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[Évangile du dimanche] Les nourritures essentielles

[Évangile du dimanche] Les nourritures essentielles

Un article rédigé par Béatrice Soltner, avec OR - RCF, le 31 mai 2026 - Modifié le 7 juin 2026
Enfin une Bonne Nouvelle[Évangile du dimanche] Les nourritures essentielles (Jn 6, 51-58)

Le sacrement de l'eucharistie est au centre de la vie de foi des catholiques. "Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson", dit Jésus dans l'évangile de ce dimanche. Des paroles qui ont de quoi surprendre et même scandaliser. Mgr Emmanuel Gobilliard nous aide à comprendre ce que signifie "la chair" pour les chrétiens et à entrer dans le langage symbolique de Jésus.

"Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde", dit Jésus dans l'évangile de Jean ©Laure Boyer / Hans Lucas"Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde", dit Jésus dans l'évangile de Jean ©Laure Boyer / Hans Lucas

 

Évangile du dimanche 7 juin (Jn 6, 51-58)

En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »

Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui.

De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

Source : AELF

 

Ce sont des paroles très fortes que Jésus prononce dans l'évangile de ce dimanche, où les catholiques célèbrent la fête du Corps et du Sang du Christ. C'est le célèbre discours du pain de vie où il est question de manger "la chair" et de boire le sang du Fils de Dieu. Comment comprendre ce langage symbolique de Jésus ? 

 

Jésus utilise quelque chose de très réel, de très concret, pour nous dire une réalité qui dépasse infiniment la matérialité du terme

 

Connaître "le langage symbolique de Jésus"

"Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui." À bien des égards ces propos peuvent surprendre voire choquer. Pourtant, à chaque fois qu'il va à la messe ou au culte, le chrétien les entend. 

Pour comprendre ce qui est dit dans cet évangile il faut d’abord savoir ce qu’est "le langage symbolique de Jésus", prévient Mgr Emmanuel Gobilliard. Jésus "utilise quelque chose de très réel, de très concret, pour nous dire une réalité qui dépasse infiniment la matérialité du terme". Ce langage symbolique "n’exclut pas la réalité de ce que vivent les gens".

Quand il dit "Je suis le pain vivant", Jésus "parle de ce que l'on connaît, de ce que l'on sait". Quand on mange du pain, on le digère et, petit à petit cela va venir nourrir les cellules de notre corps. "Si je me dis que ce pain c'est Jésus, suggère l'évêque de Digne, je me dis que tout simplement manger Jésus, c'est me laisser rejoindre jusqu’à la plus petite de mes cellules, sous-entendu aussi jusqu'à n'importe quelle petite action de ma vie."

 

Qu'est-ce la chair dans le christianisme ?

Quand on parle de la chair dans la tradition chrétienne "ça dit plus que le corps", rappelle l'évêque de Digne. Et là où, pour l'apôtre Paul, la chair a une connotation de péché, chez Jean, "ça ne peut pas être du domaine du péché" puisqu'il est dit dès le prologue : "Et le Verbe s’est fait chair" (Jn 1, 14). 

"Il y a la notion du don, il y a la notion de la transmission dans la chair, il y a la notion de l'unité de la personne aussi. Dans une conception plus hébraïque, c'est toute la personne... C'est tout ce que je suis et je ne peux pas être autrement que cela parce que je suis un Homme. Quand le Verbe se fait chair, ça veut dire qu'il prend toute notre humanité."

Jésus dit que sa chair est donnée pour "le monde". Un mot qui, là encore, ne prend pas exactement la même signification chez Jean et Paul. Ce dernier parle du "monde" comme d'une difficulté à être avec Dieu. Chez Jean, "la relation est beaucoup mise en valeur", nous dit Mgr Gobilliard. "C'est-à-dire que pour qu'il y ait don, il faut qu'il ait relation. Le monde, c'est cette réalité qui doit accueillir Dieu et c'est cette réalité à laquelle Dieu se donne lui-même. En fait c'est chacun d'entre nous, le monde."

 

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Enfin une Bonne Nouvelle
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