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Philippe Lemaire, "Le chant du feu"
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Philippe Lemaire, "Le chant du feu"

Un article rédigé par Anne-Marie VERGNON - RCF Saint-Étienne, le 14 avril 2018  -  Modifié le 28 février 2024

Dans la Lorraine d'après-guerre, Frank travaille aux hauts-fourneaux qui crachent leurs cendres rougeoyantes. Sa vie est sans intérêt jusqu'à sa rencontre avec Lou, qui n’a qu’un rêve : chanter. Cantonnée aux bars miteux, elle est persuadée qu’un jour Paris sera à ses pieds. Cette fougue fascine Frank. Leur amour est aussi fou que chaotique. Mais un simple ouvrier peut-il espérer être à la hauteur de la soif de liberté d’une jeune femme ambitieuse ?

 

Chronique de Jacques PLAINE publiée dans L’Essor

Philippe Lemaire - Le Chant du feu - City Editions - 17 € 50
 
Philippe Lemaire Grand reporter à France 3, réalisateur de films documentaires et auteur de chansons, fut longtemps présentateur du journal télévisé de France 3 Rhône- Alpes Auvergne. Il a obtenu le Prix Lucien Gachon pour son roman « Rue de la Côte Chaude. »
 1950. Alors qu’à l’Assemblée Nationale Georges Bidault est en difficulté à cause de la guerre d’Indochine, que Pierrot le fou est condamné à mort par contumace et que Paris inaugure l’horloge parlante, Frank, 20 ans, vit au cœur des hauts-fourneaux de Lorraine le quotidien dantesque des ouvriers du fer. « La fonte ou l’acier en fusion, c’est comme un opéra de Wagner, un déchaînement de forces originelles. ». Un enfer qu’il se coltine le matin ou la nuit suivant le bon vouloir de « l’Ancien », un paysan qui n’a jamais pu se résoudre à abandonner ses terres et qui, hiver comme été, enchaîne ses deux journées de boulot, une à la ferme, l’autre à l’usine.
 Protégé des étincelles et du feu de l’acier par sa cagoule de cuir, Frank déverse le métal en fusion dans les lingotières, à moins que couché sur une planche il change quelques briques qui viennent d’éclater dans les profondeurs des fours. « En moins de vingt minutes, c’est le temps maximum qu’un homme peut tenir dans cette fournaise. »
 Quand il peut s’évader il saute dans la camionnette de Sebastiano, son ami de toujours, et tous deux taillent la route à la recherche de quelques mignonnes pas trop farouches. Et une nuit sans lune, alors qu’un orage de fin du monde dévaste la campagne, sa vie d’ouvrier modèle va basculer dans le tragique et le grandiose. Un feu d’artifices d’imprévus et de désordres. Surtout de désordres.
 Histoire d’un amour fou pour une gamine ramassée dans un fossé, Lou Belmont, qui deviendra une chanteuse de bastringue obsédée par la gloire et prête à tout pour en gravir les marches. Mais « quand on a signé un pacte avec le diable il faut se préparer à avaler le manche et la cuillère » disait la grand-mère.
 Où et comment un amour baroque va bouleverser la vie d’un simple et l’entraîner dans le sillage d’une passionaria de l’audimat. Une « chaufferette de salle » dont Trenet avait dit méchamment quand elle était apparue dans la première partie de son récital : « Ça me fera toujours des droits d’auteur, même si elle chante comme une casserole »

   

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