Philippe Marconnet : Contes et légendes de la Loire

Jean-Claude DUVERGER - RCF Saint-Étienne, le 03/06/2017 à 08:00
 -  Modifié le 03/06/2017 à 13:05

Au cœur du mont Pilat vous croiserez le Zicle, gardien d’un trésor que nul homme n’a encore découvert… En compagnie d’un pêcheur de saumons, vous ferez une rencontre inattendue dans les gorges de la Loire… Vous assisterez également à la création de la ville de Roanne par la fée Uriande… A Saint-Just-en-Bas vous revivrez l’histoire du dernier loup-garou… D’aventures chevaleresques en croyances mystiques, vous découvrirez ou redécouvrirez les histoires traditionnelles du département de la Loire.

 

Chronique de Jacques PLAINE publiée dans L’Essor

 
 
Philippe Marconnet - « Contes et légendes de la Loire » - De Borée - 23 €
 
Ressortant de l’oubli des textes de Jean Combe et de Jean Renaud, de Louis Mercier, Marius Pauze et Pierre Prenat, de quelques autres du siècle passé comme ceux de Frédéric Noëlas et Louis Pierre Gras, Philippe Marconnet nous offre aujourd’hui une magnifique anthologie des contes et légendes de la Loire. Autour de ces Incontournables il nous propose quelques belles trouvailles personnelles assorties de beaucoup de découvertes.
 Au temps où le diable battait la campagne à la recherche d’âmes à perdre ou à pervertir, en ce temps là et à l’heure « où l’on ne distingue pas bien un chien d’avec un loup et les arbres d’avec les fantômes » nos ancêtres se réunissaient au coin du feu et les plus anciens racontaient des histoires à faire dresser les cheveux sur la tête des plus jeunes et même des autres.
Il y a un peu moins longtemps, quand le soir mon père  avait baissé le rideau de la librairie, il investissait la table de la salle à manger avec ses crayons, ses gommes, ses plumes et ses cartes à gratter. Il dessinait alors pour les éditions Dumas des diableries, des loups-garous, des vouivres, des fées et des lutins promis à illustrer les livres de quelques écrivains de ses amis.
 L’ouvrage de Philippe Marconnet remet en lumière ce bon vieux temps où nous vivions nos soirées d’hiver au milieu de dessins, d’esquisses et de bouteilles d’encre de Chine. Nous vivions ces temps heureux dans la magie des manuscrits de Jean Renaud, Jean Combe, de Marius Pauze et de bien d’autres. De leurs histoires de sorcières où les plus délurées commerçaient avec le diable.
 Ces histoires je les retrouve avec émotion aujourd’hui dans ce bien beau livre. J’y retrouve la belle Pâquerette dont « la taille aurait tenu dans un anneau d’or.» J’y retrouve le diable déguisé en « Monsieur » qui essayait d’embobiner la mère Luclas  par des paroles « plus traîtresses que la liqueur de prunelle.» J’y retrouve la perdrix rouge du mont Pilat un « jour où il faisait une chaleur à cuire un œuf sur une pierre plate », sans oublier, au hameau de Trébuche, le seigneur d’Urieu entouré de son trio de fermiers auquel il avait remis «trois bûches encore pleines de sève ».
 Que de souvenirs, que de découvertes aussi. Merci monsieur Marconnet.

   

© Clichés Louis Reynard

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