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Derrière nos masques
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Derrière nos masques

RCF Anjou,  -  Modifié le 2 novembre 2020
La pandémie du coronavirus nous contraint au port du masque et au confinement... Et elle questionne la fraternité et l’amitié sociale auxquelles le pape François consacre sa dernière encyclique « Tous frères ».
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Fraternité et amitié sociale vont ensemble. L’amitié sociale traduit un engagement commun, une réciprocité dans un regard attentif et un geste qui prend soin de l’autre.
L’amitié mobilise tout ce qui fait la communication entre nous, elle peut passer par des connexions numériques certes, mais elle a besoin du langage de nos corps. Le pape François dans son encyclique parle « des gestes physiques, des expressions du visage, des silences, le langage corporel, voire du parfum, le tremblement des mains, le rougissement, la transpiration » (§43) qui sont nécessaires à la vie sociale et à l’expression de l’amitié sociale entre nous.
L’actualité du Covid nous impose de vivre cette amitié sociale dans une retenue, de se respecter les uns les autres en portant un masque sur le visage et en restant à distance : triste mais nécessaire marque de fraternité. Pour autant, cela ne veut pas dire indifférence, ou peur vis à vis de l’autre. 
Bien au contraire, le pape François utilise l’image du masque pour montrer que la pandémie de Covid-19 vient démasquer notre vulnérabilité et notre interdépendance. 
Le pape parle de la pandémie comme de « la tempête qui démasque notre vulnérabilité et révèle ces sécurités, fausses et superflues, avec lesquelles nous avons construit nos agendas, nos projets, nos habitudes et priorités. [...] AÌ€ la faveur de la tempête, est tombé le maquillage des stéréotypes avec lequel nous cachions nos ego toujours préoccupés de leur image ; et reste manifeste, encore une fois, cette [heureuse] appartenance commune [...], aÌ€ laquelle nous ne pouvons pas nous soustraire : le fait d’être frères » (§32) ; « personne ne se sauve tout seul » « il n’est possible de se sauver qu’ensemble » (§ 32), en frères. 
Le pape François fait appel aussi à la parabole du Samaritain pour évoquer combien devant l’homme à terre, il n’y a plus de distinction entre l’habitant de Judée et l’habitant de Samarie, il n’est plus question ni de prêtre ni de marchand ; il y a simplement deux types de personnes : celles qui prennent en charge la douleur et celles qui passent outre ; celles qui se penchent en reconnaissant l’homme aÌ€ terre et celles qui détournent le regard et accélèrent le pas. En effet, nos multiples masques, nos étiquettes et nos accoutrements tombent : c’est l’heure de vérité́ ! Allons-nous nous pencher pour toucher et soigner les blessures des autres ? Allons-nous nous pencher pour nous porter les uns les autres sur les épaules ? C’est le défi actuel dont nous ne devons pas avoir peur » nous dit encore le pape François (§70).

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