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Plateforme « MonPsy » : le boycott des psychologues libéraux
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Plateforme « MonPsy » : le boycott des psychologues libéraux

Un article rédigé par Milan Tinnirello - RCF Alsace, le 10 mai 2022  -  Modifié le 10 mai 2022

La plateforme « MonPsy » disponible depuis avril 2022, voulue par le gouvernement, ne prend pas chez les psychologues. Les séances de trente minutes à 30 euros, ne séduisent pas les professionnels du métier : seuls 3.33% des psychologues libéraux lorrains ont choisi de s'y inscrire. Selon les syndicats de psychologues, c’est un dispositif mal pensé, sous financé, et inadapté aux patients. Le syndicat national des psychologues déplore aussi le fait que seuls les patients aux troubles anxieux à modérés puissent accéder au dispositif. On en parle avec Florent Simon, représentant du syndicat dans le Grand Est.

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RCF: 3,33% des psychologues libéraux Lorrains ont choisi de s'inscrire sur la plateforme « MonPsy », qu'est-ce que cela vous évoque?

 

Florent Simon: Ça nous évoque surtout que ce dispositif de soins psychologique lowcost est largement rejeté par l'ensemble des professionnels et des psychologues libéraux.

 

RCF: Pour vous c'est inimaginable d'avoir des séances qui sont remboursées à 30euros? Et c'est l'écho qu'en font les psychologues en Lorraine au final?

 

F.S: Principalement en Lorraine et au niveau national, c'est surtout les modalités pratiques, c'est-à-dire trois problèmes : le passage obligatoire par le médecin qui freine largement l'accès aux psychologues, la limitation du nombre de séances à l'année - actuellement elles sont limitées à huit - qui semblent tout à fait insuffisantes car ce n'est pas en huit séances que l'on peut soigner une dépression, et le troisième point qui est effectivement la sous-tarification qui ne nous permet pas de garder nos patients suffisamment longtemps et le temps qui est nécessaire.

 

RCF: Seuls 17 psychologues libéraux en Lorraine ont choisi de s'inscrire sur la plateforme « MonPsy » pour justement ces séances à tarification unique de 30euros remboursés, comment on explique ces chiffres?

 

F.S: Principalement car une bonne partie des psychologues nationalement boycottent ce dispositif pour les raisons que je vous ai évoquées, et donc ne souhaitent pas s'inscrire à « MonPsy ». En réalité, chaque psychologue a le choix ou non de s'inscrire dans ce dispositif mais semble-t-il la majorité n'a pas fait ce choix là, préférant continuer à travailler comme actuellement, c'est-à-dire sur des séances d'une heure, malheureusement pour l'instant non remboursées mais en accès direct, c'est-à-dire qu'il n'y a pas besoin de passer par un médecin, chaque personne qui en a besoin peut directement nous contacter. 

 

RCF: Et vous comprenez quand même que des séances à 60euros ne sont pas accessibles pour tout le monde?

 

F.S : Alors clairement oui et nous sommes tout à fait pour un remboursement mais qui soit respectueux des patients et qui permette une prise en charge de qualité. En huit séances c'est déjà assez peu possible de faire suffisamment avancer et d'aider suffisamment les patients, et par ailleurs il y a des services publics qui permettent largement de rembourser l'ensemble des consultations 100% prises en charge par la Sécurité Sociale. Malheureusement il n'y a pas assez de postes dans ces centres publics, ce qui donne un très long délais d'attente. Et c'est ce que nous défendons. Nous souhaiterions qu'il y ait plus de postes de psychologues dans les centres publics et en même temps, s'ils le souhaitent, que des patients puissent aller vers des psychologues de villes en libérale de manière remboursée. Mais je suis d'accord avec vous, actuellement ça ne peut pas concerner une certaine fraction de la population.

 

RCF: Donc du coup quelles sont vos revendications exactes?

 

F.S: Très clairement, favoriser un accès direct aux patients en libérale sans passage par le médecin et à une tarification qui nous permettrait de travailler correctement et sans limitation de durée. Renforcer ensuite l'ensemble du service public des soins, rajouter des postes de psychologues qui permettraient une véritable prise en charge. Ces deux éléments donneraient lieu à une vraie politique de santé publique pour la santé psychologique de nos concitoyens. 

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