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La Roumanie face au drame humanitaire ukrainien
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La Roumanie face au drame humanitaire ukrainien

Un article rédigé par Aubert GUINAMARD - RCF Calvados-Manche, le 2 mars 2022  -  Modifié le 18 mars 2024

La guerre en Ukraine a des conséquences humanitaires lourdes. 660 000 réfugiés ont fui le pays. Ils trouvent asile dans les pays limitrophes, comme la Roumanie. L'aide s'organise grâce à la population locale et aux religieux orthodoxes. Mais les besoins sont immenses.
 

Père Stefan Fotache, recteur de la paroisse orthodoxe Saint André et Sainte Alexandra Père Stefan Fotache, recteur de la paroisse orthodoxe Saint André et Sainte Alexandra

Les yeux rivés sur son téléphone portable, le père Stefan Fotache raconte l’interminable file d’attente à la frontière entre l’Ukraine et la Roumanie. « Jusqu’à 10km de queue », soupire le père roumain, recteur de la paroisse orthodoxe Saint André et Sainte Alexandra, de Caen. Depuis cinq jours, il passe ses journées au téléphone. À l'autre bout du fil, ses confrères prêtres et moines dans les départements Maramureș et Suceava, au nord de la Roumaine. C’est là que se trouve une des portes d’entrée des Ukrainiens qui fuient l’avancée des Russes. 

 

Ses amis, clercs roumains, font part de leurs besoins en matériel médical, « car beaucoup de familles ukrainiennes arrivent malades ». Le flou qui règne autour de cette arrivée soudaine et massive de réfugiés, force les mères et leurs enfants à passer plusieurs jours dans le froid en attendant de franchir la frontière. « Les hommes, eux, restent. Ils doivent rejoindre les rangs de la réserve nationale depuis l'ordre de mobilisation générale ». 

 

Le long des 600 km de frontière avec l'Ukraine, les territoires Maramureș et Suceava sont les grandes portes d'entrée vers la Roumanie.

 


La solidarité s'organise grâce aux particuliers 

 

En Roumanie, l’aide aux réfugiés est permise par la mobilisation de la population locale. Le Gouvernement de Bucarest, lui, tarde plus à déployer les équipements nécessaires pour faire face à la situation, selon les observateurs sur place. Ce sont donc les particuliers qui prennent le relais. « Les Roumains prennent leur voiture et vont près de la frontière avec des pancartes expliquant qu’ils ouvrent les portes de leur foyer pour les réfugiés dans le besoin ».

 

La solidarité vient même de là où on l’attend le moins. Même les Roumains aux revenus très modestes participent à l'accueil des nouveaux arrivants. « Certains retraités donnent de l’argent aux réfugiés qui arrivent sur le territoire », explique, très admiratif, le père Fotache, qui souligne l’effort considérable pour des séniors qui perçoivent quelques centaines de RON par mois (le minimum retraite en Roumanie s’élève à 142€). 

 


Un élan de fraternité chrétienne malgré les divisions entre orthodoxes

 

L'aide aux Ukrainiens est aussi assurée par l'Église orthodoxe roumaine. Malgré la séparation de l'Église orthodoxe entre le Patriarcat de Bucarest, celui de Moscou (majoritaire en Ukraine) et celui de Kiev (qui affiche sa rupture avec la tutelle moscovite), l’urgence humanitaire ravive le lien « entre les Églises sœurs ». 

 

Le père Fotache était, ces derniers jours, en contact avec l'archevêché roumain de Suceava. « Un prêtre et des volontaires de la région sont partis en bus déposer du carburant et des aliments de l'autre côté de la frontière. Ils ont laissé le stock en Ukraine et sont rentrés en Roumanie avec le bus plein d’Ukrainiens ». Lors de ce voyage, le convoi a ramené 800 réfugiés.
 

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