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« L'industrie agroalimentaire a mis en place des procédés de transformation des aliments de plus en plus délétères pour la santé », alerte Laure Ducos

« L'industrie agroalimentaire a mis en place des procédés de transformation des aliments de plus en plus délétères pour la santé », alerte Laure Ducos

Un article rédigé par Joséphine Bacquaert - RCF, le 8 février 2024  -  Modifié le 8 février 2024
L'Invité de la Matinale "L’Etat défend les intérêts de l’agro-industrie", revendique Laure Ducos, experte des enjeux environnementaux en agriculture et en alimentation

En France, en 2020, près d'un Français sur deux était en situation de surpoids ou d'obésité, dont plus d’un tiers des enfants de 2 à 7 ans. Laure Ducos, experte des enjeux environnementaux en agriculture et en alimentation révèle les enjeux de l’agro-alimentaire dans son livre « Les frites viennent des patates - Dans les coulisses de notre alimentation et de l'agro-industrie » aux éditions Grasset. 

Les coulisses de notre alimentation et de l'agro-industrie ©Freepik Les coulisses de notre alimentation et de l'agro-industrie ©Freepik

Ces dernières années, le cracking est devenu une pratique récurrente dans le secteur de l’agro-industrie. « On extrait le gras d'un côté, les protéines de l'autre et on les reconstitue », détaille Laure Ducos, experte des enjeux environnementaux en agriculture et en alimentation. Une stratégie bénéfique autant pour les industriels que les consommateurs. « Cela permet d'avoir des produits pas chers et de les exporter ou de les importer à moindre coût », précise-t-elle. 

Le fléau du cracking 

La démocratisation de ce procédé impacte notre alimentation selon Laure Ducros : « L'industrie agroalimentaire a mis en place des procédés de transformation des aliments de plus en plus délétères pour la santé. » Les additifs sont en première ligne, en particulier le glutamate, un exhausteur de goût qui agit directement sur la consommation. « Aujourd'hui les agro-industriels rajoutent beaucoup de sel, beaucoup de sucre qui vont entraîner une addiction », alerte-t-elle. 

L'application Yuka, comme les autres de ce type font trembler les industriels. C'est une excellente initiative.

Pour endiguer ce fléau, des applications comme Yuka permettent d’analyser notre assiette. Une action encouragée par l’experte : « L'application Yuka, comme les autres de ce type font trembler les industriels. C'est une excellente initiative. » Une utilisation qui montre cependant un manque de transparence de la part des marques. « Pour moi, ce n'est pas normal que dans les magasins, les personnes doivent scanner leurs produits à l’aide d'un téléphone pour se rendre compte s’il est sain pour la santé », s’insurge Laure Ducos. 

Produits transformés, ultra-transformés : quelle différence ? 

Autre facteur qui influence notre assiette : la transformation des produits. Cet indicateur n’est pas toujours synonyme d’une mauvaise alimentation. « Les aliments transformés permettent parfois de gagner du temps sur la cuisson et de vraiment manger mieux », soulève-t-elle. 

Ce sont des produits qui contiennent beaucoup de sucre, beaucoup de sel et d’exhausteurs de goût.

Le problème provient essentiellement des produits ultra-transformés : « Ce sont des produits qui contiennent beaucoup de sucre, beaucoup de sel et d’exhausteurs de goût. » Un processus industriel qui impacte directement la santé des consommateurs. « Tout cela, crée des cocktails parfois explosifs », prévient-elle. 

Des listes d’ingrédients à rallonge 

Dans ces produits ultra-transformés, on constate des listes d’ingrédients plus grandes comparées à d’autres : « Si vous avez plus de 5, 6 ingrédients sur un même aliment, c'est que peut-être qu’il a été ultra-transformé. »

Les perturbateurs endocriniens, comme leur nom l'indique, vont modifier le fonctionnement hormonal de notre corps et cela peut avoir des impacts sur le poids par exemple.

Parmi ces ingrédients, un en particulier dégrade la qualité de notre alimentation. « Les perturbateurs endocriniens, comme leur nom l'indique, vont modifier le fonctionnement hormonal de notre corps et cela peut avoir des impacts sur le poids par exemple », insiste Laure Ducos. Son utilisation favorise l’obésité et les maladies qui ne cessent de s’accroître. 

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