou. Son engagement bénévole nous rappelle combien la mémoire collective est essentielle pour comprendre notre passé et éclairer notre présent.Droits image: RCF Liège
11 décembre 2025Pierre Leclercq : L'Histoire des burgers
Objet culinaire qui a conquis le monde entier, le burger se mue en un petit traité. Derrière ce sandwich apparemment banal se cache une histoire passionnante, faite de migrations, d’innovations et de mondialisation, de couches successives aussi classiques que savoureuses.
Pierre Leclercq, historien de l’alimentation et auteur du « Petit traité du burger » paru aux éditions le Sureau retrace les origines de ce simple sandwich, de son évolution, de son débarquement dans nos assiettes et de sa transformation en version gastronomique.Droits image: RCF Liège
4 décembre 2025Saint-Nicolas : de l'histoire à la légende
6 décembre : la mort historique de l’évêque Nicolas marque le début d’une tradition, faite de vérités et de légendes. Patron des marins, des marchands, des filles à marier, des étudiants ou encore des écoliers, saint Nicolas appartient au patrimoine immatériel riche de multiples pratiques culturelles. À l’heure du rationalisme à outrance et des combats des militants laïcs, faut-il sauver saint Nicolas ? Venez le découvrir en écoutant cette émission consacrée au grand saint.Droits image: RCF Liège
27 novembre 2025Entrez dans l'univers de Marc-André Metais
En direct de Theux dans la maison que Marc-André Metais partage avec sa compagne, notre interview commence à la lueur d'un feu de bois. L'artiste, qui a débuté sa carrière en tant qu'animateur radio, nous expose son parcours depuis Paris en passant par Namur, Bruxelles et maintenant Theux où il vit depuis 14 ans. Nous tentons de déchiffrer son art, ses modes d'expression, ses choix, ses renoncements. Pour poursuivre la découverte de cet univers futuriste haut en couleurs, une exposition se tient actuellement au Centre culturel de Theux du 13 novembre au 18 décembre 2025.Droits image: Letizia Pucio et Marc-André Metais ©RCF Liège
20 novembre 2025Herstal et son histoire : un état de la question
Dans le cadre des travaux du tram, depuis le début de l’année 2024, une équipe de l’Agence Wallonne du Patrimoine (AWaP) fouille la place Licourt à Herstal. Le site est supposé abriter le palais herstalien de Charlemagne. L'archéologue en charge, Sophie de Bernardy de Sigoyer, ainsi que Guillaume Mora-Dieu et Denis Henrard ont donné une conférence dans le cadre des Journées européennes de l’archéologie (13-14-15 juin 2025). La surprise fut de taille puisqu'ils ont mis au jour les fondations d’une église, inconnue dans les sources écrites, accompagnée tout autour d’une centaine de tombes datées entre les VIIe et VIIIe siècles. Denis Henrard dresse un état de la question et replace Herstal dans l'histoire. Ecoutez-le avec une carte sous les yeux ! Et si vous souhaitez aller plus loin, n'hésitez pas à reprendre le podcast du 15/5/25 où les trois archéologues étaient venus en studio pour partager leur expérience herstalienne.Droits image: Image d'illustration
13 novembre 2025Les ossements de Waterloo, fin ?
Que sont devenus les restes des soldats morts à Waterloo ? Cette question, les historiens se la posent depuis le 18 mai 1815, au soir. Bernard Wilkin présente le fruit de recherches menées en collaboration avec l’archéologue, Tony Pollard, et l’historien allemand, Robin Schäffer, qui révolutionnent l’état de nos connaissances. Utilisant à la fois l’archéologie, les sources locales, les archives industrielles et la presse, ils démontrent l’utilisation systématique des ossements humains dans l’industrie du sucre.Droits image: RCF Liège
6 novembre 2025Les ossements de Waterloo, sources communales et touristiques
Que sont devenus les restes des soldats morts à Waterloo ? Cette question, les historiens se la posent depuis le 18 mai 1815, au soir. Bernard Wilkin présente le fruit de recherches menées en collaboration avec l’archéologue, Tony Pollard, et l’historien allemand, Robin Schäffer, qui révolutionnent l’état de nos connaissances. Utilisant à la fois l’archéologie, les sources locales, les archives industrielles et la presse, ils démontrent l’utilisation systématique des ossements humains dans l’industrie du sucre.Droits image: RCF Liège
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