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Loi Immigration : ce restaurateur annécien n'en veut pas
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Loi Immigration : ce restaurateur annécien n'en veut pas

Un article rédigé par Victorien Duchet - RCF Haute-Savoie, le 25 janvier 2024  -  Modifié le 25 janvier 2024
Journal Local · RCF Savoie Mont-Blanc Edition du jeudi 25 janvier 2024 à 07h01

Le Conseil Constitutionnel rend sa décision ce jeudi 25 janvier à 16h30 sur la loi immigration. Restrictions du regroupement familial, de l'accès aux prestations sociales, fin de l'automaticité du droit du sol, certaines mesures votées au Parlement pourraient être retoquées par les Sages. C'est le secret espoir d'une grande partie de la restauration, une profession en tension, qui dépend de la main d'oeuvre étrangère.

Souleimane, entouré de François Stefanaggi, son mentor. ©RCF Haute-Savoie/Victorien Duchet Souleimane, entouré de François Stefanaggi, son mentor. ©RCF Haute-Savoie/Victorien Duchet

Dans ses quatre restaurants, François Stefanaggi emploie 80% de personnes d'origine étrangère. Une main d'oeuvre que ce chef juge indispensable. "Ce sont des gens qui viennent de pays en guerre, et qui ont toujours envie de s'en sortir quand ils arrivent en France". Il y a un an, Souleimane, 40 ans, et malien d'origine, a commencé comme plongeur, au restaurant "Les Quais" à Meythet. Aujourd'hui, il est cuisinier, et contribue au renouvellement de la carte du restaurant. "Il fabrique même le pain", ajoute François, les yeux emplis de fierté. 

"Travailler le week-end, ça ne les dérange pas"

Comme Souleimane, trois plongeurs sont devenus chefs de cuisine. Une évolution express, qui séduit François, le patron. "Ils n'ont pas peur de travailler le week-end, ni de faire des heures supplémentaires". Une pointeuse a même été installée dans le restaurant. La rémunération est intéressante. 1800 euros net au début, jusqu'à 2 200 euros pour un chef cuisinier.  

La loi immigration fait grincer des dents

La loi immigration, dont la version définitive a été adoptée à l'issue de la commission mixte paritaire, pourrait tout remettre en cause. Quotas d'immigration, restrictions d'accès aux aides sociales, certains secteurs, dont la restauration, seront pénalisés, selon François Stefanaggi. "Parce que vous venez du Kosovo, de l'Afrique Noire, du Maghreb, vous allez devoir attendre trois ans avant d'obtenir les mêmes droits que les français. Ca s'appelle la préférence nationale". La version définitive de la loi immigration prévoit l'octroi d'un titre de séjour exceptionnel, à condition que le travailleur sans-papier ait travaillé douze mois dans un métier en tension. 

Les Sages du Conseil Constitutionnel rendront leur verdict ce jeudi 25 janvier à 16h30. Emmanuel Macron devrait promulguer la loi immigration dans la foulée.

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