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Conférence nationale handicap : des discours aux actes
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Conférence nationale handicap : des discours aux actes

RCF,  -  Modifié le 8 septembre 2020
Mardi 11 février, c'était la conférence nationale du handicap : un événement qui a lieu tous les trois ans, et qui était d’autant plus attendu qu’il a été reporté de plusieurs mois.

« On attendait un discours mobilisateur, et c’est ce qu’il a fait… Après, ça ne reste qu’un discours ». Ces mots sont de Arnaud de Broca dans le Huffington post. Il est président d’un collectif de 47 associations dans le champ du handicap, et il réagit en ces termes au discours du président de la République, en clôture de cette conférence nationale handicap qui s’est tenue à l’Elysée.
 

En quoi le discours était-il mobilisateur ?

Il l’était à double titre. D’abord parce que le plan d’action du gouvernement est ambitieux, mais aussi parce qu’il engage beaucoup d’acteurs : tous les échelons politiques, tous les ministères, les administrations nationales et territoriales, agents économiques, associatifs, et j’en passe. Les annonces n’ont pas manqué : scolarisation – emploi – accessibilité – familles – santé – ressources – simplification administrative… Cette chronique ne suffirait pas à tous les citer. Dans chaque domaine, les objectifs sont précis, tant dans le contenu que dans les délais. Il y a de quoi se réjouir !
 
D’accord donc pour le coté mobilisateur qu’évoque Arnaud de Broca. Mais pourquoi alors la réserve qu’il manifeste quand il dit « ca ne reste qu’un discours ».
La crainte qu’il y ait loin du discours à la réalité se comprend si on regarde en arrière. Déjà en début de mandat, les ambitions affichées étaient grandes. Le bilan à mi-course, lui, est mitigé. Des progrès ont été réalisées, qu’il faut saluer, mais on est loin de l’ambition de départ, et parfois même on a eu le sentiment de régresser. Mais aussi, cette conférence avait lieu symboliquement le jour anniversaire de la grande loi du 11 février 2005. Cette loi était elle aussi très ambitieuse. Et là aussi, hélas, on est loin d’avoir réalisé les objectifs et tenu les échéances. Il y a donc de quoi être perplexe.
 

Alors, on est sans illusion, au risque de baisser les bras ?

Au contraire, raison de plus pour être volontariste ! Il s’agit d’unir toutes les forces de la nation pour mettre en œuvre ces mesures qui ont fait consensus mardi dernier, même si toutes ne seront pas appliquées au final.

Mais il serait dommage que cette unité soit affectée par l’initiative de la Secrétaire d’Etat, Sophie Cluzel – elle ne l’a surement pas décidée seule. Elle s’est déclarée, juste en amont de cette conférence nationale, favorable à l’instauration du métier d’assistant sexuel pour les personnes handicapées.

Déjà les débats s’enflamment, qui divisent, clivent et font diversion, au moment où il s’agit plutôt de s’unir. « Tous les journalistes se jettent sur l’assistance sexuelle -a tweeté une personne handicapée- tout le reste ce qui nous empêche vraiment de vivre, passe à la trappe. Bien joué… ».

Alors, on peut avec elle se demander s’il était bien nécessaire d’ouvrir ce sujet, charger à nouveau le conseil national d’éthique d’une réflexion. Il a déjà donné un avis négatif il y a 7 ans. Ce n’est pas bien vieux.
 

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