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Christophe Korell, ancien policier
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Christophe Korell, ancien policier

RCF,  -  Modifié le 4 février 2019
Présidente de la Jeunesse Ouvrière de France (JOC), Lola Mehl oeuvre pour l'accès à l'emploi pour les jeunes défavorisés.
Fanny Cohen Moreau Fanny Cohen Moreau

“Privé d’emploi” est un terme souvent utilisé par l’association et Lola Mehl explique : "on veut redire que c’est un système économique qui prive les jeunes du droit à travailler".  Elle l’affirme : "le chômage est un choix politique, on pourrait donner plus de travail à un maximum de monde si on avait une société plus inclusive, aujourd’hui les jeunes souffrent de ne pas avoir d’emploi".

"Dans les jeunes que je rencontre à la Jeunesse Ouvrière de France, le chomâge n’est pas un manque de volonté ni de la fainéantise". Lola Mehl consiste qu’il y a "différents freins à l’emploi" et dénonce le fait que "le monde de l’emploi est devenu un marché de l’emploi concurrentiel où certains jeunes n’ont pas leur place".

La JOC publie le livre La vie devant nous sur des parcours de jeunes privés d'emploi, et pour Lola Melh "chacun peut se sentir concerné par ce qui y est raconté, il y a quelque chose d’universel dans le fait d’être freiné dans sa propre vie personnelle par l’absence d’emploi". Neuf parcours y sont présentés, "ils ont senti que leur parole comptait".

La souffrance du manque d'emploi

Lola Mehl constate sur le terrain que "les jeunes sont privés d’une sphère sociale, de rêves, de reconnaissance, il y a une souffrance chez eux". C’est plus compliqué pour eux de trouver du travail car "la question du réseau est fondamentale : vu le nombre de chômeurs et le peu d’emplois qu’il y a, il faut se faire pistonner en grande partie, il y a une difficulté à se valoriser, les jeunes ont tellement intégré qu’ils étaient les rebus de la société qu’ils ont du mal à se vendre".

Autre facteur important de la situation, "une absence quasi-totale d’accompagnement par les acteurs de l’insertion". "Certaines jeunes ont besoin d’être accompagnés, il faut leur donner confiance, pour relever les handicaps sociaux. Il y a un souci d’accompagnement pour permettre aux jeunes de se réaliser". Bien plus que l’intérêt du revenu, Lola Mehl affirme que pour les jeunes suivis par la JOC "le travail est un vecteur d’épanouissement social".

La lutte pour le CDI

Et trouver un emploi ne suffit pas, car il faut encore lutter contre la précarité raconte Lola Mehl : "aujourd’hui les jeunes ont des CDD qui se multiplient, ils n’ont pas le choix, mais ils ne peuvent pas se construire, ils n’ont pas la stabilité de la rémunération qui leur permettrait de faire des plans, ils ne peuvent pas prendre leur autonomie".

Par rapport aux mesures récentes qui accroissent le contrôle des demandeurs d’emploi, pour la présidente de la JOC "on se trompe de combat, cela crée un sentiment de méfiance, où même si parfois ils ne sont pas encore concernés par l’allocation chômage, les jeunes doivent se justifier constamment". Elle ajoute : "on demande tellement de comptes à rendre aux plus pauvres et on laisse tranquille les plus riches, il y a un vrai sentiment d’injustice".

Lola Mehl rappelle la devise de la JOC : "un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde car il est fils de Dieu", dans le sens où "la dignité humaine ne doit pas avoir de prix, chaque femme et chaque homme a une valeur inestimable".

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