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"Ici c’est notre unique maison": au cœur de la maison du Secours catholique à Calais
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"Ici c’est notre unique maison": au cœur de la maison du Secours catholique à Calais

Un article rédigé par Véronique Fayet - RCF,  -  Modifié le 18 mars 2021
La chronique du Secours catholique - Caritas France "Ici c’est notre unique maison": au cœur de la maison du Secours catholique à Calais
Véronique Fayet nous raconte le quotidien des exilés à Calais, qui bénéficient d'un accueil, d'ateliers et de rencontres au sein de la maison du Secours catholique.
DR DR

Je suis en colère contre les pouvoirs publics qui font tout pour rendre invisibles les exilés, pour empêcher "tout point de fixation" comme on dit en termes administratifs. Mais ils sont là et bien là : 600 selon la police, plutôt 800 ou 1000 selon les associations. Ils sont là, se cachent et se terrent et tentent de passer chaque nuit en Grande-Bretagne. Ils réussissent, en bateau ou en camion dans des conditions toujours  plus dangereuses. Mais j’ai envie de vous donner une note d’espoir.

La maison du Secours catholique à Calais : un ancien espace industriel, très vaste avec de grandes pièces et une grande cour, heureusement car nous accueillons l’après-midi 300 migrants, parfois jusqu’à 400. Et là, ces jeunes hommes revivent : ils lavent leur linge, ou se lavent, ils jouent au foot ou au ping pong, ils rechargent les téléphones pour communiquer avec la famille ou les amis. Certains somnolent et se reposent après des nuits dehors, sans sommeil, d’autres regardent un film ou prennent un café et bavardent... Bref la vie quoi ! Sous le regard bienveillant d’une quinzaine de bénévoles qui se mettent à leur service et à leur écoute. "Ici c’est notre maison , notre unique maison !" Oui cette maison est un oasis où des Calaisiens généreux et des jeunes venus du bout du monde vivent des moments intenses de fraternité. 

Et deux fois par semaine c’est le temps des femmes ! Elles sont moins nombreuses mais encore plus fragilisées par ces conditions de vie infernales. Dimanche dernier, elles ont même réussi à organiser la septième journée "Talents de femmes".  Une cinquantaine de femmes réunies pour vivre des ateliers cuisine, danse, yoga ; pour partager des rudiments de leur langue maternelle mais surtout des rires et de la bonne humeur.

C’est tout cela la vie des exilés à Calais : des conditions de vie inhumaines et dégradantes mais aussi des moments de vie et d’espoir grâce aux associations engagées à leurs côtés. Des associations qui jouent bien leur rôle prophétique auprès de nos frères les plus exclus.

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