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Affaire Santier, processus de réparation, Synode : Mgr Kalist nous répond
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Affaire Santier, processus de réparation, Synode : Mgr Kalist nous répond

Un article rédigé par Hadrien Barrau - RCF Puy de Dôme, le 3 novembre 2022  -  Modifié le 10 janvier 2024

Alors que l'assemblée plénière d'automne des évêques de France a débuté ce jeudi à Lourdes, Monseigneur Kalist répond à notre micro aux actualités auxquelles font face l'Eglise et le diocèse de Clermont. 

Monseigneur Kalist répond aux question d'Hadrien Barrau Monseigneur Kalist répond aux question d'Hadrien Barrau

L'affaire Santier et le processus de réparation des abus sexuels dans l'Eglise

 

RCF Puy-de-Dôme : Le week-end dernier, le collectif Agir pour notre église s’est mobilisé suite à l’affaire Santier, est-ce que vous comprenez cette colère à peine plus d’un an après la parution du rapport Sauvé ? 

 

Mgr François Kalist : Je la comprends et je la partage… Le rapport Sauvé a marqué une étape très importante dans le processus de prise de conscience. Il a marqué aussi la volonté de la part des évêques de lutter de façon décisive contre les abus et d'engager aussi une réparation envers les victimes. Une fois de plus, nous ne pouvons que nous associer à l'épreuve de ces personnes qui ont été abusées, qu'elle soient mineures ou majeures et ce dans toutes sortes de circonstances et depuis des dizaines d’années.

 

RCF Puy-de-Dôme : Est-ce qu’il n’est pas encore plus blessant de voir cela alors que les démarches ont été lancées ? 

 

Mgr Kalist : Bien sûr ! Je crois que le travail est bien engagé de toute manière. Il continue. Je crois que c'est une épreuve mais ce n’est pas un coup d’arrêt. C'est une invitation à aller plus loin, à exprimer davantage notre détermination, à renforcer sans doute encore nos procédures. Les élèves sont spécialement interpellés sur la question de la transparence, la question des procédures canoniques, la manière dont les tribunaux ecclésiastiques fonctionnent. Ce n'est pas toujours compris mais surtout ce n'est pas toujours adapté aux manières de penser ou aux manières de faire…


RCF Puy-de-Dôme : Parmi les revendications d’agir pour notre église, il y a la demande de transmettre le plus vite possible les faits connus avant même l’engagement de peine canonique, est-ce que c’est quelque chose qui doit être un réflexe ? 

 

Mgr Kalist : Ce n’est pas nouveau, la transmission à la justice est systématique, nous avons sans doute à améliorer encore notre réactivité, mais sur le principe les choses sont totalement acquises , il y a une collaboration régulière et sans réserve avec la justice civile.

 

RCF Puy-de-Dôme : Les fidèles semblent en demande de plus de transparence de la part de l'Eglise, d'autres disent que que cela ne va pas assez vite dans les démarches de réparation des abus sexuels, qu'est-ce que vous leur répondez ?  

 

Mgr Kalist : Si nous voulons faire un travail sérieux il faut prendre du temps. Je prends l'exemple du processus de réparation, ce n'est pas qu’un accueil de type ponctuel qui consisterait à répondre aux demandes de manière exclusivement tarifée. C'est la proposition de tout un processus de reconstruction, d’aide personnalisé. Cela induit la prise en compte de l'histoire de chaque personne, soit une proposition adaptée à chaque personne. Dans certains cas, cela pourrait être plutôt une aide psychologique, pour d’autres ce sera au niveau au niveau social, ou au niveau d'une d'une aide professionnelle... Cela ne peut pas se faire du jour au lendemain. Il faut quand même que nous ayons du côté de l'accueil des personnes suffisamment de compétences pour répondre à toutes les situations. Et il faut le rappeler, il y a des situations de personnes qui sont en grande souffrance. Je pense donc que le temps est nécessaire. Certains ont trouvé que les choses étaient vraiment lentes à se mettre en route, et d’un côté il est vrai que le contact avec l’instance nationale de réparation a été long à se lancer. J’ai eu des échos de certaines personnes victimes qui se demandaient ce qu’il se passait… La patience a quand même fini par être honorée. Les réponses commencent à arriver. Mais encore une fois, si nous voulons être sérieux dans la manière de répondre, il faut des moyens et cela demande du temps.  

Le Synode sur la Synodalité dans le diocèse de Clermont

 

RCF Puy-de-Dôme : La session plénière  doit être aussi celle de la transformation de l'Eglise. Il en sera aussi question à plusieurs reprises durant cette semaine. Il est nécessaire justement de répondre aux attentes des fidèles sur cette démarche synodale ? 

 

Mgr Kalist : Ce chemin est engagé depuis près de 2000 ans. Effectivement, il y a eu des moments plus charnière, des moments où la réflexion a été plus intense. Mais depuis le concile Vatican II, nous sommes engagés sur un chemin plus synodal. Le Pape a donné une impulsion plus importante depuis 2015 et avec la convocation d’un synode universel, il donne une impulsion plus pressante. Nous pouvons penser que dans les deux années qui viennent nous aurons les fruits de toute cette réflexion. J’espère que cela aboutira sur des orientations précises, et qui répondent aux attentes actuelles du peuple de Dieu. 


RCF Puy-de-Dôme : Et dans le diocèse de Clermont, où en sommes-nous ?

 

Mgr Kalist : Nous avons organisé le 13 octobre dernier une soirée où étaient convoqués des représentants de toutes les paroisses et services pour rendre compte des résultats de la consultation organisée l'année dernière. Alors bien sûr, il y a des des attentes de toutes sortes mais pas forcément du même ordre. Par exemple, des questions plus fondamentales sur la place des femmes dans l'Église, sur le devenir des ministères…  Il y a des questions qui relèvent de l'ordinaire du quotidien de la vie d'une paroisse. C'est évident que ce n'est pas du même registre. Pour être clair, les grandes questions sont du ressort d'un concile, mais nous n’allons pas les traiter comme cela dans l’immédiat. [...] C'est l'Eglise elle-même, le peuple de Dieu, qui doit se mettre en réflexion et déterminer les questions qui sont prioritaires. C’est ce travail là que je voudrais voir.  Nous avons donc commencé le 13 octobre. C’est ce travail que nous allons encore relancer dans un rassemblement diocésain, qui aura lieu à la cathédrale de Clermont le 27 novembre. Il sera alors proposé à toutes les communautés chrétiennes de notre diocèse le fruit du discernement de chacun dont les conseils pastoraux. C’est là que le travail va commencer pour répondre aux questions qui sont vraiment du ressort d’une Eglise locale. 

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