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[Mort d'une SDF au Fenouiller] «L’aide n'est possible que si elle est acceptée» Isabelle Rivière
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[Mort d'une SDF au Fenouiller] «L’aide n'est possible que si elle est acceptée» Isabelle Rivière

Un article rédigé par Thomas Cauchebrais - RCF Vendée,  -  Modifié le 25 octobre 2018
Une SDF de 65 ans, qui vivait depuis plusieurs mois dans sa voiture, est décédée la semaine dernière au Fenouiller. Un manquement des services sociaux est-il à déplorer?
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Les obsèques d’Isabelle ont eu lieu mardi 23 octobre au cimetière du Fenouiller.

Agée de 65 ans, cette sans domicile fixe est décédée la semaine dernière après avoir vécu durant plusieurs mois dans sa voiture, avec son mari Emmanuel, sur le parking de la superette du Fenouiller. Souffrant d'une polyarthrite qui la rendait pratiquement aveugle, Isabelle ne pesait plus que 31 kg le jour de son décès.

Un drame qui a choqué et ému les habitants de cette petite commune du rétro littoral vendéen mais aussi plus largement de toute la Vendée et maintenant de tout le pays, depuis que les médias nationaux ont relayé ce fait divers, révélé jeudi dernier par le journal Ouest-France.

Le couple, vivant du RSA, avait dû quitter son logement en avril 2017 sans réussir à se reloger. Isabelle était déclarée inapte au travail mais ne percevait pas encore ses indemnités et la demande de reconnaissance d’adulte handicapé d'Emmanuel était en cours. Selon le journal Ouest-France, les nombreuses démarches auprès des bailleurs sociaux sont restées infructueuses. Suivis par une assistante sociale, le couple avait repoussé par deux fois la proposition d’accueil en foyer et selon la radio RMC, le couple avait été accueilli en foyer d’urgence, par la mairie, en octobre 2017 et en juin 2018. Un accompagnement qui n’a malheuresement pas abouti. Le 2 juillet, le couple était de nouveau à la rue, jusqu’au décès d’Isabelle.

Un décès qui, contrairement à ce qui a pu être dit, n'a pas eu lieu dans sa voiture mais au domicile de personnes les ayant accueillis. 

Une question pourtant reste en suspens: comment se fait-il que cette situation sociale dramatique se soit enlisée à ce point sans que personne, ni collectivités, ni aucunes des nombreuses associations vendéennes, n’aient pu trouver une solution plus tôt ? Ecoutez la réponse d’Isabelle Rivière, vice-présidente du département de la Vendée en charge des solidarités.

 «C'est une situation dramatique et pour laquelle nos travailleurs sociaux apportent la plus grande écoute. Mais pour autant, ce type de situations de grande vulnéraibilité demande un accompagnement qui soit co-construit et cette co-construction doit se faire en accord avec la personne. Les services sociaux du département sont en mesure d'apporter des réponses adaptées mais, il faut vraiment que les personnes puissent accepter cette co-construction» Isabelle Rivière, vice-présidente du département de la Vendée en charge des solidarités.

Finalement, Emmanuel, le mari d’Isabelle a pu être relogé rapidement à Saint Hilaire de Riez. Un drame qui a ému de nombreux vendéens. Parmi eux, le président d’Emmaüs Vendée, Christian Tessier, qui déplore que l'association n'ait pas été contacté. 

«Il est toujourspossible d'éviter le pire me semble-t-il. Il y a eu certainement des démarches dont je n'ai pas connaissance et je ne veux accuser personne mais ce que l'on souhaite à Emmaüs, c'est qu'au moins nous soyons averti» Christian Tessier, président d'Emmaüs Vendée.

Le mari d’Isabelle continuera a être suivi par les services du département, socialement et medicalement, Le département qui a confirmé qu’il prendrait en charge les frais d’obsèques d'Isabelle.

 

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