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Le Brexit est "un saut dans l'inconnu", selon Sylvie Bermann
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Le Brexit est "un saut dans l'inconnu", selon Sylvie Bermann

Un article rédigé par Simon Marty - RCF,  -  Modifié le 17 mars 2021
L'Invité de la Matinale Le Brexit est "un saut dans l'inconnu", selon Sylvie Bermann
Auparavant ambassadeur au Royaume-Uni, Sylvie Bermann revient sur les difficiles négociations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni.
Simon Marty Simon Marty

Le Brexit, entré en vigueur le 1er janvier, a commencé comme prévu : relativement mal. Pour autant, ce n'est pas la catastrophe. Les étalages des supermarchés britanniques ne sont pas vides et il n’y a pas d’embouteillage de camions. Les britanniques ont-ils eu le nez creux, ou fait l’erreur du siècle ? Sylvie Bermann a été ambassadeur en Chine, au Royaume Uni puis en Russie. Elle publie un ouvrage qui s’intitule "Goodbye Britannia" aux éditions Stock.

Une négociation difficile

"La négociation a été difficile", affirme d’emblée Sylvie Bermann au sujet du Brexit. "Elle s’est conclue dans la précipitation à Noël. Ça a été un accord a minima parce que ça a porté sur les produits, ça n’a pas porté sur les services financiers qui sont l’essentiel de l’économie britannique. C’est un divorce", ajoute-t-elle. 

Elle qui a travaillé au Royaume-Uni se souvient du sentiment d’optimisme qui régnait, en particulier à Londres, la capitale. Sur le Brexit, "on n’a pas perçu ces tendances souterraines et ça a été le même choc qu’au moment de l’élection de Trump. C’est les mêmes phénomènes que personne n’a vu venir", témoigne-t-elle.

Le saut dans l'inconnu

Pourtant, le Royaume-Uni est allé jusqu’au bout, et a fait "un saut dans l’inconnu", selon elle, que personne ne pensait possible. "Ils continuaient de dire à l’époque qu’ils allaient rester dans le marché unique. Personne n’avait une véritable idée. Il y a un lien qui était fait entre l’Union européenne et l’immigration mais c’est pas l’Union européenne en tant que telle qui posait un problème", explique Sylvie Bermann.

Une personne est devenue la figure de ce Brexit, après Nigel Farage, le leader du parti pro-Brexit Ukip qui le premier avait évoqué cette possibilité. Il s’agit de l’actuel Premier ministre Boris Johnson. "C’est un personnage clef, l'homme politique le plus populaire au Royaume-Uni. Il est assez cosmopolite. Il parle plusieurs langues. Quand vous avez un homme politique que tout le monde admire ça a plus d’influence que quand c’est quelqu’un comme Nigel Farage", analyse l’ancienne ambassadrice.

Après le Brexit, le pays devra retrouver un rôle dans le jeu international. "Les relations sont difficiles avec la Chine, avec la Russie. Les Américains trouvaient un intérêt à avoir le Royaume-Uni dans l’Union européenne pour pouvoir porter un message et ce pont disparaît complètement", commente Sylvie Bermann. Mais elle ne doute pas que le Royaume-Uni saura retrouver du poids, notamment cette année puisque le pays est à la présidence du G7 et de la COP26.

L'épineuse question irlandaise

Il n’en reste pas moins que, sur la question irlandaise, l’accord n’en est pas vraiment un : si l’hypothèse du maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière est écartée, il revient à l’assemblée d’Irlande du Nord de statuer, tous les quatre ans, sur le maintien de la solution trouvée, ou un retour à une frontière physique sur l’île. "C’était le problème depuis le début", affirme Sylvie Bermann. "Joe Biden lui-même a dit avant même son élection que pour lui ce qui est important c’est le respect de l’accord du vendredi Saint. C’était presque une évidence. Mais David Cameron [l’ancien premier ministre] ne croyait pas au brexit. Ils se sont trouvés le 24 juin 2016 dans une situation qui était ce saut dans l’inconnu", conclut-elle.

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