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Saber Strike: face à la Russie, l'OTAN montre ses muscles en Europe de l'Est
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Saber Strike: face à la Russie, l'OTAN montre ses muscles en Europe de l'Est

Un article rédigé par Christian Vadon - RCF,  -  Modifié le 1 juillet 2021
3 questions à Saber Strike: face à la Russie, l'OTAN montre ses muscles en Europe de l'Est
​Quelques 18.000 soldats de 19 pays de l’OTAN participent à la huitième édition de l’exercice Saber Strike, en Pologne et dans les pays baltes.
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Ce déploiement militaire annuel est l’un des plus importants en Europe pour les forces américaines depuis la fin de la guerre froide. Il est surtout destiné à rassurer les Etats de l’Europe de l’Est, inquiets du renforcement militaire russe du côté de leurs frontières depuis l’annexion par Moscou de la Crimée en 2014 et le conflit ukrainien.
 

Cet exercice s’inscrit dans un contexte d’extrême tension entre les pays de l’Europe de l’Est et la Russie depuis le conflit ukrainien. Peut-on parler de rapport de force de la part de l’OTAN ?

"Oui on peut parler de rapport de force. Il faut souligner que tant les pays baltes que la Pologne voient d’un très mauvais œil ce qui s’est passé en Ukraine et qui continue d’ailleurs autour du Dombass. Face à la présence militaire russe, l’OTAN, par ces exercices, contribue à la défense de l’Europe de l’Est, très attachée à la liberté qu’elle a obtenue il y a une vingtaine d’années, après la chute du mur de Berlin" explique Colonel Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue La Défense Nationale.
 

On sait que la Pologne voulait que la présence militaire américaine sur son sol soit renforcée. Les pays baltes ont à peu près la même position. Moscou n’est pas satisfaite. Ce duel à distance peut-il avoir des incidences ?

"Oui et non. On sait que le dialogue est présent entre la Russie et les Etats-Unis. Néanmoins on voit bien que sur le plan militaire, la Russie fait un effort extrêmement important depuis plusieurs années. Cela inquiète. Et il était légitime que l’OTAN prenne en compte cette inquiétude pour ses membres qui sont situés à la frontière avec la Russie" ajoute le colonel Pellistrandi.
 

Pendant des décennies, on était plutôt dans une logique de désarmement entre Est et Ouest. Depuis quelques années, c’est le contraire. On voit que les armées mettent plus de moyens, augmentent leurs effectifs. Comment appréhender ce contexte et ces réalités ?

"Il faut souligner que dans le paysage des relations internationales aujourd’hui, le retour du rapport de force est devenu une réalité. Il y a la Russie mais il y a aussi la Chine. Et l’on voit bien que des pays comme la Suède, neutres d’un point de vue diplomatique, s’inquiètent. Dans un contexte où c’est le rapport de force qui compte, il était nécessaire pour l’Europe et l’OTAN de rattraper ce que l’on appelle les dividendes de la paix, et de pouvoir mieux assurer la défense. Dans ce cas, le dialogue devient possible avec Moscou" précise-t-il encore.
 

Y-a-t-il des risques de déraper sur un accident militaire ?

"Plus on accumule les armements, plus les risques sont réels. Il n’en demeure pas moins que la Russie, sur le plan de sa culture stratégique, a toujours été marquée par le fait d’avoir un rapport de force favorable. Et donc sur le plan militaire, ce rapport de force était devenu très défavorable aux Européens. Et il était urgent de faire un effort pour dire aux Russes que nous sommes prêts à nous défendre, mais nous sommes bien entendu toujours ouverts au dialogue" conclut le colonel Pellistrandi.

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