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Au Mali, "la spirale de violence ne fait qu'augmenter"
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Au Mali, "la spirale de violence ne fait qu'augmenter"

Un article rédigé par Florence Gault - RCF,  -  Modifié le 28 juin 2021
3 questions à Au Mali, la spirale de violence ne fait qu'augmenter
​Au moins 160 personnes ont été tuées samedi 23 mars dernier au Mali, près de la frontière avec le Burkina-Faso. L’illustration d’une détérioration de la situation sur place.
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Samedi dernier, un village peul du centre du Mali était la cible d’une attaque meurtrière dont le bilan grimpe désormais à 160 morts. Le gouvernement a annoncé dans la foulée la dissolution d’un groupe de chasseurs dogons, soupçonnés d’avoir commis ces exactions, ainsi que le limogeage des principaux chefs militaires maliens. Selon l’ONU, les violences dans le centre du Mali ont coûté la vie à 500 personnes en 2018.
 

Comment expliquez-vous le massacre de Bankass ?

"On sait que depuis quelques années il y a des affrontements socioprofessionnels dans le centre du Mali, mais que ces affrontements puissent atteindre une telle ampleur est inédit. Il faut rappeler que nous sommes dans une localité où les rapports communautaires sont conflictuels de façon historique. Ces affrontements qui se faisaient à coups de gourdins et de machettes se font désormais à coup de kalachnikovs. La spirale de violence ne fait qu’augmenter. Ce qui est facilité par la disponibilité d’armes dans la localité, mais également par la faible absence de l’Etat" explique Baba Bakono, chercheur à l’institut d’études et de sécurité basé à Bamako
 

Pourquoi le gouvernement n’arrive pas à être suffisamment présent ?

"Nous sommes dans des environnements difficiles. La géographie n’est pas la même en fonction des localités. La présence de l’Etat est très souvent symbolique, avec quelques bâtiments administratifs occupés par des représentants, mais qui ne répondent pas aux besoins élémentaires des communautés. Au fil du temps, et avec la crise de 2012 des groupes armés se sont substitués à l’Etat en apportant des réponses aux besoins des communautés. Voila comment cette absence de l’Etat a favorisé l’émergence d’acteurs armés qui n’ont pas hésité à exploiter les clivages historiques" ajoute-t-il.
 

Qui sont ces Dogons dont le gouvernement a annoncé la dissolution d’un groupe ?

"Il est important de rappeler que ces milices ne sont pas toutes formées par un seul groupe ethnique. Au sein des confréries de chasseurs, on retrouve des Dogons, des Bambaras et d’autres ethnies présentes dans le pays. Il s’agissait là du principal groupe d’autodéfense qui était mis en place pour faire face à l’insécurité dans la zone, principalement contre le terrorisme. On l’a laissé prospérer et il était devenu incontrôlable pour le gouvernement" conclut Baba Bakono.

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