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Bertrand Heriard: "pour un débat démocratique apaisé, il faut un projet commun"
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Bertrand Heriard: "pour un débat démocratique apaisé, il faut un projet commun"

RCF,  -  Modifié le 9 mai 2017
Après l'élection d'Emmanuel Macron, le directeur de la revue Projet s'interroge sur l'avenir de la politique française.
 Yves SAMUEL Yves SAMUEL

"Emmanuel Macron a proposé un projet ouvert"

Lors du scrutin présidentiel, les chrétiens ont parfois eu du mal à choisir un candidat dont les propositions soient en parfaite adéquation avec les valeurs de l'Evangile. Cette question du choix a été facteur de tensions, de doutes, au de là même de l'électorat catholique. Elle le sera encore lors des élections législatives. En attendant le nouveau président va devoir se poser en rassembleur des Français.

Emmanuel Macron va donc devoir réconcilier un pays divisé. Pour cela, il y a des préalables. "La grande oubliée de la campagne électorale et de l’élection présidentielle est la question écologique. Il ne suffira pas de relancer la croissance et de mieux répartir les richesses si celles-ci sont assises sur la dérégulation du climat. La question des inégalités est très importante, et cela doit être la tâche première du nouveau président" explique le jésuite Bertrand Heriard-Dubreuil, directeur du CERAS, (Centre de recherche et d'action sociale) et de la revue Projet.

La réconciliation d’un pays en crise passera également par la mise en place d’un débat démocratique apaisé. "Cela suppose toujours d’avoir un projet commun. Sous prétexte de démocratisation, je crois que les primaires ont considérablement réduit le débat, à des questions de personnes. A gauche comme à droite les vainqueurs se sont crus légitimes de porter plus loin leurs seules idées et non pas de rassembler. Emmanuel Macron a proposé un projet ouvert, mais qui doit encore être précisé" ajoute le jésuite.

 

"Ne pas retomber dans les vieilles ornières idéologiques"

Même s’il a été élu avec un bon score, beaucoup d’électeurs ont voté pour Emmanuel Macron, non pas par conviction, mais pour faire barrage au Front National. Les votes blancs et l’abstention ont également été assez importants. Il faudra également entendre la voix de ces personnes, tout comme celles qui ont voté aux extrêmes. "Il faut écouter leur colère, leur sentiment d’abandon contre le chômage de masse" analyse le directeur du CERAS.

"On est face à une crise de l’accueil plus forte que celles des réfugiés. Là-dessus, le discours de Marine Le Pen mise sur une victoire possible en 2022. Il y a un grand risque que les réfugiés deviennent le bouc émissaire de la crise. Les migrants sont là. Ce qui est dangereux c’est de mal les accueillir. On créée une violence qu’ils nous renvoient" précise Bertrand Heriard.

La prochaine étape, c’est bien entendu les élections législatives. Pour le directeur de la revue Projet, la bonne posture pour voter en conscience, avec discernement, est la suivante : "il ne faut pas retomber dans les vieilles ornières idéologiques, en s’opposant sur un point des programmes et non pas sur l’ensemble des problèmes qui agitent la France".

 
 

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