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Europe: il faut sortir des "trente piteuses"
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Europe: il faut sortir des "trente piteuses"

RCF,  -  Modifié le 11 février 2019
Chaque lundi retrouvez l'édito de Antoine Guggenheim.
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Nous sommes en 1989 : le mur de Berlin vient de tomber. Nous fêterons cette année, à l’automne, les trente ans de cet immense événement. L’Europe centrale et orientale se libère sans violence de la glaciation soviétique. Jean-Paul II, le pape de l’époque, venu de Pologne, invite les nations européennes à se rencontrer en vérité pour participer à un "échange de dons" mutuels. Pour réparer les conséquences de Yalta, sans rien oublier des souffrances du passé.

Allons-nous reconstruire librement notre unité brisée, bâtir une maison commune, réconcilier les énergies spirituelles de nos mémoires brisées, choisir un destin partagé ? Mais les chefs d’État de l’Ouest, emboîtant dans les années 1990 le pas de leurs technocrates, ivres de la "victoire économique" du libéralisme, proposent aux peuples non une "réunification" européenne, mais un "élargissement". Et ils donnent comme règle à la Commission de… veiller sur les intérêts des consommateurs européens ! N’est-ce pas pour cela que ces trente années depuis la Chute du Mur de Berlin peuvent être appelées les "Trente piteuses" ?

Et pourtant, nous sommes des peuples frères et des nations sœurs. Pour le voir, il suffit de voyager un peu. Qui parcourt les campagnes et les villes d’Asie, d’Afrique, ou même d’Amérique du Nord, puis les campagnes et les villes d’Europe, même leurs banlieues, verra que je dis vrai. Nos cultures sont héritières de Jérusalem et d’Athènes, de Rome à Moscou, et de Paris à Berlin. Elles incarnent la recherche de l’absolu, l’ouverture à l’universel et l’amour de la proximité. Elles sont nourries de la soif de justice et du désir de bonheur pour tous. Nos musées racontent l’histoire de nos artistes et nos industries l’inventivité de nos entrepreneurs et de nos ouvriers. Nous parlons de multiples langues et nous avons rencontré tous les peuples de la Terre, pour le meilleur et pour le moins bon.

L’âme de l’Europe, si on accepte cette métaphore, n’est ni vide ni abstraite. Elle est partout incarnée et toujours mobile. Nous avons appris de l’histoire que l’identité européenne, si particulière, est faite de rencontres et de différences, et que l’idéal qui donne sens et valeur à notre aventure collective s’appelle : "liberté, égalité, fraternité".

Si bien que, Européens, nous sommes plus nous-mêmes en 1989, et en ce sens plus forts, que nous n’étions, orgueilleux et conquérants, en 1914. C’est en connaissant et en aimant la civilisation européenne dans sa richesse et sa fragilité que l’on peut préparer son avenir, sa renaissance.

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