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Frites

RCF,  -  Modifié le 28 mai 2020
Les agriculteurs doivent écouler leur stock de pommes de terre, si l'on se sacrifiait pour manger des frites ? Des frites, des frites, des frites, tiens mais d'où vient ce mot ?
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Qui ne connaît pas les frites ? Même Simone de Beauvoir en fait état dans les Mandarins : « Ils commandèrent d’abord des glaces et des sardines, et puis des steaks, des frites, des huîtres et encore des glaces », écrit-elle dans les Mandarins. C’est un drôle de menu, mais bon… Alors d’où viennent les frites, on va essayer d’y répondre…

La frite de pomme de terre c’est bien ce qu’on comprend qu’on on évoque une frite. Au départ bien sûr il y a le verbe « frire », du latin frigere, signifiant « faire griller, rôtir » et ce qui est étonnant, c’est que frigere était homonyme d’un verbe signifiant « avoir froid ». La langue est ainsi faite que parfois elle supporte deux homonymes de sens inverse, en français par exemple, quand je loue un appartement, êtes vous le locataire ou le propriétaire ? Donc du verbe frire et né le participe passé « frit », « frite », puis vint la « pomme de terre frite » vers 1808 et en 1842 était attesté l’abréviation « une frite » promue à un grand succès et au pluriel. On ne commande pas en effet « une » frite, ou alors c’est que le situation est gravissime ! Au passage un autre type de frite.  « On se payait un régal : des frites de betteraves. C’était sucré, fade et gras » déclare Van Der Meersch, dans Invasion 14 publié en 1935. Bon, on est d’accord, laissons de côté la frite de betterave ou de navet. Gardons nos bonnes frites de pomme de terre qui nous ont d’ailleurs offert quelques expressions.

Eh bien, c’est par la forme plutôt ronde de la pomme de terre que le visage a été assimilé en argot à une patate au début du XXe siècle, auparavant on parlait plutôt de poire ou de pêche. Et on a assimilé celui qui avait un bon visage, à celui qui avait une sacrée patate, et donc avoir la patate en argot est devenu synonyme d’avoir la forme. Il faut attendre les années 1970 pour l’expression « avoir la frite ».  Il y a aussi, « rester comme deux ronds de frite », c’est-à-dire comme deux tranches de pommes de terre, bien rondes, yeux grands ouverts. Ah, chère Stéphanie, en préparant cette chronique, j’ai beaucoup salivé, et puis j’ai dit négligemment tout à l’heure à Marinette mon épouse : et si on se faisait des frites à midi. Avec un alibi formidable : la production des pommes de terre à écouler !

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