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Prélèvement à la source: "dans le monde de la TPE, c'est vraiment l'inquiétude"
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Prélèvement à la source: "dans le monde de la TPE, c'est vraiment l'inquiétude"

Un article rédigé par Florence Gault - RCF,  -  Modifié le 26 octobre 2018
​La fin du mois approche, tout comme la fiche de paye. Et ce mois-ci, certaines entreprises vont renseigner deux montants sur les bulletins.
Pixabay Pixabay

Cette petite bizarrerie est due à l’arrivée prochaine de l’impôt à la source. Ainsi, pour habituer leurs salariés, certaines entreprises ont opté à partir de ce mois-ci pour l’affichage de deux montants sur les fiches de salaire traditionnelles : le net à payer habituel, et le salaire net amputé de l’impôt à la source.

Cela n’a rien d’obligatoire. Seules les entreprises volontaires le font. Il s’agit pour la plupart de grandes entreprises et d’entreprises de taille intermédiaire. Du côté des TPE et des PME, il y a beaucoup d’appréhension. Et on essaie tant bien que mal de s’y préparer.
 

Vous êtes vous-même chef de TPE. Dans quel était d’esprit êtes-vous à quelques mois de l’entrée en vigueur du prélèvement à la source ?

"On est aujourd’hui dans l’état d’esprit de la majorité des chefs d’entreprise. On est dans l’expectative. On attend de voir à quelle sauce on va nous manger. Aujourd’hui, il faut que les entreprises se mettent en conformité. Soit elles mettent à jour leur logiciel en interne. Un logiciel de paye c’est entre 500 et 600 euros. Il ne faut pas oublier que nous sommes de très petites entreprises. Soit on passe par un service paye externalisé avec des cas de figure qui vont jusqu’à 50 euros par feuille de paye et par mois. Et cela ne concerne que les CDI. Si vous avez des CDD dans les entreprises, des contrats variés. Ce seront des coûts supplémentaires pour les entreprises. Et la troisième solution qui nous est proposée, c’est que ce soit l’Urssaf qui gère le calcul et nous prélève les sommes. Malheureusement aujourd’hui la relation de confiance que peut avoir le chef d’entreprise avec ces organismes est tout à fait relative dans le sens où s’il y a une erreur, on est prélevé quand même. Et si on a un litige, comme c’est souvent le cas avec l’Urssaf, on nous explique que c’est un avoir pour la prochaine fois. Sauf que nous, cet argent, on en a besoin" explique Jean-François Ferrando, président du syndical patronal des très petites entreprises.
 

Est-ce-que les TPE seront prêtes et surtout est-ce qu’elles peuvent être prêtes ?

"Il faudrait déjà que les organismes d’Etat soient prêts, ce qui n’est pas le cas partout. Dans le monde de la TPE, c’est vraiment l’inquiétude. On a beau nous faire de grands messages en nous disant que tout se passera bien. Mais ce n’est pas comme ça que cela va se passer. On est des pragmatiques. On est au quotidien dans le pratico-pratique. Donc on attend de voir" ajoute Jean-François Ferrando.
 

Comment comptez-vous vous organiser ?

"On est en pleine réflexion au syndicat CNTPE dans la mesure où nous sommes en train de réfléchir à mettre en place, au sein du syndicat, une solution intégrée qui permettrait aux dirigeants de TPE d’avoir une formation de prise en charge, d’avoir un logiciel mis à disposition de telle sorte qu’ils pourraient avoir des feuilles de paye qui ne leur coûteraient plus qu’entre trois et cinq euros d’édition par mois. Ce qui changera fondamentalement avec les coûts constatés" conclut-il.

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