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Cuba: "Diaz-Canel a été choisi en raison d'une trajectoire militaire" explique Jean-Pierre Clerc
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Cuba: "Diaz-Canel a été choisi en raison d'une trajectoire militaire" explique Jean-Pierre Clerc

Un article rédigé par Christian Vadon - RCF,  -  Modifié le 1 juillet 2021
3 questions à Cuba: Diaz-Canel a été choisi en raison d'une trajectoire militaire explique Jean-Pierre Clerc
​Après près de 60 ans de pouvoir sans partage à Cuba, la famille Castro passe la main. Les 605 députés élus en mars dernier ont désigné le successeur de Raul Castro à la tête du pays.
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C’est l’ancien numéro 2 du gouvernement, Miguel Diaz-Canel, un civil de 57 ans qui n’a pas connu la révolution de 1959, qui a été désigné. Mais si Raul Castro, âgé de 89 ans, quitte la présidence qu’il occupait depuis 2006, il demeurera Premier secrétaire du Parti communiste cubain au moins jusqu’en 2021.
 

Est-ce qu’on peut dire que le départ de Raul Castro de la présidence marque la fin du castrisme à Cuba, ou alors le début d’une transition ?

"C’est la fin du castrisme oui, car Fidel puis Raul ne sont plus en course. Cela dit, ils ont mis en place un système qui a des bases. Ces choses existent. Est-ce-que le post-castrisme résistera longtemps, car c’est une chose du passé ? C’est très difficile de le savoir mais ce qu’il y a de sûr, c’est qu’il y a une transition, c’est certain" explique Jean-Pierre Clerc, auteur du livre "Fidel Castro : une vie" (éd. de l’Archipel).
 

Lorsque Raul est arrivé au pouvoir en 2006, en succédant à son frère, a engagé une série de réformes sur le plan économique et social, plus que sur un plan politique où cela reste très fermé. Ces ouvertures vont-elles se développer un peu plus ?

"C’est assez difficile de dire que l’on va ouvrir un système tel que celui de l’économie cubaine, qui est un système totalement administré, où les forces économiques vives ont énormément de mal à s’exprimer. Au fond, si l’on devait faire le bilan de Raul Castro, c’est très mince. La seule chose que je vois que l’on puisse mettre à son crédit, c’est la fameuse construction du port de Mariel. Pour le reste, ce ne sont pas les 175 petits métiers qui ont pu changer les choses" ajoute Jean-Pierre Clerc.
 

Est-ce-que finalement ce n’est pas le peuple cubain qui pourrait bousculer les choses ?

"Je ne sais pas ce que l’on peut attendre de l’avenir. Quand les choses ont été comprimées comme elles l’ont été à Cuba pendant 60 ans, d’où peut venir l’étincelle ? Ce Diaz-Canel a été choisi plus en raison d’une trajectoire militaire, services secrets, plus que pour une trajectoire économique. Combien de temps va-t-il tenir ? Je n’en sais rien. On l’a entouré de gardes fous. Seront-ils suffisants pour contenir l’irruption des jeunes ? Je pense à cette couche moyenne de jeunes quadras qui sont dans l’armée, dans les services secrets, et qui peuvent ressentir le besoin d’accélérer les réformes" conclut ce spécialiste de Cuba.

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