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Pour le Secours catholique, on reproduit les mêmes erreurs à Calais
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Pour le Secours catholique, on reproduit les mêmes erreurs à Calais

RCF,  -  Modifié le 9 décembre 2016
Didier Degrémont, président du Secours catholique du Pas-de-Calais, s'inquiète du sort des mineurs et des femmes avec enfants à Calais. Il critique aussi la politique migratoire française.
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Au troisième jour du démantèlement de la jungle de Calais, les associations se montrent de plus en plus inquiètes pour les réfugiés souhaitant toujours rejoindre l'Angleterre. Dans la nuit de mardi à mercredi, les migrants ont incendié des structures dans le bidonville. Les deux journées précédentes, plus de 4 000 personnes ont été mises à l'abri selon le ministère de l'Intérieur. Pour Didier Degrémont, président du Secours catholique du Pas-de-Calais, le sort des mineurs et des femmes avec leurs enfants demeure préoccupant.

La question des femmes et des mineurs

Concernant les incendies dans le camp la nuit de mardi à mercredi, Il explique : "la première journée d'opération s'est bien passée lundi, mais depuis mardi après-midi, on sent que la tension monte. La tension trouve sa source dans le début des destructions de cabanes, mais aussi dans le fait qu'il ne reste maintenant plus que les hommes et les femmes qui veulent passer en Angleterre. C'est leur façon d'exprimer leur refus de partir."

Didier Degrémont pointe deux autres problèmes majeurs : "celui de la prise en charge et la répartition des mineurs d'une part, celui des femmes et leurs enfants de l'autre". Pour le président du Secours catholique du Pas-de-Calais, certaines femmes accompagnées de leurs enfants et prises en charge par le centre Jules Ferry sont persuadées qu'elles vont être emmenées en Angleterre.

"Le bidonville ne pouvait pas continuer"

Didier Degrémont regrette que le démantèlement suscite les mêmes interrogations, les mêmes attentes et surtout reproduise les mêmes erreurs que lors des précédentes opérations de ce type. "Les associations ont déposé un référé-liberté pour demander un diagnostic sur la situation. La mesure aurait permis d'anticiper", peste-t-il. Il assure également qu'aujourd'hui, "il n'y a pas de solution pour les réfugiées puisque la France ne s'est pas dotée d'une politique migratoire". 

Le président du secours catholique reconnaît que l'opération est une réussite pour les demandeurs d'asile qui souhaitaient rejoindre les centres d'accueil et d'orientation (CAO). "Le bidonville ne pouvait pas continuer à exister", indique Didier Degrémont. Mais il s'inquiète quand même du sort du millier de réfugié qui veut toujours passer en Angleterre. "La seule solution pour les migrants aujourd'hui, c'est de se rendre dans un CAO. Ceux qui refusent sont envoyés dans des centres de rétention ou sont lâchés dans la nature", détaille-t-il.

"Ces hommes et ces femmes sont des richesses"

Il poursuit : "il faut une volonté d'accueillir ces migrants, car des réfugiés vont continuer d'arriver." Selon le président du Secours catholique, la logique est la même que lors du démantèlement du camp de Sangatte. "On enlève le camp de Calais mais des centaines de migrants sont partis avant le démantèlement et il y aura toujours des hommes et des femmes qui souhaitent légitimement passer en Angleterre. Des migrants seront pourchassés alors qu'ils n'ont pas de solutions proposées par l'Etat français", indique Didier Degrémont. 

"Ces hommes et ces femmes sont des richesses. Ils représentent une infime partie de notre population. Nous aurons toujours à accueillir des migrants", ajoute-il. Selon lui, les associations sont d'ailleurs en train d'anticiper la présence de migrants qui vont rester ou arriver prochainement sur la région de Calais. 

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