Partager

La Corée du Nord et la Corée du Sud au-delà des clichés

Un article rédigé par Stéphanie Gallet - RCF,  -  Modifié le 17 juillet 2023
Famine et bruits de bottes au nord, jeux vidéo et société ultra-moderne au sud. Et si les deux Corée étaient différentes de l'image que l'on s'en fait?
Dorian Malovic / La Croix - Photo publiée le 28 octobre 2017 sur Twitter @dorianmalovic - Scène de vie quotidienne et propagande à Pyongyang, en Corée du Nord Dorian Malovic / La Croix - Photo publiée le 28 octobre 2017 sur Twitter @dorianmalovic - Scène de vie quotidienne et propagande à Pyongyang, en Corée du Nord

Depuis les années 50, une impitoyable frontière divise le peuple coréen, si bien que chacun des deux États a suivi un chemin de développement radicalement différent. Corée du Nord, Corée du Sud: mais que sait-on vraiment de ces deux pays? Manifestement pas grand chose, si on en croit les spécialistes. Le journaliste Dorian Malovic est de retour de Corée du Nord, où il a pu profiter d'un visa de 10 jours pour réaliser un reportage publié dans La Croix. Quant à la Corée du Sud, on peut la découvrir grâce au travail de deux artistes, Yunbo et Samir Dahmani, auteurs de bande dessinée.
 

"Si on veut en avoir une idée la moins fausse possible de la Corée du Nord", il est nécessaire de "décrypter" ce qu'en disent le Japon, la Corée du Sud, la Chine, la Russie et les États-Unis

 

La Corée du Nord, pays diabolisé

La Corée du Nord, six acteurs tournent autour: "si on veut en avoir une idée la moins fausse possible", il est nécessaire de "décrypter" ce qu'en disent le Japon, la Corée du Sud, la Chine, la Russie et les États-Unis. Monsieur Asie chez La Croix, cela faisait des années, 30 ans, que Dorian Malovic tournait autour du pays sans pouvoir y entrer. C'est chose faite, depuis le 17 octobre il nous rapporte son témoignage, rare et inattendu. La Corée du Nord qu'il nous raconte en effet est en léger décalage avec l'image que l'on s'en fait habituellement. "On dit souvent que la Corée du Nord vit une famine permanente depuis 10 ans, ce qui est totalement faux aujourd'hui."
 

 

"Loin de loi l'idée de défendre le régime politique de Corée du Nord", prévient Dorian Malovic. Ce à quoi il nous invite c'est à nous débarrasser, comme lui-même l'a fait en entrant dans le pays, de nos "grilles mentales". Et à prendre conscience qu'en réalité on sait peu de choses du pays si on ne tente pas de le comprendre vraiment.

Dorian Malovic est l'auteur avec Juliette Morillot de "La Corée du Nord en 100 questions" (éd. Tallandier), qu'il faut lire pour regarder de plus près comment fonctionne le pays. "En tant que Sud-Coréenne, je ne sais pas grand chose de la Corée du Nord", témoigne Yunbo. C'est que les médias sud-coréens entretienent eux aussi l'image d'un pays diabolique.
 

La corée du sud, une société conservatrice

Du discours opposant les deux Corée, émerge au sud l'image d'un champion économique connecté inondant le monde de ses produits technologiques. Mais sait-on que sa société reste travaillée par la tradition et il est difficile de s’émanciper de la cellule familiale? "Il y a un grand conflit entre les générations, témoigne Yunbo, on ne se comprend pas tout à fait." Notamment parce que contrairement aux anciens, les jeunes ne savent pas ce qu'est la faim.

Pour les jeunes, et les jeunes femmes sud-coréennes notamment, la pression de la famille est importante. Yunbo en témoigne dans "Je ne suis pas d’ici" (éd. Steinkis). Comme un écho au roman graphique, Samir Dahmani passionné par la Corée, a écrit "Je suis encore là-bas" (éd. Warum). Il confirme la pression conservatrice et traditionnelle de la société nord-coréenne. Pour Dorian Malovic, "ce pays qui se présente comme moderne libre ouvert est vraiment rongé par ce conservatisme et par une corruption que vous ne pouvez même pas imaginer".

@ Warum, 2017

 

Photo publiée avec l'aimable autorisation de Dorian Malovic

 

Cet article vous a plu ?
partager le lien ...

RCF vit grâce à vos dons

RCF est une radio associative et professionnelle.
Pour préserver la qualité de ses programmes et son indépendance, RCF compte sur la mobilisation  de tous ses auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

  • Ce don ne me coûte que 0.00 € après déduction fiscale

  • 80

    Ce don ne me coûte que 27.20 € après déduction fiscale

  • 100

    Ce don ne me coûte que 34.00 € après déduction fiscale

Faire un don