Accueil
Jérôme de Stridon : Sa vie

Jérôme de Stridon : Sa vie

Un article rédigé par Jean Charmois - Dialogue RCF (Aix-Marseille),  -  Modifié le 10 novembre 2021
À l'écoute des Pères Jérôme de Stridon (1ère partie)

Nous allons écouter aujourd’hui un Père latin qui a marqué tout l’Occident par son intelligence et ses recherches sur l’Ecriture, mais un Père parfois rebutant par son caractère fougueux, irascible, excessivement sensible, capable d’encenser ses amis avant de se brouiller avec eux. 

(Pixabay) (Pixabay)

Sa vie

Il naît en 347 à Stridon, en Dalmatie. Il se rend à Rome pour y suivre des études. Il a seize ans quand il est baptisé, avant de partir pour Trèves pour étudier la théologie.

Une nuit, il fait un rêve dramatique : confronté au Juge suprême il est accusé de n’être pas aussi chrétien que “cicéronien”. Jérôme s’entend par là dire qu’il est temps de s’occuper des choses de Dieu. 

Il s'insère alors dans un groupe de fervents chrétiens d’Aquilée. Il part ensuite pour l'Orient et vit en ermite dans le désert se consacrant sérieusement aux études. Il perfectionne sa connaissance du grec, commence l'étude de l'hébreu en suivant les cours du rabbin Bar Anima, transcrit des codex et des œuvres patristiques.

Revenu à Antioche l’évêque Paulin l’ordonne prêtre. Puis il accompagne l’évêque Paulin à Rome, pour un concile. 

Le pape Damase, sachant la parfaite connaissance de Jérôme de l’hébreu, du grec et du latin, lui confie alors la révision des traductions latines des Évangiles et des Psaumes, ainsi que la traduction intégrale de la Bible. 

À la mort de Damase, Jérôme, sentant l’hostilité du clergé, quitte Rome pour Bethléem. Il reste à Bethléem jusqu'à sa mort, en continuant à exercer une intense activité : il commente la Parole de Dieu, défend la foi contre différentes hérésies, exhorte les moines à la perfection, enseigne la culture classique et chrétienne.

En 391, il donne sa propre traduction latine de la Bible. Ce sera la Vulgate. La Vulgate s’imposera dans tout l’Occident latin au VIIIe siècle. 

La plus grande œuvre de Jérôme est naturellement d’ordre exégétique. C’est un homme de la Bible, dans la ligne traditionnelle de l’allégorie. En privilégiant le sens littéral il se rapproche de la tradition antiochienne.

Devenu impotent et aveugle, Jérôme est rappelé à Dieu le 30 septembre 420, dans sa cellule, près de la grotte de la Nativité.

 

Un commentateur de l’Ecriture

Jérôme souligne la joie et l'importance de se familiariser avec les textes bibliques:

"Ne te semble-t-il pas habiter - déjà ici, sur terre - dans le royaume des cieux, lorsqu'on vit parmi ces textes, lorsqu'on les médite, lorsqu'on ne connaît ni ne recherche rien d'autre?" (Ep 53, 10). 

Lire l'Ecriture signifie converser avec Dieu. Pour pénétrer toujours plus profondément la Parole de Dieu, une application constante et progressive est nécessaire. 

Seul un profond esprit de prière et l'assistance de l'Esprit Saint peuvent  nous  introduire à la compréhension de la Bible. Pour Jérôme, le critère de méthode fondamental dans l'interprétation des Ecritures est l'harmonie avec la Tradition de l'Eglise. Nous ne pouvons jamais lire l'Ecriture seuls. Nous trouvons trop de portes fermées et nous glissons facilement dans l'erreur. 

 

La querelle sur Origène

La vie monastique de Jérôme, et ses critiques vives contre certains moines lui valent de nombreuses inimitiés. Les rapports entre Jérôme et son ami Rufin d'Aquilée se dégradent à la même époque, à cause essentiellement de leurs divergences sur Origène.

Au début 393, un groupe de moines mandaté par l’évêque Epiphane de Salamine (à Chypre) présente une pétition dans laquelle il dénonce les erreurs d’Origène. Jérôme accepte de signer.  Rufin refuse.

Or Jérôme a beaucoup traduit Origène et en a chanté es louanges.

Entre Jérôme et Rufin d'Aquilée 2 camps vont s’affronter : l’évêque Jean de Jérusalem va défendre Rufin et chercher à exclure Jérôme de son diocèse. L’évêque Théophile d'Alexandrie va au contraire pourfendre Origène, après un revitrement spectaculaire à son sujet !

Jérôme se justifie encore et penche de plus en plus vers l’exégèse de l’école d’Antioche : « Je dois me faire pardonner d'avoir dans mon adolescence, poussé l'amour et le goût des Saintes Écritures, interprété allégoriquement (comme Origène) le prophète Abdias, alors que j'en ignorais le sens historique ». 

Rufin d'Aquilée de son côté traduit en latin les œuvres d'Origène et critique les traductions de Jérôme : ils s’accusent mutuellement de forcer les traductions dans le sens qui leur convient.

La lutte de Jérôme contre l'origénisme apparaît aujourd’hui comme un épisode du grand duel entre l'Orient et l'Occident. Avec sa hardiesse spéculative, son optimisme idéaliste, sa mystique métaphysique, la doctrine d'Origène est orientale. Jérôme, au contraire, est un latin d'Occident, et il y va fort : « Aujourd'hui c'est en Occident que naît Je Soleil de justice, en Orient que règne Lucifer . »

 

L’éthique chrétienne

Jérôme est moine jusqu’au bout des ongles, moine avec les moines. Il  nous a également laissé un enseignement riche et varié sur l'ascétisme chrétien.

L’engagement vers la perfection demande une vigilance constante, de fréquentes mortifications, toutefois avec modération et prudence, un travail intellectuel ou manuel assidu pour éviter l'oisiveté, la pratique des pélérinages, et surtout l'obéissance à Dieu.

Jérôme rappelle surtout le devoir d'accorder sa propre vie avec la Parole divine. Cette cohérence est indispensable pour chaque chrétien, et en particulier pour le prédicateur. 

Cet article vous a plu ?
partager le lien ...

RCF vit grâce à vos dons

RCF est une radio associative et professionnelle.
Pour préserver la qualité de ses programmes et son indépendance, RCF compte sur la mobilisation  de tous ses auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

  • Ce don ne me coûte que 0.00 € après déduction fiscale

  • 80

    Ce don ne me coûte que 27.20 € après déduction fiscale

  • 100

    Ce don ne me coûte que 34.00 € après déduction fiscale

Faire un don