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Lamartine, un nom propre analysé
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Lamartine, un nom propre analysé

RCF,  -  Modifié le 28 février 2019
Chaque jour Jean Pruvsot analyse un mot qui fait l'actualité.
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Eh bien, une fois n’est pas coutume, notre mot à radiographier aujourd’hui, sera un nom propre donc, et quel mot ! Lamartine. Alphonse de Lamartine, bien sûr. Lorsque j’avais quinze ans, hier donc, c’était mon poète préféré, et avec mes Parents nous étions même allés visiter sa maison, le domaine de Milly, près de Macon.

On peut d’abord dire que son nom complet n’est pas Alphonse de Lamartine, mais Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, et qu’il est effectivement né à Mâcon le 21 octobre 1790. Et chacun sait qu’il fut un immense écrivain, le poète des Méditations en 1820 au succès fulgurant, et que, député en 1833, il passa du royalisme au républicanisme, assurant pendant trois mois un poste au gouvernement provisoire, avec le rêve de devenir Président de la République. Mais les élections de 1848 furent une lourde défaite pour lui : Napoléon Bonaparte l’emporta massivement.

Le nom de Lamartine est si nationalement connu qu’il a donné lieu comme quelques grands écrivains, à un adjectif, lamartinien, qu’on retrouve dans notre plus gros dictionnaire actuel, le Trésor de la langue française du CNRS, 16 volumes, achevé en 1994. Et l’article qui lui est consacré est assez conséquent. Sans surprise, voici la définition de "lamartinien", "Qui a trait à Lamartine, à sa poésie". Et l’on donne pour exemple : génie, lyrisme lamartinien. Après ça se gâte, on aurait pu se passer de citer Verlaine évoquant les Jérémiades lamartiniennes. Mais on signale son formidable recueil, les Harmonies poétiques et religieuses, publiées en 1830, parfois appelées Harmonies lamartiniennes. En vérité, le style si harmonieux de Lamartine, si romantique, n’est pas sans avoir agacé Flaubert qui dans Madame Bovary, la présente se laissant « glisser dans les méandres lamartiniens », en écoutant « les harpes sur les lacs, tous les chants de cygnes mourants, toutes les chutes de feuilles » Tant pis pour Flaubert, s’il n’est insensible au Lac Lamartinien, dont j’ai retenu des vers magnifiques.

Tirés du célèbre Lac : "Ô temps suspends ton vol et vous, heures propices Suspendez votre cours. Laissez nous savourer les rapides délices Des plus beaux de nos jours." Superbe ! Hélas, me revient la version écrite d’un élève et je n’ai jamais su si c’était faute ou malice de sa part, en écrivant ces vers, en orhographiant temps, comme la mouche piquante, t a o n : Oh taon, suspend ton vol ! Quelle horreur !

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