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Le piège du "toujours plus"
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Le piège du "toujours plus"

RCF,  -  Modifié le 16 novembre 2018
"Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il perd son âme ?", dit le Christ dans l'Évangile. Mgr Benoist de Sinety dénonce le piège du "toujours plus" au cœur de notre système économique.
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David Barroux, dans un éditorial récent des Échos, s’interrogeait hier sur le piège du « toujours plus ». Comment en effet, vendre un objet dans le temps sinon en innovant toujours et encore pour le rendre plus attractif ? Ainsi Gillette  nous propose un rasoir passé  de une à cinq lames en vingt ans. On voit bien ainsi que tout doit avoir une fin... l’inventivité des ingénieurs et des commerciaux n’ayant que très rarement des limites raisonnables, nomme « progrès » toute invention et toute nouveauté. Et nous voici pris au piège de la religion du moment qui nous pousse à trouver formidable chaque nouvelle proposition!

En oubliant souvent qu’à chaque lame rajoutée, quelques centimes supplémentaires s’additionnent à la facture de nos courses hebdomadaires. Et si je parle des centimes c’est pour ne pas évoquer les centaines d’euros que les marques de téléphone ajoutent au prix à chaque nouveau modèle. On peut ainsi avoir aujourd’hui la joie d’acquérir le dernier iPhone pour la somme hallucinante de 1400 €. Ces nouveaux postes de dépenses influent sans nul doute sur ce fameux moral des ménages tant scruté et tant commenté...

La colère des gilets jaunes en est sans doute en partie aussi un signe : chacun prend conscience que l’homme ne peut pas se nourrir, pardon se gaver, uniquement d’objets de consommation. Le piège semble se refermer : comme des enfants nous nous débattons dans nos propres contradictions qui nous font confondre la peur d’avoir moins avec la frustration de ne pas avoir tout. « Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il perd son âme ? » : l’interpellation évangélique devrait retentir en préambule comme parole de sagesse universelle, à toute réforme, à toute réflexion… Et nous obliger ainsi à réfléchir, collectivement et personnellement, toujours et encore, d’oser prendre ce risque salvateur de l’intelligence plutôt que de l’instinct.

S’il est légitime de donner et de permettre à chacun de vivre dignement, c’est entretenir la misère morale des hommes que de réduire leur dignité à ce qu’ils pourraient posséder. Il est plus qu’urgent qu’une réflexion autour de la sobriété de nos comportements se fasse, afin de ne pas épuiser notre terre en épuisant  le regard de l’homme sur lui-même
 

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