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Francoise Henry ''Journée d'anniversaire' chez Calmann -Levy
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Francoise Henry ''Journée d'anniversaire' chez Calmann -Levy

Un article rédigé par Jean-Claude DUVERGER - RCF Saint-Étienne, le 10 juin 2017  -  Modifié le 28 février 2024

Françoise Henry est une habituée des émissions « A plus d’un titre ». Elle nous fait le plaisir de venir présenter chacun de ses nouveaux romans. Marraine du concours de nouvelles, nous la retrouverons pour parler d’elle et de son œuvre.
 

Chronique de Jacques PLAINE publiée dans L’Essor

 
 
Françoise Henry - Journée d’anniversaire - Calmann-Levy -
 
Françoise Henry, Prix Charles Exbrayat 2009, est aujourd’hui Marraine du Concours de Nouvelles organisé par la Médiathèque municipale, Lire à Saint-Étienne et les Amis de la Moldavie en Auvergne Rhône-Alpes. Invitée à l’émission « A plus d’un titre » pour chacun de ses romans Françoise Henry ne l’avait pas encore été pour le premier d’entre eux « Journée d’anniversaire » publié en 1998.
En ce temps là les portables, les smartphones et les tablettes restaient à inventer. Tout un chacun pouvait vivre sa vie privée - ou d’artiste - sans être marqué à la culotte, comme on dit au football, par les siens ou par les autres.
 « Ce matin-là, Bagnuls se leva plus tôt qu’à l’ordinaire, pour préparer l’anniversaire de sa femme ». Pergise allait avoir trente-quatre ans. Plus jamais elle n’aurait trente-quatre ans. Plus jamais. Bagnuls mesurant l’importance de l’événement fit sa toilette avec le plus grand soin et dans le plus grand des silences - pour ne pas la réveiller non plus que leurs deux enfants - enfila une chemise blanche. Il mettait toujours une chemise blanche les jours de fête. Il descendit au garage sur la pointe des pieds pour éviter que Massepain ne jappe et en voiture Simone. Au village il commanda une brioche - « une grosse, toute chaude » - passa une demi-heure dans un café, acheta une petite orchidée violet et jaune puis prit une autostoppeuse affamée de tout sauf de brioche. C’est alors que son horloge intérieure se mit à divaguer. De petits riens en presque rien, de babioles en fariboles, à minuit moins cinq il était encore sur les routes.
Pergise de son côté persuadée que si Bagnuls ne rentrait pas ce ne pouvait être que pour la bonne cause - sa chemise blanche qui manquait dans la garde-robe en témoignait - attendait patiemment, ou presque, son retour. Elle fit un gâteau et le mangea, revit Rabbit qui l’avait fait craquer autrefois, fantasma sur l’instituteur du village et s’endormit en rêvant d’amour avec Tom qui bien avant Rabbit avait su la séduire.
 Quand juste avant les douze coups de minuit Bagnuls fut de retour « il avait beaucoup de choses à lui dire mais il savait qu’elles ne passeraient pas ses lèvres ce soir et elle aussi avait tant de questions à lui poser de si nombreuses questions qu’il était presque inutile d’en poser même une seule ».

  


© Clichés Louis Reynard

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