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Benoît Badin donne une seconde vie à des vins condamnés à disparaître
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Benoît Badin donne une seconde vie à des vins condamnés à disparaître

Un article rédigé par Violaine Rey - RCF Haute-Savoie, le 17 janvier 2024  -  Modifié le 19 janvier 2024

Changer le monde, c’est parfois faire preuve de bon sens ! Il arrive que certains vins, devenus trop acides lors du processus de fermentation, ne puissent plus être vendus. Ils sont alors distillés à des centaines de kilomètres de leur lieu de production ou même jetés. A la Biolle, en Savoie, un homme, leur permet de retrouver leurs lettres de noblesse : avec le vinaigre "Millefaut & Badin"

Benoit Badin dans son atelier de la Biolle - © RCF Savoie Mont Blanc / Violaine Rey Benoit Badin dans son atelier de la Biolle - © RCF Savoie Mont Blanc / Violaine Rey

Une révélation inattendue

 

Dans sa première vie, Benoît Badin était ingénieur, spécialisé dans le domaine de l’énergie : le pétrole puis l’hydroélectricité. Un travail qu’il qualifie de passionnant, mais qui le poussait à prendre l’avion au moins une fois par mois et à résider dans de grands hôtels climatisés.

Un soir, il a “pris la foudre”. En lavant des légumes, une idée lui vient : il va changer de vie, fabriquer du vinaigre et embrasser une profession plus en adéquation avec les limites planétaires. “C’est assez inexplicable, ce qu’il s’est passé ce soir-là” avoue Benoît. “Je ne connaissais rien au vinaigre, mais j’ai commencé à faire des recherches en ligne, à me faire accompagner (...) et puis quelques mois plus tard, j’ai démissionné”.

Donner une deuxième vie à un produit noble

 

Le secteur du vin est exigeant et extrêmement réglementé. Il existe des seuils, notamment d’acidité, au-delà desquels une bouteille ne peut plus être commercialisée. “Le vin est récolté et vinifié. L’année suivante, il est en chai et les caves prennent quelques degrés sous l’effet de la température” comme Benoît. Des analyses sont alors faites et si le degré d’acidité est trop haut, la commercialisation, en vin de table, est interdite. “C’est dramatique pour le viticulteur” poursuit-il. “Ce sont des vins qui étaient très bons la veille de l’analyse et là, deviennent invendables”.

En Savoie, jusqu’il y a quelques mois en arrière, il n’y avait qu’une solution : envoyer ce vin dans une distillerie qui le changeait en éthanol. Un crève-cœur, d’autant que cela impliquait des centaines de kilomètres de trajet en camion, jusqu’à Vallon Pont d’Arc ou le Beaujolais, les deux distilleries les plus proches.

C'est dramatique pour les viticulteurs, eux ils ont là pour faire du vin pas de l'éthanol distillé

Benoit, lui, veut redonner ses lettres de noblesse à ce produit issu d’heures de travail : son vinaigre vieilli naturellement, selon la méthode traditionnelle “orléanaise”.
En nous tendant un marchepied et une lampe, il nous montre “la vie” qui habite ses tonneaux d'acétification et les “bonnes bactéries” qui, en trois mois, changent un vin en vinaigre. “Les grandes industries le font en 24 h” dit-il en haussant les épaules, pas peu fier de remettre au goût du jour une méthode artisanale, fruit d’un savoir-faire et éloge de la patience.

La gamme "Millefaut & Badin" - © RCF Savoie Mont Blanc / Violaine Rey

Un produit qui trouve son public

 

Aujourd’hui la société Millefaut & Badin (du nom de Benoît et celui de sa tante, Sylvie, qui l’épaule) commercialise du vinaigre de vin blanc, de vin rouge et de cidre. Certains sont même aromatisés grâce à d’autres ingrédients des Pays de Savoie comme le bourgeon de sapin, l’ail noir ou encore la tagete passion : une plante surprenante au parfum et au goût… De fruit de la passion !

“On achète en moyenne, deux bouteilles de vinaigre par an” explique Benoît. “Alors le jour où vous achèterez la vôtre, il faut que je sois là !" Pour s’en assurer, il a développé des partenariats avec plusieurs magasins de producteurs, épiceries fines et centres commerciaux du territoire. 

 

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