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Quand l’acte de construire se révèle un acte du prendre-soin
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Quand l’acte de construire se révèle un acte du prendre-soin

RCF,  -  Modifié le 11 décembre 2020
La chronique d'Habitat et Humanisme Quand l’acte de construire se révèle un acte du prendre-soin
Le Père Bernard Devert nous parle de chalets destinés aux mères et à leurs enfants confrontés à la rue.
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Quand l’acte de construire se révèle un acte du prendre-soin

 
On se souvient de l’aphorisme prêté à Alphonse Allais : on devrait construire les villes à la campagne, car l'air y est plus pur !
 
Cette pureté, cette fraîcheur, nous l’avons trouvée à la périphérie de la ville en bâtissant des chalets à destination de mamans et de leurs enfants confrontés à la rue.
 
Cette opération fut conduite à l’initiative d’un mécène qui, pour avoir notamment initié l’Entreprise des Possibles, confère à l’économie une mission : lutter contre la misère qui, sans pudeur, met à la rue ceux qui n’ont rien.
 
Le process de ces chalets a autorisé une construction en quelques semaines, via un permis de construire précaire autorisant, au sein d’un très beau site, une mise à l’abri dans des espaces confortables ouvrant un horizon inattendu et inespéré.
 
La clé de ces chalets n’est pas celle des champs mais celle qui suscite un chant intérieur, témoignant de la joie de ces mamans qui savent désormais que la vie, malgré ses rudesses, peut être traversée par la tendresse.
 
L’image du chalet renvoie au refuge : une sécurité, plus encore un lieu où l’on reprend des forces. Loin d’être le terme d’un parcours, il est la source d’un possible recommencement aux fins d’aller plus loin, de monter plus haut.
 
Cette approche, partagée par tous les acteurs de cette ‘opération de sauvetage’, préside à l’accompagnement des mamans et de leurs enfants.
 
Un avenir se fait jour.
 
La solidarité, animée par la générosité, se révèle une cordée.
 
Lionel Terray, grand alpiniste, donna à l’un de ses livres ce beau titre : Les conquérants de l’inutile, non point une futilité, mais une énergie enthousiaste et audacieuse pour toucher à cet essentiel qui s’offre, alors, dans une gratuité virginale.
 
Telles les graines d’un chapelet, les chalets, sont espacés, retrouvant ici l’image de la  cordée où chacun est proche, sans aucune promiscuité, pour mieux habiter l’intimité trouvée ou retrouvée qui n’est pas sans faciliter l’émerveillement.
 
Les chalets, histoire d’une hospitalité qui, dans la chaîne du logement, inscrit un maillon répondant à cette impérative urgence de bâtir, afin que les plus vulnérables n’aient pas encore et toujours à attendre.
 
L’humanité d’une Société s’évalue non seulement à l’aune de son attention à la fragilité, mais aussi à sa capacité à offrir un toit sans lequel il n’y a pas de soi.
 
A cette condition vitale pour exister, ces chalets participent.
 
 
 
Bernard Devert

 
 
 

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©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
La chronique d'Habitat et Humanisme

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