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[L'Évangile du dimanche] Le doute de saint Thomas

[L'Évangile du dimanche] Le doute de saint Thomas

RCF, le 13 avril 2023  -  Modifié le 16 avril 2023
Enfin une Bonne Nouvelle [Évangile du dimanche] Le doute de Thomas (Jn 20, 19-31)

Je ne crois que ce que je vois ! Dans l'évangile de ce dimanche, un texte resté célèbre, saint Thomas aimerait avoir des preuves de la Résurrection de Jésus. Le doute de Thomas, il faut le prendre au sérieux, selon le pasteur James Woody, car il est "bien plus intéressant" que la foi "un peu automatique des disciples"...

L'incrédulité de saint Thomas, Polydore de Caravage (1531-35) ©Wikimédia commons L'incrédulité de saint Thomas, Polydore de Caravage (1531-35) ©Wikimédia commons

 

Évangile du dimanche 16 avril (Jn 20, 19-31)

Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Source : AELF

 

"Thomas, c'est nous"

 

Thomas est l'un des douze disciples. Dans cet évangile resté célèbre, il aimerait avoir des preuves de la Résurrection de Jésus. "Thomas, c'est nous", dit James Woody. "Nous sommes Thomas, pris de doute : est-ce que vraiment les choses se sont passées comme ça ? Est-ce que la Bible ne nous raconte pas des foutaises ?" Même parmi ceux qui se disent chrétiens, la tentation est forte de vouloir "des preuves tangibles, des preuves concrètes, des preuves ontologiques de l'existence de Dieu". 

 

Or, "il faut prendre au sérieux ce doute de Thomas", selon le pasteur. Un doute qui, pour James Woody "est bien plus intéressant que cette sorte de foi un peu automatique des disciples". "Il est juste et bon de se demander si on ne nous embobine pas en religion. Il est juste et bon de se demander si nos prédicateurs ne sont pas en train de nous raconter une belle histoire..."

 

 

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Un texte écrit  80 ou 90 ans après la Résurrection

 

Dans cet évangile, Jean raconte un épisode qui se passe juste après la Résurrection. Jésus a dit à Marie-Madeleine d'annoncer la nouvelle à ses frères. Les disciples devraient donc être dans une attitude de confiance ! Or, il est écrit que les disciples sont enfermés tous ensemble dans une pièce, "par crainte des Juifs".

 

S'il est écrit que les disciples ont peur des Juifs, sans doute est-ce une allusion au contexte dans lequel a été écrit ce texte. L'évangile de Jean a été rédigé dans les années 80, 90, alors que la "rupture avec le judaïsme" avait déjà commencé, explique James Woody. Les premiers chrétiens étaient exclus de la synagogue. "Ils doivent désormais penser leur existence indépendamment de leurs racines juives."

 

La condition des premiers chrétiens

 

Cette scène, décrite avec une grande sobriété, a lieu au lendemain du shabbat. Le "premier jour de la semaine" dont parle Jean, c'est le dimanche, rappelle James Woody. Pour le pasteur, on peut ainsi lire ce texte comme la description d'un "office chrétien primitif, dans son dépouillement absolu". "On est à la messe, on est au culte : ça commence comme ça une messe ou un culte : la paix soit avec vous !"

 

Cet évangile nous parle de la condition des premiers chrétiens. Comment passe-t-on du doute à la foi ? Et après, comment célèbre-t-on cette foi ? "Comment instituer cette vocation de disciple ?" Au temps où Jean écrit ce texte, la question "est extrêmement polémique", souligne James Woody. Les premiers chrétiens sont tentés de rester "dans l'entre-soi" pour conserver "une sorte de pureté". Pourtant, "le Ressuscité est capable de passer outre nos clivages au sein du christianisme, nous dit le pasteur, il est même capable de passer outre les clivages religieux..."

 

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