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[L’Évangile du dimanche] Des cœurs brûlants sur le chemin d'Emmaüs

[L’Évangile du dimanche] Des cœurs brûlants sur le chemin d'Emmaüs

RCF, le 20 avril 2023  -  Modifié le 23 avril 2023
Enfin une Bonne Nouvelle [Évangile du dimanche] Des cœurs brûlants sur le chemin d'Emmaüs (Lc 24, 13-35)

Dans l'Évangile de ce dimanche, deux personnes font route vers Emmaüs. On imagine combien leur cœur est lourd : ils viennent de quitter Jérusalem, où Jésus, celui en qui ils croyaient, est mort sur la croix... Or, un homme vient à leur rencontre. Ils ne reconnaissent pas tout de suite le Ressuscité, qui se manifeste à eux sans grandiloquence ni effet spectaculaire.

Eugène Burnand, Les Disciples Pierre et Jean courant au sépulcre le matin de la Résurrection, Paris, Musée d'Orsay ©Wikimédia commons Eugène Burnand, Les Disciples Pierre et Jean courant au sépulcre le matin de la Résurrection, Paris, Musée d'Orsay ©Wikimédia commons


 

Évangile du dimanche 23 avril (Lc 24, 13-34)

Le même jour, deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »

Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. 

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »

À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

Source : AELF

 

 

Le second disciple d'Emmaüs : et si c'était nous ?

 

On imagine la lourdeur du cœur des disciples ! Deux personnes font route vers Emmaüs, ils repartent de Jérusalem, où a eu lieu l'exécution et la mort de Jésus. L'un des deux s'appelle Cléophas mais on ne sait rien du second : est-ce un homme ou une femme ? "Ça peut tout à fait être une femme", souligne Anne Soupa. On peut même se dire qu'il s'agit du lecteur ou de la lectrice. "C'est nous qui suivons Cléophas et qui allons rencontrer Jésus sur un chemin qui nous est propre et que nous parcourons dans un sens et dans l'autre au cours de nos vies", explique la bibliste.

 

Jésus, une pédagogie de la question

 

Ces deux personnes font la relecture de ce qui vient de se passer. La marche est en effet souvent propice aux confidences. Ici, Jésus apparaît comme un troisième marcheur, et par ses questions, il suscite une réflexion. "Parce que tant qu'on n'est pas questionné par un tiers, remarque Anne Soupa, la réflexion semble figée ou ne pas aboutir."

 

"De quoi discutez-vous en marchant ?" demande Jésus. Dans les évangiles, Jésus est souvent en train de poser des questions. "Et c'est très intéressant de voir que les disciples possèdent une partie de la réponse, note Anne Soupa, et la réponse qu'ils possèdent, c'est la mise en récit." Cela renvoie à ce que disait Paul Ricœur : "que le sens de nos vies est dans le récit de nos vies", rapporte la bibliste. "Ces deux personnages vont raconter ce qui s'est passé" et notamment ce qu'ils n'ont pas compris. "L'incompréhension il ne faut pas la fuir, il faut l'affronter."

 

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