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Ça ne peut pas faire de mal
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Ça ne peut pas faire de mal

Un article rédigé par Claude Boussard - RCF Loiret,  -  Modifié le 16 décembre 2021

Il y a des épisodes de notre vie, qui passent sans que l’on sente vraiment la réalité des choses.  Cela s’écoule gentiment, paisiblement, les objets se trouvent à la place ou nous pensions les avoir laissés la veille, le temps passe plus lentement et nous permet de ne  pas être en retard à nos rendez-vous, notre résidence corporelle est d’un calme reposant au point que nous oublions certaines parties de notre corps, les muscles répondent. En bref nous nous sentons maîtres de notre petit royaume spatio-temporel.

Tellement maître, que je pris la décision de changer le décodeur de mon poste de télévision. Quelle aventure !

© Pixabay / TheDigitalArtist © Pixabay / TheDigitalArtist

Je me souviens du poste de radio, on disait TSF, de mon Grand-Père, qui trônait sur la commode du salon et avait pour seule entrave, un fil électrique qui le reliait à une prise murale. Et c’était tout. Pas de décodeur, et le mur demandait pas à reconnaitre le poste. Il l’accueillait, c’est tout. Mon tourne disque Teppaz vivait sa vie. D’une mobilité remarquable, alimenté par piles, il portait les airs à la mode partout où notre fantaisie de mélomane voulait s’exercer. Il nous accompagnait même dans les booms du samedi après-midi.

Le téléphone, lui aussi, raccordé sans façon au mur, nous offrait le confort d’un écouteur supplémentaire. Le combiné téléphonique était dimensionné de façon humaine, c’est-à-dire que l’écart entre le microphone et l’écouteur respectait la distance, naturelle,  de la bouche à l’oreille. J’ajoute le confort pour composer le numéro, un cadran rotatif, adapté à la taille du doigt, qui délivrait un joli bruit de crécelle en revenant à sa position d’équilibre. Bruit qui résonnait bien dans les fils policiers. Souvenez-vous « Dial for a murder » en français « le crime était presque parfait » d’Alfred Hitchcock, où la sonnerie du téléphone servait à attirer la victime sur le lieu du crime. 

Les numéros des correspondants avaient des noms qui chantaient, Botzaris, Longchamp, Balzac, suivis de quatre chiffres. Odéon 8400 était celui de l’horloge parlante, et Balzac 0001 celui du publiciste Jean mineur.

Non je ne veux pas remonter au temps de la demoiselle des Postes qui en nous passant le correspondant, nous donnait parfois des nouvelles de la famille de celui-ci. Je ne nie pas les avantages de la technique moderne et surtout la rapidité avec laquelle nos demandes ligne téléphonique sont satisfaites. Autrefois il fallait pleurer pour être admis dans le club, maintenant il faut repousser les offres des compagnies.

Enfin, ce jour-là, fatigué de pester contre un décodeur qui faisait des sienne, le poussais la porte de la société Mandarine et exposais mes désirs.

« Mais bien sûr monsieur nous allons changer votre décodeur. Je me permets de vous suggérer le nouveau modèle, plus performant que l’ancien, pour la modique somme de dix euros. Vous verrez c’est très simple ; plus de boitier Wi-Fi la nouvelle Live boxe suffit. Débranchez tout, et à vous la liberté. »

Rentré chez moi, je m’attaquais à l’opération renouveau. Débrancher c’est facile, mais plus dur c’est le branchement. Le premier manuel me fournit une information précieuse « Ne pas ingérer les piles ». J’avoue que je n’y avais pas songé, mais les avocats de Mandarine, si.

Me voilà donc au milieu des boxes, des fils, des guides de fibres optiques, (attention fragiles) agenouillé, ou accroupi. Vous avez remarqué que dans un souci d’esthétisme les installateurs posent les boitiers au ras du sol, avec les connecteurs tournés vers le bas. La mini grippe, non covidale (test à l’appui) heureusement bien limitée par les vaccins, commençait à me mettre dans un état second, qui embrouillait ma réflexion, et endolorissait mes articulations. Je pouvais mesurer l’étendue du fossé entre mes compétences supposées et les réelles.

« Enfin quoi me disait mon orgueil, tu en as vu d’autres, rappelle-toi les chantiers et mises en route autrement plus difficiles. »

Brassens chantait que le temps ne fait rien à l’affaire. Eh bien je peux vous dire que si, le temps est une composante implacable. A genoux, réfléchissant à la meilleure solution pour me relever proprement et sans dommage, je me pris à exercer mon humilité, alimentée par mon incompétence et mes douleurs,  et décidai de faire appel à l’aide efficace d’un spécialiste en informatique qui tient boutique à Orléans.

En fait quel est le bénéfice de l’humilité ? D’abord bien évaluer le problème, mesurer les difficultés, comparer sa compétence avec le travail à accomplir, faire taire son orgueil  et avoir le bon sens de demander de l’aide.

Moyennant quoi, mon installation fonctionne parfaitement, je donne acte à Mandarine que le nouveau matériel est mieux que l’ancien et plus esthétique. Donc un bilan positif.

La leçon ? C’est qu’un peu, et même pas mal d’humilité, ça ne peut pas faire de mal, bien au contraire. Si vous voulez plus de renseignement, relisez l’Evangile.

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