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Début ce matin du procès du Père Max de Guibert
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Début ce matin du procès du Père Max de Guibert

Un article rédigé par Auberi Maitrot - RCF Sarthe,  -  Modifié le 7 décembre 2020
Il est accusé d’agression sexuelle sur plusieurs garçons mineurs. Cette première matinée d’audience a été consacrée aux récits des deux premières victimes.
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La cour s’intéresse ce lundi matin à l'audition des victimes. Une matinée pour le récit de deux victimes.
 

Des agressions en camps scouts

Julien se présente à la barre pour relater 3 agressions qui se seraient produites dans des camps scouts au début des années 90. Le quarantenaire parle vite, il a du mal à articuler lorsqu’il raconte des douches forcées dans une rivière du Nord Sarthe ou lors d’un soir dans la forêt de Brocéliande.  Le Père Max de Guibert l’aurait savonné en s’attardant sur ses parties intimes. Le curé invoque des « méthodes éducatives », un besoin de discipline face à un enfant qui a des problèmes d’hygiène. Lorsque la Présidente souligne qu’à de l’âge de la victime, 12 ans au moment des faits, « on peut se laver seul », l’avocat du prêtre intervient farouchement. Pour Maître Stefan Squillaci, ancien associé de Dupont-Morreti, il s’agissait de soigner l’enfant « qui avait des échauffements à l’entre jambes », blessure que nie avoir eu la victime.
 
Les débats s’attardent un long moment sur la troisième agression. Alors qu’ils préparent un spectacle de la promesse des scouts, Max de Guibert demande à Julien P de se mettre en slip. Il le « frictionne » alors avec un gant de crin, « pour assouplir ses muscles » et interprète au mieux le rôle de poupée de chiffon. Julien lui décrit des frictions sur tout le corps, y compris dans son slip. Le prêtre dément cette partie du récit.
 

« Je n’ose pas regarder mon fils nu, je n’ose pas le laver, il a pourri 20 ans de ma vie »

La deuxième victime aussi évoque une douche ou deux où le curé le savonnait de la tête au pied. Antoine, avait 12-13ans, décrit des fessées, « cul nu, le pantalon en bas des jambes » après du soutien scolaire.

« Il me laissait debout de longues minutes en me regardant assis à son bureau puis il me faisait une caresse sur la tête, un baiser sur le front et tout repartait comme si de rien n’était. »

Max de Guibert reconnaît la fessée. « Cela m’a paru déplacé mais pas maltraitant c’était un choc pour faire avancer les choses ». Le trentenaire reconnaît l’aide du curé sur le plan scolaire mais il évoque tout de même les conséquences émotionnelles de ces évènements sur sa vie : « Je n’ose pas regarder mon fils nu, je n’ose pas le laver, il a pourri 20 ans de ma vie ».

La présidente interroge plusieurs fois le curé sur « son absence de réserve face à la nudité et son manque de pudeur » et comme à chaque moment délicat c'est l'avocat qui répond à sa place.

 

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