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Poutine et l'Ukraine : une "stratégie de la baïonnette"

Poutine et l'Ukraine : une "stratégie de la baïonnette"

Un article rédigé par Ronan Le Coz - RCF Finistère, le 24 février 2022  -  Modifié le 18 mars 2024

Pour le député du Finistère Jean-Charles Larsonneur, le président russe Vladimir Poutine veut rétablir la sphère d'influence de l'ex-URSS.

Le député du Finistère Jean-Charles Larsonneur - ©Julie Rolland Le député du Finistère Jean-Charles Larsonneur - ©Julie Rolland

Jusqu'où veut aller Vladimir Poutine ? Le président russe a lancé ce matin une grande offensive militaire en Ukraine. Cette nouvelle guerre fait craindre pour la paix et la sécurité sur le sol européen. Mais quelles sont vraiment les ambitions de Vladimir Poutine ? « Vladimir Poutine a un projet très simple qu'il a exprimé à plusieurs reprises depuis 2007 et encore lundi dernier dans un discours parfaitement limpide : il veut rétablir la sphère d'influence de l'ex-URSS et il le fera par tous les moyens y compris les plus brutaux à partir du moment où on lui opposera aucune résistance. C'est ce que j'ai choisi d'appeler dans ce rapport parlementaire « la stratégie de la baïonnette », c'était le mot de Lénine à l'époque », explique Jean-Charles Larsonneur, député du Finistère et auteur d'un rapport parlementaire sur les enjeux de sécurité en Europe de l'est.

L'Occident n'a pas pris la mesure du projet de Poutine

« Partout où c’est mou,  partout où on peut s'enfoncer, on avance. Je ne suis pas sûr que l'Occident aujourd'hui ait pris la mesure du projet de Poutine et pris tous les moyens nécessaires pour opposer une résistance et une fermeté en face de ces menées brutales et sans limite », continue Jean-Charles Larsonneur. « Il va falloir muscler notre jeu, être solidaires… Pas seulement en paroles, mais aussi en acte avec nos alliés. Et renforcer le dispositif militaire pour être dissuasif, décourager la Russie et être crédible. »

La sécurité du continent en jeu

Le député de Brest estime qu'il faut continuer à renforcer le flanc oriental de l’OTAN. « C’est notre garantie de sécurité à l'est. Nous le faisons en Roumanie, avec nos amis et alliés roumains, en ce moment de manière déterminée parce que la mer noire est un enjeu crucial. Mais demain que va-t-il se passer ? Est-ce qu’un dictateur comme Vladimir Poutine ne sera pas tenté d’appuyer sur le bouton des Balkans, de la Bosnie-Herzégovine, ou de la Moldavie dont on sait qu’elle a aussi une minorité russophone sur son territoire et des dépôts d’armes issus de l’action soviétique? J’ai aussi une pensée pour nos amis européens des pays baltes, Estonie, Lettonie, Lituanie, et pour la Pologne. Elle se retrouve désormais encerclée parce que la Biélorussie est totalement vassalisée depuis 2020 et puis on ne sait pas quelle sera la situation de l’Ukraine dans quelques semaines mais on voit bien que le risque est que l’Ukraine tombe aussi sous la coupe de Moscou. » Jean-Charles Larsonneur note enfin que l’enclave de Kaliningrad a été remilitarisée depuis quelques années et représente une sorte de porte-avions russe dans le territoire européen. « Désormais c’est la sécurité du continent qui est en jeu à l'est et peut-être de manière plus générale », conclut-il.

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