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Amande Marty: "dans le deuil, un espoir est possible"
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Amande Marty: "dans le deuil, un espoir est possible"

RCF,  -  Modifié le 6 juin 2019
"Et je choisis de vivre". Le film sort au cinéma mercredi 5 juin. L’histoire d’une jeune maman qui vient de perdre son enfant et qui part pour un périple à travers la Drôme.
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Comment affronter la mort d’un enfant ? C’est la question sous-jacente dans le film-documentaire qui sort ce mercredi 5 juin au cinéma. "Et je choisis de vivre", relate l’histoire d’une jeune mère, Amande Marty, qui vient de perdre son petit garçon, Gaspar, et qui se lance dans un périple à travers la Drôme, afin de rencontrer d’autres personnes ayant dû elles aussi se confronter à la mort d’un enfant, jeune.
 

 

L'envie d'en finir

"Gaspar avait un problème cardiaque détecté avant la naissance. Il avait un rythme cardiaque très lent. Les médecins n’ont jamais su comment cela allait évoluer. Sa naissance s’est déroulée normalement. Il a vécu avec nous jusqu’à ses neuf mois, et il a commencé à moins s’alimenter, à devenir hypotonique. Il a été hospitalisé. On l’a accompagné pendant trois mois à l’hôpital, et finalement il est décédé des suites d’une décompensation du foie. Il n’y a jamais eu de diagnostic sur sa maladie" explique sa maman, posément.

Pourtant, raconter cela d’une manière calme est le résultat de plusieurs longs mois de souffrance et d’interrogations. Quand Gaspar est mort, Amande Marty raconte avoir elle aussi eu envie de mourir. "Dans les mois qui ont suivi, on était dévasté par la douleur qui nous arrivait. On avait des émotions très fortes de colère, de tristesse. On se sentait seuls et démunis. Nous n’étions pas éduqués sur ce qu’est un deuil, et sur ce qui était normal de ressentir comme émotions" ajoute-t-elle.
 

"Nous avons toutes les ressources pour guérir autour de nous"

Au sein de son couple, Amande Marty confesse par ailleurs que l’expression des émotions était différente. "Moi j’ai vraiment eu le besoin de parler avec des familles qui avaient vécu la même chose que nous alors que Guillaume avait plus besoin d’être dans l’action. Il n’avait pas forcément besoin de s’enrichir des expériences des autres. Cela nous a renforcés. Ce qui nous a permis de rester unis, c’est de parler très souvent de ce que l’on traversait" lance-t-elle.

Pour guérir, Amande Marty choisit de marcher. Et cela lui fait du bien. "C’était l’un des messages les plus simples que l’on avait envie de faire passer. La marche c’est à la portée de tous. On a décidé d’aller marcher là où on habite pour insister sur le fait que l’on a toutes les ressources autour de nous. On avait vraiment envie de montrer la puissance de la nature qui nous entoure, et la capacité à accueillir les émotions qui nous traversent" ajoute la mère de Gaspar.
 

"Faire son deuil" ne veut rien dire

Dans le film, Amande et Guillaume, son compagnon, réalisent que faire son deuil ne veut rien dire. "Le deuil ne se termine pas un jour précis. On parle plutôt d’une traversée. Il y a un processus naturel qui se passe et qui est présent pour tous. Il évolue avec le temps. Les émotions s’apaisent. Ensuite on va plus vers une intégration de la personne qui est partie, en nous. Tout ne s’arrête pas, et ensuite on peut repenser à la personne, à travers des émotions positives" lance-t-elle.

Amande Marty explique ne pas avoir de religion, et se confie sur la difficulté de trouver des rituels. "On a inventé nos propres rituels parce que justement on ne trouvait pas dans notre culture, en-dehors des rituels religieux, ce qui pouvait nous aider à avancer. On a mesuré la force du rituel de manière personnelle, et pour la communauté qui nous entoure" conclut-elle.

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