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Trois questions à Pierre Pluta président de l'AVA
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Trois questions à Pierre Pluta président de l'AVA

Un article rédigé par Christian Vadon - RCF,  -  Modifié le 26 juin 2021
3 questions à Trois questions à Pierre Pluta président de l'AVA
​La Grande-Bretagne entre dans la dernière ligne droite qui va décider de son avenir, avec un vote crucial.
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Le gouvernement a programmé à mardi prochain le vote de la Chambre des communes sur l’accord de retrait du pays de l’Union européenne. Ce texte âprement négocié durant 17 mois avec Bruxelles est vilipendé outre-Manche tant par les Brexiteurs que par les Europhiles. Initialement prévu le 11 décembre, Theresa May avait été  contrainte de reporter le vote, faute de majorité.
 

Quels arguments pourraient  convaincre finalement une majorité de députés de voter l’accord ?

"Theresa May se servira du spectre d’un Brexit sans accord. Une sortie du Royaume-Uni sans accord isolerait considérablement ce pays et risquerait de conduire à une référendum sur l’indépendance de l’Ecosse et éventuellement à une cession de l’Irlande du Nord qui pourrait rejoindre l’Irlande. Selon elle, l’accord qu’elle a proposé au Parlement est le meilleur. Elle ne peut rien proposer d’autre. Elle ne peut pas obtenir pour l’instant d’autres compromis de la part de l’Union européenne. Peut-être que si elle n’obtenait pas son vote le 15 janvier, l’Union européenne pourrait accepter de revenir sur la question du backstop irlandais. Mais c’est un processus qui appelle d’autres négociations" explique Sophie Loussouarn, spécialiste de la politique du Royaume-Uni.
 

Parmi les points qui bloquent, il y a ce fameux backstop, ce filet de sécurité qui prévoit la création d’un territoire douanier unique englobant l’Union et le Royaume-Uni avec un alignement plus poussé pour l’Irlande du Nord. Pour quelles raisons ?

"Les Britanniques estiment que cela maintient le Royaume-Uni dans l’Union douanière pendant trop longtemps. C’est ce qui crée la controverse pour les partisans d’un Brexit dur. Les Européens veulent évidemment éviter une frontière civique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord ce qui aurait un coût économique et politique. Cette question remet en question l’accord du Vendredi Saint de 1998 qui avait permis la paix entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. Aujourd’hui certains députés font campagne pour un nouveau référendum, mais il faudrait six mois pour l’organiser. Et il ne pourrait pas avoir lieu avant juin 2019. Ce qui impliquerait de repousser la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne" ajoute-t-elle.
 

En cas de non majoritaire mardi prochain, quel scénario serait envisageable ?

"Aujourd’hui certains députés, notamment travaillistes organiseraient un vote de défiance qui conduirait à l’organisation d’élections législatives anticipées. Mais évidemment les conservateurs et les unionistes irlandais s’y opposent, car cela créerait encore plus d’incertitudes" précise Sophie Loussouarn.
 

Une sortie de l’Union sans accord le 29 mars. Quelles conséquences pour le Royaume-Uni et pour l’Union européenne ?

"Pour le Royaume-Uni, cela conduirait à une augmentation du chômage, à une chute de la croissance, déjà ralentie depuis 2016. Le commerce serait ralenti car il y aurait des contrôles aux frontières et cela aurait des conséquences néfastes pour l’industrie et notamment pour l’industrie automobile. Pour l’Union européenne, ce serait également très nuisible car le Royaume-Uni est sa seconde économie après l’Allemagne, ce qui représentera une perte considérable" conclut-elle.

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