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RCF Législatives : la gauche victorieuse à Clermont-Ferrand

Législatives : la gauche victorieuse à Clermont-Ferrand

Un article rédigé par Hadrien Barrau - RCF Puy de Dôme, le 8 juillet 2024  -  Modifié le 8 juillet 2024

Le Puy-de-Dôme reste un département marqué à gauche, c'est l'un des enseignements de la soirée électorale du 7 juillet. Cela est peut-être encore plus vrai pour Clermont-Ferrand, où Marianne Maximi et Nicolas Bonnet ont remporté leurs victoires. Reportage à leurs QG.

Nicolas Bonnet célébré par ses militants après son élection Nicolas Bonnet célébré par ses militants après son élection

19h, la devanture du QG de Marianne Maximi se remplit. La télévision est déjà allumée, l'ambiance est paradoxale : à la fois légère, car les militants terminent une campagne rude, et conviviale, le buffet servant de récompense. Chez certains, cependant, la tension est palpable, comme chez cette jeune fille de moins de vingt ans : "Avec ma psychologue, nous avons convenu d'un rendez-vous ce lundi au cas où..." Oui, au cas où le Rassemblement national serait devant à 20h.

Eric, 66 ans, est plus philosophe. Il concède une montée de l'extrême droite en France et en Auvergne, mais souhaite garder un esprit combattif avant l'annonce des résultats : "C'est le cours de la vie, actuellement ça va dans ce sens. Mais c'est à nous de lutter, de résister si cela arrive. Je dis aux jeunes autour de nous que le combat commence maintenant !"

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Marianne Maximi vient à la rencontre des journalistes. Sûre de sa force, elle ne semble pas douter de sa victoire finale.

La petite place devant le local se remplit de plus en plus, le chrono tourne. À 20h, c'est l'explosion de joie. La gauche est devant : "Et vive, et vive le Front populaire !" chantent les militants. Marianne Maximi prend la parole, elle annonce une probable victoire. La foule présente continue de chanter. Une militante de 73 ans, les larmes aux yeux, nous confie : "Qu'est-ce que je suis heureuse, jamais je n'aurais accepté que le Front National passe !"

Plus au calme, dans le local, Marianne Maximi répond aux journalistes en pointant tout de même le fort score du RN au plan national : "Nous ne pouvons pas nous satisfaire du nombre de sièges du Rassemblement National. Nous pouvions penser avant ce soir qu'ils pouvaient l'emporter, mais leur score, c'est beaucoup trop... Mais ce soir est un premier pas pour enclencher cette bataille qui va prendre du temps, celle de tenir nos engagements."

Début de soirée au QG de Marianne Maximi
Début de soirée au QG de Marianne Maximi
Marianne Maximi ne se satisfait pas du score du RN

Nicolas Bonnet, une victoire "surprise"

Mais passée la joie pour leur candidate, les sympathisants ont de quoi continuer la fête. En effet, au fil des minutes, les résultats des autres circonscriptions tombent : André Chassaigne est réélu, Christine Pires-Beaune aussi. Mais un résultat se fait attendre et est scruté par tous : celui de la 3ème circonscription, Clermont-Montagne.

Un membre de l'équipe de campagne fait l'annonce au micro : "Nicolas Bonnet gagne !"

Direction donc le plateau de la ville et le local du néo-député. Sur place, les militants n'en reviennent pas totalement. Il faut dire que Laurence Vichnievsky (Modem) semblait avoir une plus grosse réserve de voix. Et pourtant... De quoi ravir Pierre, ce militant d'une trentaine d'années qui nous confie entre deux chants : "Nous ne nous y attendions pas forcément, mais nous avons mené une campagne comme on n'en avait jamais vu sur le territoire. Plusieurs personnes non militantes, non encartées, nous ont rejoints, et c'est à partir d'eux qu'il va falloir travailler sur la suite, car le plus dur commence avec autant d'électeurs d'extrême droite."

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Pierre, militant écologiste ravit de la dynamique de campagne

Nicolas Bonnet arrive enfin, écolo jusqu'au bout, à vélo. Lui aussi note une progression du vote vers l'extrême droite et se donne pour mission de convaincre ses électeurs. C'est ce qu'il dit à la foule lors de sa prise de parole : "Il faut que nous continuions à mieux comprendre et à mieux parler à ces électeurs qui ne sont pas tous fascistes, loin de là. Et ça me met une grosse pression sur les épaules!"

Comme un résumé de la tâche qui attend désormais les différents élus français. Les députés de gauche sont attendus à Paris, déjà pour déterminer la stratégie à suivre dans les prochains jours.

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