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A toi l'ami, qui tente de sortir du fléau de l'addiction, par Benoist de Sinety
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A toi l'ami, qui tente de sortir du fléau de l'addiction, par Benoist de Sinety

Un article rédigé par Benoist de Sinety - RCF, le 2 février 2024  -  Modifié le 2 février 2024
Tribunes chrétiennes A toi l'ami, qui tente de sortir du fléau de l'addiction, par Benoist de Sinety

LA CHRONIQUE DE BENOIST DE SINETY - A toi l’ami qui, aujourd’hui, te cache, enfoui dans ta honte et dans cette absolue certitude que tu es bien en-dessous du dernier des derniers. Hier tu étais si fier de rappeler à qui voulait bien t’écouter que tu avais arrêté depuis un an de boire de l’alcool, depuis deux mois de fumer du cannabis. 

Benoist de Sinety / Hans Lucas - P Gaillardin Benoist de Sinety / Hans Lucas - P Gaillardin

Oui c’est à toi que je m’adresse, toi qui luttes comme un dingue pour sortir d’une addiction où ton cerveau est ficelé : drogue, alcool, sexe, médicaments... il y en a tant. Et tu te retrouves enchaîné à l’une d’elle, ou même parfois à plusieurs.

Tribunes chrétiennes A toi l'ami, qui tente de sortir du fléau de l'addiction, par Benoist de Sinety

C’est tellement héroïque de vouloir s’en sortir. C’est tellement magnifique d’oser regarder ceux que tu aimes, ceux en qui tu te confies et de leur dire : « je suis alcoolique », « je suis dépendant à telle drogue », « je suis obsédé par la pornographie »... C’est tellement grand de ne pas chercher à revêtir une apparence qui ne t’habille pas.

Sans doute trop inquiets de leurs propres faiblesses, elles inavouées, et détestant en toi ce qu’ils redoutent pour eux.

En t’écoutant raconter l’épopée de ton combat, en t’entendant dire que tu t’en es sorti, tous applaudissent. On parlera de toi en disant : « je connais un gars, il est devenu abstinent depuis deux ans » tout en servant à sa voisine un bon verre de rouge. Et tout le monde s’exclamera que tu es formidable. Et cette petite gloire, elle t’aidera aussi à tenir : « Qu’est-ce qu’ils diraient si je retombais ? ».

Et tu es retombé. Et maintenant tu te caches parce que c’est compliqué de paraitre en public avec la bouche pâteuse ou les yeux dilatés. Surtout que tu le sais, tous le verront tout de suite. En tout cas, tu t’en inquiète. Sache donc, l’ami, que si l’on s’aperçoit sans que tu ne dises mot, de ton nouveau malheur, ceux qui t’accableront seront des sots, tout simplement. Sans doute trop inquiets de leurs propres faiblesses, elles inavouées, et détestant en toi ce qu’ils redoutent pour eux.

Ce que ton cerveau te fait subir en te jetant de force dans ces enfers-là, qui peut dire qu’il en est totalement exempt ? Et le bonheur d’y être plus résistant ne doit pas provoquer de fierté particulière mais une attention renouvelée à ceux qui ont d’autres forces que celle-là.

Surtout ne te laisse pas recouvrir par la chape de la honte : tous, nous savons que la vie n’est pas simple et que vivre est, souvent, une pagaille en soi. Où nous nous débattons dans toutes formes de violences hors et en nous. 

Parle à ceux qui t’aiment pour qu’ils puissent t’aimer plus, à ceux qui te soignent pour qu’ils tentent de te guérir mieux, à ceux qui te sont précieux pour qu’ils puissent te chérir. Et si tu connais Dieu, alors surtout, ne te gêne pas pour te montrer à lui tel que tu es, car c’est ainsi qu’il t’a créé et c’est ainsi qu’il t’aime

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