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Présidentielle 2022 : une campagne sous Covid
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Présidentielle 2022 : une campagne sous Covid

Un article rédigé par Florence Gault - RCF,  -  Modifié le 26 juin 2021
Le dossier de la rédaction Présidentielle 2022 : une campagne sous Covid
Dans 15 mois se tiendra l’élection présidentielle. Mais le démarrage des campagnes s’annonce laborieux. Comment construire des programmes quand on ne sait pas de quoi demain sera fait ?
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Le coup d’envoi officieux d’une campagne présidentielle est généralement donné un an avant le scrutin. Il est donc normalement l’heure où les partis commencent à s’organiser pour désigner leur candidat à la présidentielle. Le moment aussi de penser aux grands thèmes de campagne.

Mais, la pandémie est venue rebattre les cartes. Et cela ne devrait pas être sans incidence, notamment sur la campagne d’Emmanuel Macron si le chef de l’Etat venait à se représenter. Pour Bruno Cautrès, chercheur CNRS au CEVIPOF, le Centre de recherches de la vie politique, Emmanuel Macron "est le président sortant, celui qui a incarné la décision en situation de crise donc ça lui donne un bilan et un avantage. Mais, pour le moment, l’évaluation que les Français font de la gestion de la crise est négative"

Des candidatures qui commencent à émerger

À gauche, certaines candidatures commencent à émerger… Notamment celle de Jean-Luc Mélenchon, le patron de la France insoumise. Sur les rangs chez les socialistes : Arnaud Montebourg et Anne Hidalgo, mais la maire de Paris peine à rassembler. Son adjoint d’Europe Ecologie les Verts, David Belliard, plaide pour une primaire écolo qui l’intégrerait pour éviter un second tour Macron-Le Pen. 

Il faudra compter avec Yannick Jadot qui a lancé, la semaine dernière, une plateforme d’idées pour élaborer un projet pour la présidentielle. Le député européen est, aujourd’hui, un des visages de l’écologie politique mais peut-être pas au point de devenir le candidat le plus présidentiable. "Les Verts sont assez divisés sur la personnalité de Yannick Jadot", selon le politologue Daniel Boy, spécialiste d’EELV. "Depuis 2017, il a laissé entendre qu’au fond l’écologie devrait agréger, pas seulement l’écologie de gauche, mais pourrait essayer de grignoter vers le centre. Or, c’est une position radicalement différente de ce que pensent les Verts."

Une candidature commune à gauche ?

L’idée d’un candidat commun à gauche est depuis plusieurs semaines régulièrement mise en avant, car selon différents sondages, cela serait la seule façon pour la gauche de réussir à placer un candidat au second tour. Une idée qui a été de nouveau évoquée par le secrétaire national du Parti socialiste, Olivier Faure, lors de la présentation de ses vœux à la presse. Mais elle est loin de séduire l’ensemble des socialistes. Pour le politologue Daniel Boy, ce serait "un suicide politique" pour le Parti socialiste. 

À droite, la peur de revivre l’échec de 2017

Chez les Républicains, on refuse de revivre l’échec de 2017 et de réorganiser une primaire. Pourtant, celle-ci avait conquis les Français : 4 millions d’électeurs y avaient participé et désigné François Fillon. Mais, l’ancien Premier ministre a été éliminé dès le premier tour, plombé par le Pénélopegate. Les Républicains veulent donc attendre de voir émerger des candidats pour désigner celui qui aura le plus de chances d’accéder au deuxième tour. 

À l’extrême-droite, un récent sondage donne Marine Le Pen au coude à coude avec Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle de 2022. Sur l'antenne de BFMTV, Marine Le Pen a affirmé, vendredi 5 février, que si elle accédait à l'Elysée en 2022, ses premières décisions concerneraient l'immigration. Une stratégie qui ne change pas selon Bruno Cautrès, même si on voit que sur la question de l’Europe, la présidente du Rassemblement national fait évoluer ses positions : "On ne parle plus de Frexit, on ne parle plus de la zone euro…"

La crise sanitaire, thème unique de campagne ? 

On imagine mal une campagne présidentielle qui n’aborderait pas les conséquences économiques et sociales de la pandémie. Pas question pour autant de délaisser d’autres sujets. Pour Frédéric Dabi, directeur général adjoint de ­l'institut de sondage Ifop, "la crise sanitaire sera sans doute abordée, tout comme ses conséquences économiques, mais toutes les questions sociétales n’ont pas été mises sous le boisseau", ajoute-t-il. "Les questions de la délinquance, du séparatisme intéressent les Français." 

Encore va-t-il falloir mobiliser les Français qui pour l’instant ne se préoccupent pas du tout de ce scrutin, ni des élections régionales qui devraient se tenir dans les prochaines semaines. "Pour preuve", précise Frédéric Dabi, "seul un Français sur dix a parlé des régionales dans ses conversations selon notre baromètre Ifop-Fiducial pour Paris-Match et Sud Radio".

Les élections régionales vont donc sans doute servir de test à l’élection présidentielle de 2022. Car quoiqu’il se passe, le scrutin se tiendra bien en avril 2022. Le terme du mandat est fixé par la Constitution, cela demanderait donc un très long et complexe processus pour décaler l’élection. Il va donc falloir se préparer à une éventuelle élection sous Covid, et imaginer de nouvelles modalités pratiques du vote. Et le débat du vote par correspondance devrait donc certainement ressurgir dans les prochains mois.

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