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Christine navarro "L'impossible oubli"
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Christine navarro "L'impossible oubli"

Un article rédigé par Anne-Marie VERGNON - RCF Saint-Étienne,  -  Modifié le 30 octobre 2017

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Carmen, institutrice, souhaite adopter Simon, le jeune juif qu’elle a protégé. Malgré les difficultés pour établir les papiers d’adoption, ils parviennent ensemble à démarrer une nouvelle vie paisible et heureuse. Carmen épouse Grégoire, médecin, et Simon, lui, rencontre Marthe, exilée, comme lui. Mais plutôt radicale, elle le pousse à retrouver ses racines, et le coupe peu à peu de sa famille adoptive…

 
Chronique de Jacques PLAINE publiée dans L’Essor

 
 
Christine Navarro - L’impossible oubli - De Borée - 19 € 90
 
Professeur de Lettres, Christine Navarro fut longtemps journaliste à Saint-Étienne avant de replonger vers le Sud. « L’impossible oubli » est son cinquième roman. Le troisième d’une trilogie où Carmen la petite fille préférée du noble Dioscoride fuira l’Espagne, un exil au long cours avec un point de chute, Saint-Étienne.
 1948. Après avoir salué ses collègues de l’école primaire de la rue Dormand où elle est institutrice, Carmen accompagne Simon au Lycée Claude Fauriel. Simon, un petit juif que le curé Ratineau lui a confié une nuit de 1942 : «Voici Simon, il a six ans. Son papa et sa maman ont été arrêtés il y a quelques semaines…Notre réseau s’est occupé de lui faire franchir la ligne de démarcation, et le voilà. Nous lui avons fait des papiers. Il s’appelle Simon Barre, maintenant ».
 Bien entendu ces papiers sont faux et ni le proviseur du lycée Claude Fauriel, ni le responsable de l’état civil à la mairie, ni le juge du Tribunal ne peuvent aujourd’hui s’en contenter. Une seule solution s’impose à tous, retirer Simon à Carmen et l’enfermer dans un orphelinat.
  Eh bien de cette solution Carmen n’en veut pas. Jamais elle ne laissera Simon - son Simon - dans ce genre de mouroir « j’ai tout abandonné pour lui en temps de guerre. Je peux recommencer en temps de paix ». La plus radicale des décisions s’impose alors : l’envoyer discrètement à Sète, chez la vieille dame qui les a cachés pendant la guerre.
 Projet désespéré qui va accabler de douleur le jeune Simon persuadé qu’il vient d’être abandonné une deuxième fois. « Personne ne me veut…Je suis bien sûr que toi non plus, tu ne reviendras pas ». Car il en est certain, en 1942, ses parents l’ont abandonné. Une première fois. « Ils sont partis et ils ont emmené mes sœurs. Moi, j’étais juste chez mon copain, et ils en ont profité pour s’en aller ».
  Plus tard il apprendra qu’ils ont été déportés à Dachau. Tous morts, son père, sa mère, ses deux sœurs. Bien plus tard encore il comprendra qu’ils étaient Juifs et que lui-même a peut-être une autre histoire que celle de Carmen. « Sa Carmen » qui l’emmène tous les dimanches prier dans son église.
 Vertigineuse découverte qui va bouleverser son quotidien et bien plus que son quotidien puisqu’elle l’enverra à Tel-Aviv.

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