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Forum de Davos : comment se porte l’économie mondiale ?
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Forum de Davos : comment se porte l’économie mondiale ?

Un article rédigé par Baudouin de Wolbock - RCF, le 16 janvier 2024  -  Modifié le 17 janvier 2024
L'Invité de la Matinale "Il y a un vrai travail international à mener contre la maximisation du profit" souligne Bertrand Badré

Ce lundi 15 janvier s’est ouvert la 54ème édition du Forum économique de Davos en Suisse. Depuis plus de 50 ans, cette petite commune proche des Alpes reçoit les plus grandes figures politique et économique du monde. La tenue de de forum donne l’occasion de s’interroger sur l’avenir économique mondial.

©geralt/ Pixabay ©geralt/ Pixabay

Le tout premier Forum économique à Davos a vu le jour en 1971 sous l’impulsion de Klaus Schwab, professeur allemand d’économie à l’université de Genève. Plus de 400 dirigeants d’entreprise européens sont alors conviés à ce congrès. De vocation européenne, Davos prend par la suite une dimension mondiale. À partir de 1974, des responsables politiques sont invités à prendre part au sommet économique, offrant à ces différents acteurs l'opportunité de pouvoir échanger : « C’est un lieu de rencontre neutre dans lequel on évoque les grandes questions du monde » affirme Bertrand Badré, ancien directeur de la Banque Mondiale et habitué du Forum de Davos. Considéré comme un haut lieu du lobbying et du business, le forum de Davos est source de nombreuses superstitions : « C’est un lieu qui fait l’objet de pas mal de critiques et de fantasmes. »

Un système inadapté aux réalités économiques d'aujourd'hui


 Les modes de gouvernance mondiale en vigueur ne semblent plus répondre aux enjeux actuels : « La gouvernance de notre planète date d'après la Seconde Guerre mondiale. On a créé le système des Nations Unies puis celui dit de Breton Woods, le Fond monétaire et la Banque mondiale entre 1944 et 1945 à un moment pendant lequel il n'y avait que 50 états sur la planète, il y en a 200 aujourd'hui. » 

Aujourd'hui, il n'y a pas de maître du monde. Il y a eu la France par le passé, Louis XIV, Napoléon, du temps de Milton Friedman, c'était les États-Unis. Désormais, il n' y a personne capable d'assurer ce rôle 

Une perte de confiance face aux engagements non-tenus

Les décisions économiques mondiales semblent demeurer au stade de la théorie : « Il ne faut pas uniquement prendre des engagements devant un micro. Les gens ont sentiment qu'on annonce des choses et puis par la suite on ne voit pas trace de l’argent investi ni de la décision qui a été prise sur le sujet ». Ce manque de concrétisation entraîne une perte de confiance de la société civile dans les grandes instances internationales : « Pour restaurer cette confiance, il faut que ces engagements soient suivis de faits concrets. Je pense aux accords de Paris qui ont été de vaines promesses. Aujourd’hui, nous sommes dans un monde, ou la défiance est le maître-mot. Rebâtir cette confiance prendra donc énormément de temps ».

Les sommets peuvent ne plus offrir plus de solutions, notamment en matière climatique : « Les COPS sont très insuffisantes pour régler les problèmes écologiques ». Ces carences proviennent également d’un manque de fermeté dans la gouvernance mondiale : « Aujourd'hui, il n'y a pas de maître du monde. Il y a eu la France par le passé, Louis XIV, Napoléon, du temps de Milton Friedman c'était les États-Unis. Désormais, il n' y a personne capable d'assurer ce rôle ».

Entre doutes et espoirs dans la finance mondiale

Pour Bertrand Badré, l'état de la finance dans le monde laisse à désirer : « Cela fait 15 ans que nous connaissons une grave crise financière et l’on voit bien que le la finance verte, c'est encore un sujet compliqué, mais il se passe des choses ». Toutefois la gestion de la crise du Covid a pu mettre en évidence la possibilité de mettre concrètement en place des solutions : « On a réussi à trouver les moyens financiers, on a réussi à trouver un vaccin, on a réussi à le distribuer, il y a eu des hauts et des bas, tout n'a pas été fait de manière égalitaire et cetera. Il n'empêche que nous y sommes parvenus. Cela prouve bien que même dos au mur l'humanité sait se retrouver, c'est ça le signe de l’histoire. »

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